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Depuis toujours, le désherbage est le problème n°1 de tous les jardiniers. Pour faciliter cette tâche, de nombreux produits chimiques ont été élaborés et massivement utilisés. Cependant, les techniques d’éco-jardinage, plus respectueuses de l’environnement, se développent de plus en plus et le désherbage n’est plus aujourd’hui synonyme de corvée.

1. L’ECO-JARDINAGE

L’éco-attitude au jardin est de plus en plus présente et le désherbage en fait partie intégrante. Les plantes indésirables sont des plantes locales pour la plupart qui ne doivent pas être totalement éradiquées car elles peuvent également présenter des avantages au jardin. C’est pourquoi il est toujours utile de garder un petit endroit du jardin en ‘friche’ pour que toutes ces plantes puissent s’y reproduire sans pour autant devenir nuisibles. Elles abritent une faune très utile pour le jardinier ainsi que bon nombre d’auxiliaires (insectes utiles). Certaines plantes peuvent même être utilisées pour leurs propriétés bénéfiques sur d’autres végétaux comme l’ortie, la prêle ou la consoude par l’intermédiaire des purins, décoctions, macérations ou infusions.

Le désherbage ne doit pas rendre un jardin stérile de toute faune et flore, mais plutôt réguler les plantes pouvant devenir invasives et nuisibles aux cultures souhaitées.

2. QU’EST-CE QUE LE DESHERBAGE AU NATUREL ?

Le désherbage est le fait d’éliminer la totalité ou non des herbes indésirables prospérant naturellement au jardin. Celles-ci couramment appelées « mauvaises herbes » répondent aussi sous le nom d’adventices. Il s’agit la plupart du temps de plantes endémiques (locales) qui s’égrainent assez rapidement et deviennent ainsi très envahissantes.

On pense souvent que ces plantes viennent de nulle part et qu’elles sont indestructibles. Elles se propagent généralement par l’intermédiaire de leurs graines qui peuvent se conserver dans le sol plusieurs années, et donc germer à des intervalles plus ou moins réguliers. En effet, la terre mise à nue n’est pas un état normal dans la nature et c’est pourquoi leur germination et leur développement est aussi récurrent. Lorsque le sol est occupé et recouvert, toute germination intempestive est beaucoup plus faible.

3. QUAND DESHERBER AU NATUREL ?

Il n’y a pas de périodes adéquates pour désherber mais la règle d’or est de toujours intervenir avant la floraison des adventices. En effet, ne les laissez jamais monter en graines, sans quoi elles se ressèmeraient très facilement, et tout le travail effectué serait ainsi inutile.

Afin de rendre l’opération plus efficace, surtout en été, il vous sera recommandé de désherber avant des périodes de beau temps et de sécheresse. Pour ce faire, nul besoin d’arracher toutes les plantes, un simple ratissage les déracinera et elles finiront par se dessécher au soleil.

4. LES TECHNIQUES D’ECO-DESHERBAGE

Bien entendu, les produits chimiques désherbants sont toujours massivement utilisés dans les jardins mais seules les techniques naturelles seront ici développées car plus respectueuses des écosystèmes et du jardin dans son ensemble.

4.1. Le binage

Bien désherber, c’est aussi anticiper. Mieux vaut fractionner les séances de désherbage en plusieurs fois pour agir plus régulièrement et ne pas avoir l’impression d’y passer des heures. Si vous jugez plus esthétique de garder la terre à nue dans vos massifs de plantes annuelles ou au potager, un binage régulier empêchera un trop grand développement des adventices. Néanmoins, si le temps est relativement humide, ne laissez pas les plantes déracinées au sol car elles pourraient facilement s’enraciner à nouveau.

Le binage remonte également à la surface les graines qui se sont stockées dans le sol en profondeur. Celles-ci peuvent ainsi germer plus facilement, c’est pourquoi ce binage régulier épuisera le stock de graines d’adventices.

4.2. Le paillage

Il faut savoir que l’ennemi n°1 des adventices, et de toutes les plantes en général, est l’obscurité. Sans lumière, aucune plante n’est capable de vivre. C’est pourquoi la technique la plus simple pour ne pas désherber les massifs ou le potager est le paillage. Pour cela, il vous suffit de couvrir la terre avec des matériaux minéraux, organiques ou synthétiques sur 5 à 7 cm. Les adventices peuvent donc tout à fait germer, mais la couche est trop épaisse pour qu’elles puissent atteindre la surface en vie.

Il est déconseillé de pailler un sol recouvert de mauvaises herbes car l’opération se révèlera inutile. Binez et bêchez toute la zone à pailler auparavant et arrachez la plus grosse des adventices installées.

Pour citer les plus connus, il y a la pouzzolane, les éclats de bois ou les toiles synthétiques.

