PLANTES, Plantes pour le jardin

LES ACHILLÉES

Les Achillées

Il n’est pas rare d’apercevoir cette petite plante vivace sur nos bords des routes françaises. L’Achillée est tantôt champêtre, tantôt , mais toujours gracieuse et généreuse. Malgré son aspect sauvage, elle s’adapte très bien au jardin à partir du moment où les conditions de culture propre à chacune des espèces sont respectées. Voyons-en un peu plus sur cette plante tellement passe partout qu’elle en passerait presque inaperçue.

1. DESCRIPTION

Originaires de toutes les régions tempérées de l’hémisphère nord, les Achillées sont des plantes vivaces, c’est-à-dire qu’elles sont capables de vivre plusieurs années grâce leur souche prospère. Elles passent l’hiver sous terre par le biais de leurs racines, puis émergent une fois le printemps revenu. Elles appartiennent à la famille des Astéracées tout comme les célèbres Aster, rois de l’automne. Leur nom scientifique n’est pas très compliqué à se rappeler, il s’agit tout simplement d’Achillea.

1.1. Caractéristiques

Les Achillées ont comme caractéristiques communes leur inflorescence. C’est grâce à leurs fleurs qu’il est possible de les reconnaître d’un simple coup d’œil. Chaque petite fleur de 3 à 15 mm de diamètre se regroupe entre elles sous la forme de corymbes presque plats, comme un bouquet de fleurs porté par une seule tige. Le tout mesure de 7 à 12 cm selon les variétés.

Les couleurs sont variées et d’autant plus qu’elles sont de nos jours hybridées pour obtenir des nuanciers toujours plus larges avec parfois des tons qui évoluent au fur et à mesure de la maturité de la fleur. On trouve donc majoritairement du blanc, du jaune vif, du rose, du rouge et toutes leurs nuances, plus ou moins soutenues.

Les inflorescences émergent durant la saison estivale de juin à septembre avec une continuité, surtout si les tiges florales sont coupées au fur et à mesure. Elles peuvent justement être utilisées en vase ou bien sous forme de bouquets secs lorsqu’elles sont séchées.

En ce qui concerne les feuillages, ils sont toujours d’une finesse éblouissante lorsqu’on les regarde de près. Ce sont des feuilles très souvent pennées, plus grandes à la base de la touffe que sur les tiges qui accompagnent les inflorescences. Certaines espèces sont persistantes, mais la plupart sèchent durant la saison hivernale.

Le tout est porté sur une souche à la fois forte, mais légère. Il n’est pas difficile de vouloir déplacer une souche d’Achillée, car elle ne s’ancre pas avec vigueur dans le sol. Elle s’étale bien souvent au fur et à mesure de sa croissance et ceci est d’autant plus vrai chez les espèces naines à tendance couvre sol. Leurs dimensions varient entre 5 cm pour les plus trapues jusqu’à 60 cm pour les plus hautes.

1.2. Les différentes variétés

Il est référencé près de 85 espèces d’Achillées, mais seulement quelques-uns sont commercialisés pour leurs vertus ornementales. De grandes quantités d’hybrides voient le jour chaque année dans une recherche du coloris qui fera la différence.

Parmi les plus connus et les plus simples à trouver en magasin, il y a :

Achillea millefollium

Hauteur x Largeur : 60 cm x 60 cm

L’espèce la plus répandue et dont les cultivars ne manquent pas. On la trouve sous sa forme sauvage avec une inflorescence blanche pure. Les cultivars proposés sont bien plus tape à l’œil avec par exemple ‘cerise queen’, d’un beau rose soutenu, ‘paprika’ au rouge intense et profond, ‘summer pastel’ aux nombreuses variantes multicolores, ‘terracotta’ pour les amateurs d’orange. Elle forme un coussin fleuri de juin à août et compact qui s’étale au fur et à mesure des années. Elle ne craint pas la concurrence.

Achillea x ptarmica ‘boule de neige’

Hauteur x Largeur : 60 cm x 60 cm

Vivace rhizomateuse qui s’étale avec un port souple et beaucoup moins dressé que la précédente. Ses fleurs s’épanouissent de juin à août sous la forme de petites boules de neige denses, mais légères, réparties à l’extrémité d’une tige ployant sous le poids des pétales. L’une des plus simples à cultiver, même à l’ombre.

Achillea tomentosa

Hauteur x Largeur : 35 cm x 50 cm

Cette espèce pousse en forme de coussins plus denses que les deux premières. Ses feuilles sont très finement ciselées et agréablement duveteuses, comme recouvertes d’une matière douce et blanche. Cette espèce, plus rocailleuse, émet des inflorescences érigées d’un jaune très soutenu de juin à septembre.

Achillera umbellata

Hauteur x largeur : 20 cm x 30 cm

Cette dernière miniature du genre n’a de ressemblance au premier abord que le feuillage penné. En effet, elle pousse en touffe serrée et dense, aux feuilles grises et persistantes pour un effet immédiat et toute l’année sans attendre la floraison. Celle-ci se produit l’été avec de petits corymbes blancs qui émergent çà et là sur la touffe. Elle aussi est rocailleuse, ce qui fait qu’elle tolère mal la concurrence et préfère être plantée seule parmi des pierres ou au bord d’un muret.

