Les Camélias sont classés parmi les plantes les plus connues du grand public, un genre aussi populaire que beau. C’est de ses fleurs que vient l’engouement du jardinier, une subtilité qui marie couleurs et bravoure quand il s’agit de défier le froid pour se révéler aux yeux de tous. Étudions ensemble ce genre, riche en surprises lorsque l’on fouine un peu.

1. DESCRIPTION

Originaires d’Asie, les Camélias se retrouvent à l’état naturel au Japon, en Chine, en Indonésie ou en Corée. Ils appartiennent à la famille des Théacées. Côté noms, on écrit scientifiquement Camellia et vernaculairement Camélia, un petit détail qui a son importance.

1.1. Caractéristiques

Le Camélia est un arbuste présentant de nombreux avantages : la couleur et la visibilité de la floraison, le feuillage persistant, la quasi absence d’entretien et la facilité de culture, autant en pleine terre qu’en pot.

Le plus remarqué chez cet arbuste est sa floraison. Elle se dévoile d’octobre à avril selon les variétés et n’hésite pas à braver le froid hivernal. Le gel n’empêche pas leur épanouissement jusqu’à une certaine limite. Une fleur ouverte souffre en dessous de -3° C et un bouton peu avorter en dessous de -10° C, ce qui fait d’eux des champions de l’hiver. Un Camélia enraciné résiste parfaitement jusqu’à -15° C.

Pour en revenir aux fleurs, elles peuvent être :

- Simples, avec les étamines jaunes entourées de quelques pétales (exemple : Camellia madame lourmand)

- Semi-doubles, avec des étamines toujours visibles mais dissimulées sous bon nombre de pétales (exemple : Camellia donhkelarii)

- Doubles, avec une prédominance de pétales, les étamines ne sont plus visibles (exemple : Camellia volcano)

Les teintes sont variées mais toujours dans des camaïeux de blanc, rose, rouge ou crème. Certaines peuvent être parfumées mais c’est toutefois plutôt rare et de toute façon subtile.

Côté feuillage, ce sont des feuilles épaisses, charnues et persistantes. Elles sont plus ou moins grandes selon les espèces mais toujours oblongues.

Leur port global est là encore variable selon les variétés avec une dominance de port érigé, compact et solide. Les Camélias d’automne ou les champêtres sont un peu plus souples que les Japonais.

Leur système racinaire est peu développé et surtout peu profond comme c’est souvent le cas chez les plantes acidophiles. C’est cette caractéristique qui les rend adaptés à la culture en pot. Ils ne présentent donc pas de désagréments notables sur des allées ou surfaces maçonnées à proximité.

1.2. Les différentes variétés

Le genre des Camellia est grand et riche. Tous n’ont pas les mêmes caractéristiques précises et c’est pour cette raison que l’on distingue 3 grandes catégories :

- Les Camélias d’automne ou Camellia sasanqua

Ce sont les plus précoces, ils débutent pour certains leur floraison dès le mois d’octobre et d’autres la terminent en Janvier. Leur feuillage est souvent plus allongé et plus petit que les Japonais. Les fleurs sont elles aussi plus petites et souvent simples. Leurs dimensions sont honorables en comptant de 2 à 4 mètres à l’âge adulte.

Rainbow


Gay border

Yuletide

Bonanza

Frosted star

Terre adélie

Pink goddess

- Les Camélias champêtres

Ce sont des Camélias issus d’hybridations et dont le parent le plus proche est le Camélia de Chine ou Théier. On les distingue à leurs petites feuilles, leur taille plus modestes et leurs fleurs abondantes mais petites elles-aussi. Elles pointent le bout de leur nez dès janvier et jusqu’en avril. Ils sont résistants et leur floraison est moins impactée par les conditions climatiques en raison de leur taille et de leur simplicité. Niveau taille, ce sont des Camélias plus petits qui atteignent souvent 1,50 mètre de hauteur. Il existe même un cultivar rampant ‘quintescence’

Fairy blush

Crimson candles

Cinnamon scentsati

- Les Camélias du Japon ou Camellia japonica

Ce sont les premiers Camélia qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on parle de ce genre. Populaires pour leur grandes feuilles vertes, luisantes, parfois panachées et leurs fleurs souvent doubles, grosses et colorées. C’est cette floraison qui les démarque des autres mais qui fait aussi leur fragilité aux éléments comme la pluie et le gel. Elle se produit de janvier à avril au même titre que les champêtres. Il y en a un peu pour tous les goûts question proportions, sachant qu’en règle générale, elles sont de 3 à 5  mètres de hauteur pour 2 à 3 m de diamètre.