Cette technique peut s’avérer onéreuse au départ mais elle présente également de nombreux avantages supplémentaires. Pour cela, référez-vous à la fiche sur le paillage.

Les engrais verts sont également très efficaces comme paillage pour l’hiver, et notamment dans les potagers où la terre reste très souvent à nue. Ce sont des plantes comme la phacélie ou la luzerne qui occuperont le sol durant tout l’hiver, le protégeant ainsi de l’érosion et de l’installation des adventices.Au lieu d’épuiser le sol comme pourraient le faire les mauvaises herbes, les engrais verts l’enrichiront par l’intermédiaire de leurs nodosités (petits organes racinaires fixant l’azote de l’air dans le sol).

Et pour les chardons et chiendents ?

Pour les massifs complètement infestés de chiendent et de chardons, un paillage traditionnel ne sera pas suffisant. Oubliez les débroussaillants extrêmement nocifs pour le sol et munissez-vous tout simplement de cartons. Arrachez la plus grosse de ces plantes nocives et étalez vos cartons sur toute la surface infestée. Posez sur le dessus des pierres pour qu’ils restent bien en contact avec le sol.

L’obscurité ainsi formée viendra à bout de toutes les racines traçantes et des nouvelles pousses intempestives au bout de 2 ou 3 mois. Au-delà de ce délai, vous retrouverez un sol meuble et débarrassé d’une bonne partie des graines d’adventices et de la totalité des chardons.

4.3. Le faux semis

Cette technique est souvent utilisée pour se débarrasser le plus possible des graines d’adventices dans le sol avant la mise en culture d’un potager ou le semis d’un gazon. Une fois le sol griffé et préparé, laissez-le reposer pendant environ trois semaines. Les graines d’adventices présentes dans le sol vont se mettre à germer pendant cette période. Si vous aviez semé votre gazon ou vos légumes, ces mauvaises herbes se seraient mélangées en plus ou moins grande quantité aux cultures souhaitées.

Après avoir griffé et biné votre sol une seconde fois pour tuer les adventices, vous pourrez entreprendre vos semis de potager.

Le faux semis n’est pas un désherbage miracle mais il réduit considérablement la quantité d’adventices présente naturellement dans le sol. Vous devrez tout de même biner ou pailler votre sol régulièrement afin de contrôler la repousse.

4.4. Le désherbage manuel

L’efficacité du désherbage manuel n’est plus à démontrer. Cependant, cette technique peut s’avérer fastidieuse, ne l’utilisez donc que pour des petites surfaces sans quoi vous vous lasserez très vite.

En ce qui concerne la technique, vous devez dans la majeure partie des cas arracher la partie aérienne (feuilles, tiges et fleurs) ainsi que les racines pour venir entièrement à bout de la plante.

- Pour les adventices vivaces (Orties, Chiendents, Prèles ou Pissenlits), vous devez veiller à arracher toutes les racines, sans quoi elles repousseraient sans problèmes.

- Pour les adventices annuelles (Mourons, Séneçons), le fait d’arracher la partie aérienne suffit à tuer la plante entièrement.

Dans le doute, mieux vaut tout arracher, le désherbage sera ainsi plus efficace.

4.5. Le brûleur thermique

Voilà une manière radicale de désherber sans trop d’effort et de façon plus naturelle qu’avec un produit phytopharmaceutique. Il faut néanmoins savoir que cette technique n’est pas à 100% écologique. En effet, il n’y a pas ici de pollution chimique du sol mais le rejet de gaz carbonique est inévitable.

Le désherbage s’effectue à l’aide d’un appareil spécialement conçu qui délivre une flamme à partir de gaz en bouteille. Une fois la plante touchée par la flamme, les cellules vivantes éclatent sous l’effet de la chaleur ce qui conduit à la mort de la plante. Pour les plus coriaces comme les chardons par exemple, le brûleur thermique s’avérera peu efficace ou très coûteux car il faudra brûler la plante pendant un certain temps avant de la tuer. Mieux vaut les arracher manuellement.

En revanche pour les adventices courantes et moins coriaces, la technique est très efficace.

4.6. L’eau chaude, le vinaigre blanc et l’acide pélargonique

Voilà des techniques approuvées il y a déjà longtemps mais rarement utilisées car elles peuvent être plus difficiles à mettre en œuvre qu’un traitement complet à l’aide d’un produit chimique. Ce sont des alternatives très efficaces mais qui devront uniquement être utilisées pour des petites surfaces.

- L’eau chaude est un moyen très simple de désherber les allées du jardin ou aucune plante n’est souhaitable. Vous la recyclerez tout simplement en la récupérant lors de la cuisson des pâtes, du riz ou de tout autre ingrédient. Le principe sera le même qu’avec le brûleur thermique sauf que c’est l’eau qui brûlera les plantes indésirables. Il est impératif que l’eau soit à ébullition pour que l’efficacité soit totale, inutile donc de la diluer avec de l’eau froide.