2. LA PLANTATION

2.1. Où ?

Les Achillées ne sont pas des plantes difficiles à vivre, elles sont capables de tolérer une grande partie de sols et d’expositions. Lorsque ceux-ci ne sont pas forcément idéaux, elle peut tout de même subsister avec une moindre vigueur et une floraison plus disparate.

Dans l’idéal, choisissez un sol frais, mais bien drainé, les Achillées redoutent peut-être une seule chose, l’excès d’eau. Ceci est d’autant plus valable pour les espèces vraiment rocailleuses comme tomentosa et umbellata. La concurrence racinaire n’est pas un souci quand il s’agit d’une concurrence de plantes herbacées. Il en est autre pour de l’arbustif qui pourrait étouffer la touffe petit à petit.

En terme d’exposition, un maximum de soleil est conseillé pour cette plante de rocailles et prairies. Oubliez les situations ombragées.

2.2. Quand ?

La plantation des Achillées est possible au printemps ou en automne. Ce sont les deux meilleures saisons pour trouver en magasin un large choix d’espèces et cultivars en godets, mais aussi pour assurer une reprise optimale. L’été, vous les trouverez en pots de 2 litres et plus, déjà bien développés et même en fleurs. L’effet est immédiat avec cette seconde option. Vous pourrez en profiter aussitôt en pot ou en pleine terre avec un bon suivi de l’arrosage.

2.3. Comment ?

L’Achillée se plante principalement en pleine terre. Le choix d’un pot ne peut être que pour un côté saisonnier dans le but d’envisager une transplantation en pleine terre l’automne suivant.

Pour ce faire, préparez votre sol en l’amendant et le fertilisant, si besoin. Plantez vos Achillées espacées de 40 cm minimum les unes des autres, si vous souhaitez un résultat final homogène, mais garni sans être trop tassé.

Arrosez abondamment une fois la plantation achevée, puis paillez le sol. Deux choix s’offrent à vous selon les espèces choisies :

– Tomentosa et umbellata, optez plutôt pour un paillis minéral, car ces deux espèces doit quoi qu’il en soit être plantées en rocailles en en murets.

– Millefolium et x ptarmica, choisissez un paillis organique de type broyage de bois blanc, Miscanthus ou Chanvre par exemple.

3. L’ENTRETIEN

3.1. L’arrosage

Il doit être suivi, mais pas abusif, contrôlez régulièrement que les plantes ne piquent pas du nez, signe de soif. Mieux vaut un arrosage conséquent , mais espacé, qu’un arrosage quotidien en faible dose. Il est préférable que la plante cherche à s’enraciner en profondeur, signe d’une meilleure résistance à la sécheresse au cours de sa vie future.

Que ce soit de l’eau de pluie ou du robinet, ceci n’a que peu d’importance.

3.2. La fertilisation

Du fait que les Achillées ne sont pas des plantes gourmandes en termes de richesse du sol, la fertilisation n’est pas vraiment un critère prioritaire. Si vous souhaitez tout de même apporter un coup de fouet avant la floraison, un apport d’engrais riche en potasse peut être envisagé.

3.3. La taille

Comme vous l’aurez compris à présent, ce sont des plantes sans problème, il en est de même en ce qui concerne la façon de les tailler. Pour les espèces dites rocailleuse, la taille se limite en une taille de propreté qui vise à couper les tiges florales une fois la floraison terminée.

Pour les autres, vous pouvez rabattre la touffe au pied avant l’hiver si vous paillez votre sol à ce moment. Si vous effectuez ceci en sortie d’hiver, la taille de rabattage peut se faire seulement à ce moment. Les tiges et feuilles fanées viendront alors protéger la souche en cas de grand froid.

3.4. Les maladies et ravageurs

Côté maladies et ravageurs, ils sont peu présents sur ce genre. Seul l’hybride x ptarmica peut être sensible à l’oïdium et aux attaques de Pucerons. Pas de problèmes particuliers à signaler pour les autres.

L’Oïdium est une maladie cryptogamique qui se repère à la pruine blanche qui se développe sur son feuillage. Ceci se traite facilement à l’aide d’une solution de soufre micronisé.

Les Pucerons sont des insectes qui piquent les tiges et feuilles pour se nourrir de la plante. Une faible attaque n’est pas problématique, mais une plus abondante peut déstabiliser la plante. Une pulvérisation de savon noir suffit bien souvent à enrayer la propagation.

4. LES BONNES ASSOCIATIONS

Les Achillées sont des plantes qui aiment être associées, elles créent des scènes champêtres fascinantes lorsqu’on les utilise comme il se doit.

En massif de vivaces, plantez-les en compagnie de Graminées, d’Aster, de Sauges, de Penstemon et autre Gaura. Toutes ces fleurs et textures de feuilles donnent un rendu aux allures sauvages, plus ou moins contrôlées selon les attentes finales du jardinier.

En rocaille, elles peuvent s’associer à d’autres genres appréciant ces conditions. Le seul critère est de laisser des zones vides pour respecter les règles de la rocaille ou le minéral reste visible. N’hésitez pas à y installer de grosses pierres et de planter vos Achillées dans des creux d’enrochement. Pour les plantes pouvant accompagner la scène, utilisez des Sedum, Arabis, Aubrieta, Iberis et autres Helianthemum

Vous avez à présent toutes les clés en main pour réussir vos futures plantations en gardant une petite place pour les belles Achillées.