Marshmallow

Oh la la

Freedom bell

Lavinia maggi

Lily pons

Mme lourmand

Volcano

Ay ay ay

Donhkelarii

Dans une même catégorie, on note des cultivars hâtifs, de mi-saison et tardifs. Il faut les alterner pour bénéficier de la floraison la plus longue possible.

À savoir : On note une dernière catégorie avec un unique représentant mais sans doute l’un des plus représenté dans le monde, le Camélia de Chine ou Camellia sinensis. Il s’agit de l’arbre à Thé, largement cultivé pour sa production et sa distribution à travers le monde.

2. PLANTATION

Vous l’avez vu, le choix variétal est très grand et vous devrez dans un premier temps choisir le Camélia qui correspond à vos besoins et critères. Une fois ce choix fait, il ne vous reste plus qu’à le planter dans les meilleures conditions possibles.

2.1. Quand ?

La meilleure période de plantation des Camélias est en automne. Cette saison bénéficie encore d’un sol chaud et d’une humidité qui augmente à mesure que les semaines passent. Cette période de plantation peut se poursuivre tout l’hiver et jusqu’au début du printemps tant que le sol n’est pas gelé. C’est de toute façon durant cette période que le choix est le plus important en rayon.

À savoir : Lors de l’achat d’un Camélia en boutons, il se peut que la floraison avorte sans le vouloir. C’est un phénomène tout à fait naturel en cas de changement d’atmosphère et de plantation. Ce petit stress encourage la plante à s’enraciner au plus vite et délaisse la floraison prévue. C’est un phénomène rare chez le Camélia mais tout à fait possible.

2.2. Où ?

Le Camélia est une plante facile mais exigeante quant à son emplacement.

Tout d’abord au niveau de l’exposition. Choisissez un endroit peu venté, de préférence à mi-ombre avec une exposition nord ou ouest. La fraîcheur est la clé du succès tant par l’exposition que le sol.

Ce sol doit être léger, drainant, frais et surtout acide. Le Camélia n’aime pas l’humidité stagnante mais une fraîcheur constante. Tout ceci est possible grâce à la terre de bruyère qui est un support de culture naturellement drainant. Un pH de 5 à 6,5 est l’idéal. Les sols calcaires lui sont tout à fait défavorable, mieux vaut simplement renoncer à cette culture si tel est le cas. En sol neutre, incorporez en mélange 2/3 de terre de bruyère.

À savoir : Certains vous conseilleront la fosse de plantation en décaissant et en remplissant de terre de bruyère pure. Cette façon de faire n’est pas vraiment en accord avec la nature de votre sol. Certes, le Camélia va bien se développer durant quelques années puis une fois que ses racines sortiront de la fosse, le choque sera d’autant plus brutal. Mieux vaut acidifier votre sol en gardant le plus possible sa texture et structure de base.

2.3. Comment ?

La plantation du Camélia peut se faire en pleine terre comme en pot selon les mêmes techniques avec les conditions évoquées juste avant.

- Lors de la mise en terre, trempez la motte dans une bassine d’eau pour ramollir le substrat.

- Griffez ensuite la motte soigneusement pour démêler les racines. Si petites soient elles, elles pourront s’enraciner plus facilement sans formation d’un chignon racinaire très difficile à hydrater par la suite.

- Faites affleurer la motte au niveau du sol pour ne pas enterrer le collet.

- Arrosez abondamment pour bien hydrater l’ensemble.

- Terminez par un paillage à dominance acide. Toutes les formes de paillis à base de Pins ou autres résineux sont à privilégier.

Lors d’une plantation en pot, choisissez un pot relativement large afin de s’adapter au mieux à son système racinaire. Les pots fins et hauts sont à proscrire pour le Camélia. Un rempotage est nécessaire tous les 3 ans afin de le garder en bonne santé et de lui assurer un développement homogène. Augmentez toujours le volume du pot au fur et à mesure des rempotages.