Ne jetez pas votre eau chaude au beau milieu de vos massifs car les racines des plantes vivaces ou des arbustes n’apprécieraient pas cet arrosage.

- Le vinaigre blanc est quant à lui un ingrédient couramment utilisé dans les célèbres recettes de grands-mères. Pour cela, il suffit de diluer ce liquide à 50% avec de l’eau. Le vinaigre blanc contient environ 5 à 8% d’acide acétique qui permet de venir à bout de bon nombre de plantes indésirables. Son rapport qualité/prix est quant à lui imbattable car vous pouvez vous en procurer à moins d’un euro le litre.

Cependant, il n’est que très rarement utilisé et donc peu étudié sur ses effets indésirables. Utilisé à trop forte dose ou en trop grosse quantité, l’acide acétique aura des effets nuisibles sur les caractéristiques chimiques du sol.

Il est très efficace sur les herbes tendres qui sont détruites en seulement quelques heures mais beaucoup moins sur les adventices vivaces car la solution vient rarement à bout du système racinaire.

- L’acide pélargonique est une solution très récente de désherbage alternatif qui a vu le jour grâce aux recherches scientifiques. Cette substance naturelle est extraite des célèbres Pelargoniums odorants couramment utilisés en suspensions ou dans nos massifs de plantes annuelles. L’action de l’acide pélargonique se fait de deux façons :

* Une action systémique, c’est-à-dire que la substance une fois pulvérisée sur la plante à détruire est véhiculée dans la sève, détruisant ainsi celle-ci des feuilles jusqu’aux racines.

* Une action régulatrice de croissance qui bloque la division cellulaire empêchant ainsi la repousse. Il possède même une action anti-germinative.

L’utilisation de ce désherbant est très efficace sur n’importe quel type de plante, du liseron au chardon. Il n’est pas sélectif, c’est-à-dire qu’il tuera toutes les plantes sur lesquelles il aura été pulvérisé, c’est pourquoi il vaut mieux l’utiliser dans les allées où aucune présence végétale n’est souhaitée.

Du fait que ce soit une substance naturellement présente dans la nature, elle est inoffensive pour le sol, non polluante et ne présente aucun danger pour les animaux domestiques. Le seul inconvénient de ce produit (vendu en jardinerie à diluer ou prêt à l’emploi) est qu’il n’est encore que peu démocratisé, difficile à extraire et donc encore relativement onéreux.

POUR EN SAVOIR PLUS

Le gazon fait partie intégrante du problème du désherbage. Une fois installé, bon nombre d’adventices viennent rejoindre les variétés de graminées qui le composent. Pour s’en séparer, vous devez vous munir d’un désherbant sélectif qui viendra à bout des plantes dicotylédones comme le trèfle, le chardon ou le pissenlit tout en protégeant les monocotylédones comme les fétuques, pâturin ou ray-grass (graminées du gazon). Ce désherbant résulte d’un mélange de substances chimiques formant le produit phytopharmaceutique.

 

Malheureusement, il n’existe pas encore à ce jour d’alternatives écologiques à ses produits pour désherber un gazon en place. Seule l’huile de coude est efficace pour les plus gros adventices. Il est toutefois important de bien prendre en compte qu’un gazon ne doit pas être composé uniquement de graminées, la richesse et la biodiversité se fait aussi dans les plantes qui peuvent apparaître spontanément du moment qu’elles ne sont pas invasives. En l’occurrence, le trèfle dans un gazon est très utile car il a la capacité de fixer l’azote de l’air dans le sol ce qui est tout à fait profitable aux graminées du gazon. Il joue comme un rôle de fertilisation, pour un gazon plus dense et vert.

5. LA GESTION DES DÉCHETS

Une fois les adventices arrachées, le problème est de savoir quoi en faire. En effet, elles présentent pour la plupart une extrême facilité à se reproduire ou s’égrainer. Il ne faut donc pas prendre leur gestion à la légère sans quoi tout désherbage pourra s’avérer inefficace.

Tous les adventices encore en feuilles et sans leur système racinaire pourront rejoindre le compost car elles y pourriront très rapidement sans avoir eu le temps de fleurir. Pour les autres, en fleurs ou en graines, il vaudra mieux les brûler pour empêcher toute propagation au sein même de votre compost. Vous pouvez également les apporter en déchetteries ou ils seront composter de façon plus rapide qu’en compostage domestique. Ils n’auront ainsi que peu de chance d’y survivre.

En ce qui concerne les mauvaises herbes très coriaces comme les Renouées du japon, les chiendents, les chardons ou les liserons par exemple, brûlez-les après les avoir arrachés.

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