PLANTES, Plantes pour le jardin

L’ÉLAGAGE

L'élagage

Planter un arbre, le voir pousser est chose aisée mais vient rapidement l’heure de son entretien. L’élagage permet de s’adapter à des situations pouvant être gênantes. Il est donc important de savoir comment s’y prendre pour ne pas produire l’effet inverse et affaiblir l’arbre. La loi entre aussi en compte quant à leur entretien dans certains cas. Nous allons démêler le faux du vrai et vous donner les clés pour effectuer cette tâche en toute sécurité pour vous et pour vos arbres.

1. QU’EST CE QUE L’ÉLAGAGE ?

Il est important de bien dissocier une taille d’un élagage.

La taille consiste à former un arbre ou un arbuste en vue de lui donner une forme précise. Une taille peut être partielle ou intégrale selon le résultat escompté. Il existe de nombreuses méthodes de la taille d’habillage avant la plantation d’un sujet en racines nues aux tailles de fructifications destinées à optimiser des productions fruitières.

L’élagage est un type de taille à part entière, une taille d’entretien pour être plus juste. Il vise en la suppression de branches en surnombre, qui se croisent, mortes ou malades par exemple. Un élagage ne doit pas être trop sévère surtout sur des espèces qui le supportent mal comme les Bouleaux ou les Cerisiers pour ne citer qu’eux.

2. POURQUOI PRATIQUER UN ÉLAGAGE ?

2.1. La loi

Avant toute chose, il est important de savoir que la législation encadre la présence d’arbres dans votre propriété en fonction de critères de positionnement. Lors d’une plantation, la loi demande à ce qu’il y ait un espace d’au moins 2 mètres de la clôture du voisinage. Le mieux pour les arbres de haut jet est de prévoir une distance qui couvre au moins le diamètre adulte de l’arbre. Ceci évite tout élagage inutile par souci d’encombrement.

Ensuite, vos arbres se doivent d’être entretenus dans le but d’assurer la sécurité des personnes et infrastructures qu’elle soit bâties, routes ou lignes électriques. Lors d’une plantation, il est facile de penser à toutes ces exigences dans la mesure où vous connaissez les cotes de votre terrain, des zones à risque mais aussi la taille du ou des arbres que vous voulez planter.

Lorsque vous achetez une habitation avec les arbres déjà plantés, vous devenez alors responsable.

2.2. Les cas qui demandent un élagage

L’entretien d’élagage d’un arbre peut avoir plusieurs raisons :

– Une ou plusieurs branches se sont cassées, menacent de tomber ou sont partiellement arrachées.

– Une blessure s’est formée sur une branche, porte ouverte à un champignon.

– L’arbre dépasse chez le voisin et peu devenir source de conflit malgré une plantation avec les bonnes distanciations.

– Une ou plusieurs branches sont mortes et peuvent poser problème.

– L’arbre risque des écorces incluses (branche qui se croisent et se liment jusqu’à se souder entre-elles)

– Une croissance dans tous les sens qui lui donne un aspect peu esthétique.

Notez que dans beaucoup de situations d’élagages par des professionnels, le but est de réduire plus ou moins drastiquement la taille de l’arbre. Cette technique est assez traumatisante pour certaines espèces et ne doit être pratiquée qu’en cas de réelle nécessité. Si un arbre a été planté dans les bonnes conditions dès le départ, l’élagage ne se limite vraiment qu’à un entretien et non un rabattage.

3. QUAND ÉLAGUER ?

Un élagage n’est jamais qu’une taille comme celle d’un arbuste mais à une échelle bien plus importante. C’est pourquoi un élagage de qualité ne doit normalement pas dépasser 20 % de la ramure. Si ceci est respecté, que ce soit un élagage global ou ciblé, vous pouvez l’effectuer quelque soit la saison.

– En hiver :

On entend très souvent qu’il faut s’y prendre en hiver parce que la sève est descendue et l’arbre est en dormance. Ainsi, le risque d’écoulement de sève est inexistant et l’arbre ne peut pas s’épuiser. Tout ceci est vrai mais l’inconvénient est que d’occasionner une plaie en cette saison empêche l’arbre de cicatriser naturellement avec sa sève.

Les baumes cicatrisants à base d’essence de térébenthine ont justement été créés pour protéger les plaies des maladies et ravageurs qui pourraient s’y infiltrer.

Un autre inconvénient est une grande formation de gourmands dès la reprise en végétation.