3. L’ENTRETIEN

Quelques notions sont à acquérir pour l’entretien des Camélias.

3.1. L’Arrosage

C’est sans doute la chose la plus importante à maîtriser et surtout si votre sol n’est pas à 100 % idéal. La fraîcheur constante est la clé de la réussite pour les Camélias en raison de leur système racinaire peu profond. Les bonnes techniques sont surtout à appliquer en pot car la motte peu rapidement se dessécher.

Il ne faut jamais que le sol soit complètement sec, un arrosage suivi et contrôlé est indispensable surtout au début et l’été. Le paillage joue un rôle prépondérant puisqu’il permet de réguler au mieux cette fraîcheur. Utilisez toujours de l’eau de pluie qui n’est pas calcaire.

En pot, veillez à arroser aussi si besoin durant l’hiver car leurs besoins en eau sont tout aussi importants. Ne mettez pas de soucoupe pour que l’eau se draine naturellement.

3.2. La fertilisation

Les Camélias ne sont pas particulièrement gourmands mais une fertilisation annuelle permet d’encourager un bon développement ainsi qu’une floraison abondante. Choisissez des matières organiques et apportez-les après la floraison. Tournez-vous vers un engrais spécial plantes de terre de bruyères, il convient parfaitement. Une bonne poignée par pied est une dose recommandée pour un Camélia en pleine forme durant un an. N’oubliez pas de compléter toujours le paillage si ce dernier s’est décomposé.

3.3. La taille

La taille sur les Camélias n’est pas recommandée. Elle se limite à la suppression des branches mortes, abîmées ou qui se croisent. Si vous le faites, agissez après la floraison et avec des outils affûtes et désinfectés.

4. LES MALADIES RAVAGEURS

Le Camélia est résistant de manière général et ceci est aussi vrai en ce qui concerne les maladies et parasites. Peu de problèmes sont à dénombrer, seulement 2 majeurs :

4.1. La Fumagine

Il s’agit d’une poudre noire qui se colle sur le dessus des feuilles. C’est un champignon inoffensif mais qui se forme par le biais des déjections des Pucerons ou Cochenilles. Le problème de base ne vient donc pas du champignon mais bel et bien de ces raveurs piqueurs suceurs de sève. Pour contrecarrer ce désagrément esthétique, il suffit d’éliminer ces insectes à l’aide d’une huile végétale ou de savon noir. Les feuilles se lavent d’elles même avec la pluie une fois les insectes partis.

4.2. La Chlorose

Ce problème encore une fois inesthétique pose des soucis de développement. C’est en fait une carence et non une maladie. Elle vient souvent d’un sol dont le pH est trop élevé ce qui empêche l’assimilation du fer par la plante. Les symptômes associés sont la présence de feuilles aux nervures plus foncées ainsi qu’une croissance diminuée. Un apport de fer, d’azote et surtout une acidification du sol suffit à combler cette carence. Le sang desséché s’avère être très efficace sur ce problème.

4.3. La non formation ou la chute des boutons floraux

Nous l’avons vu, la chute peut provenir d’un changement d’atmosphère lors de l’achat. Sur des sujets installés, ces deux désagréments viennent toujours d’un stress hydrique. Ce n’est donc pas une fois de plus un problème lié à une maladie. Il y a eu un manque durant l’été peut être même associé à une exposition trop chaude et ensoleillée. Un automne trop froid peut aussi produire cet effet.

5. LES BONNES ASSOCIATIONS

Les associations du Camélia sont somme toute évidentes en raison de ses besoins en termes de sol. Une plante qui ne tolère pas l’acidité n’a rien à faire aux côtés d’un Camélia. La gamme est très large, des Pieris aux Rhododendrons en passant par les Azalées, Érables du Japon ou encore Hortensias.

Prévoyez toujours des écarts suffisants entre ces plantes qui se développent souvent lentement mais forment à terme de beaux volumes.

Pour la strate plus petite, choisissez des vivaces comme les Gaulthéries, Hostas, Bruyères ou Pachysandres.

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