Attention ! En cas d’élagage hivernal, il est impératif de ne pas le faire lorsqu’il gèle.

– Au printemps :

C’est le pire moment pour procéder à un élagage ! La sève remonte avec la poussée en feuillage et la coupe de grosses branches occasionnerait d’importants écoulements. Ces écoulements affaiblissent de façon indéniable l’arbre qui débute la saison avec un sérieux handicap.

– A partir de mai :

C’est avec l’hiver le meilleur moment pour faire un élagage s’il n’est pas trop fort. En effet, la sève circule mais l’arbre n’est plus en montée de sève synonyme de croissance. La cicatrisation des plaies devient optimale sans avoir recourt au baume cicatrisant. De plus, la formation de gourmand est limitée puisque les branches sont couvertes de feuilles et la photosynthèse demeure possible.

4. COMMENT FAIRE ?

Maintenant que vous en savez un peu plus sur la période et les choses à respecter en amont, ne vous précipitez pas sur votre arbre les yeux bandés. La technique est très importante tout comme l’utilisation des bons outils.

4.1. Les outils

Un élagage ne se fait pas avec un opinel, un minimum de matériel et d’équipement peut être nécessaire afin de ne pas faire n’importe quoi mais surtout de ne pas se blesser. C’est pour cette raison que les gros travaux seront de préférence confiés à des professionnels.

L’élagage ne revient pas simplement à couper mais aussi à savoir faire tomber les branches au sol tout en étant en sécurité soi-même mais aussi tout ce qui se trouvent aux alentours.

Pour la coupe, les meilleurs outils sont :

– La tronçonneuse élagueuse qui peut s’utiliser à une main.

– Le coupe branche télescopique permet de couper des branches de plus petit diamètre mais tout en restant au sol.

– La scie d’élagage est à mi-chemin entre la tronçonneuse et le coupe branche télescopique. Elle s’utilise à la main.

Pour la sécurité, les gants sont la première chose indispensable pour se protéger les mains. Le pantalon de tronçonnage, le casque et la visière peuvent aussi être nécessaires si vous utilisez une tronçonneuse. Des sangles et surtout le moyens d’évacuer les branchages sont aussi à ne pas oublier si vous le faite seul.

4.2. Les points techniques

Le tire-sève : C’est un point très important à respecter pour un élagage hivernal, qui plus est sur de grosses branches. Vous devrez toujours conserver une ramification d’extrémité de petite taille sur la branche tronçonnée. Cette jeune ramification, bourgeonne bien plus facilement au printemps et permet à la sève de monter jusqu’à l’extrémité de la branche sectionnée. Le tire sève limite le risque de nécrose des branches taillées. Cette technique est souvent appliquée dans l’élagage des arbres en ville.

La coupe : Couper une branche ne doit pas être fait n’importe comment. Au-delà d’avoir l’outil adapté, la coupe en elle-même est tout aussi importante. Elle doit toujours être nette, si possible au-dessus d’un bourgeon ou d’une ramification. C’est comme cela que la cicatrisation se fait le plus discrètement possible et est la moins traumatisante pour l’arbre.

Pour les branches verticales, couper légèrement en biseaux permet que l’eau ne stagne pas sur la plaie, quand bien même elle aurait été recouverte d’un mastic cicatrisant.

Le nettoyage des plaies : Lors d’une coupe à l’aide d’une tronçonneuse, l’huile de chaîne qui est utilisée pour la lubrifier se dépose sur les plaies. Peu recommandé sur une cicatrise, il est important de la nettoyer après la coupe et avant de recouvrir la plaie avec le mastic. Nettoyez à l’eau claire puis séchez brièvement afin d’avoir une coupe nette, propre et saine.

La forme naturelle : Afin de garder un aspect esthétique cohérent et de rendre l’élagage le plus discret possible, il est impératif de toujours conserver le port naturel de l’arbre. Vous ne couperez pas un arbre fastigié en boule par exemple, ceci n’aurait absolument aucun intérêt à part le déformer.

Les gourmands : Lors d’un élagage et surtout en hiver, de nombreuses branches droites à croissance rapide repoussent, ce sont des gourmands. Ils permettent à l’arbre de produire rapidement de feuilles qui feront la photosynthèse. Toutefois, ils dégradent aussi l’aspect globale de l’arbre, vous devrez alors suivre leur développement et ne pas tous les conserver au risque d’avoir beaucoup trop de branches à l’intérieur de la ramure.