Il est toujours regrettable de devoir abattre un arbre, peu importe sa taille ou son âge surtout si ce dernier est en bonne santé. Cependant, c’est parfois une question de nécessité ou de sécurité, un choix doit donc s’imposer. Nous allons voir comment exécuter cela dans les meilleures conditions possibles.

1. POURQUOI ?

Les motivations d’un abattage peuvent être nombreuses et même si dans certain cas elles s’avèrent infondées, il y a bien souvent une bonne raison.

1.1. La sécurité

Source Wiki Mario Hains

Dans de nombreux cas, la plantation d’un arbre se fait sur un coup de tête. On le trouve attractif en pépinière ou un proche nous en a parlé, mais on oublie trop souvent de se préoccuper de sa taille à l'âge adulte. C’est pourtant un point essentiel, sachant que de nos jours les jardins sont de plus en plus petits.

Planté trop proche des habitations, il peut s’avérer dangereux en cas de tempête, même si l’arbre n’a jamais vacillé. Il peut un jour être endommagé par un fort coup de vent provoquant un début de déracinement ou un éclatement d’une branche principale le rendant instable.

1.2. La concurrence imprévue

Des arbres, plantés trop serrés et trop vigoureux, peuvent nuire au bon développement des autres. Choisissez alors ceux que vous souhaitez garder en sélectionnant les gêneurs non seulement au point de vue de leur impact sur les autres mais aussi de leur santé générale. La concurrence s’en trouvera réduite et les arbres conservés pourront alors s’épanouir beaucoup plus librement.

1.3. Les régressions

Dans ce cas, le problème vient d’une dégradation involontaire de l’arbre menant à son affaiblissement. L'arbre devient un réel danger pour l’homme ou les autres sujets du jardin.

Ceci peut apparaître par le biais de deux facteurs :

- les maladies, champignons ou parasites

Ils peuvent être contrôlés en fonction de leurs caractéristiques, de l’état d’infestation et de leur dangerosité. Par exemple, le fait qu’une maladie touche un de vos arbres ne veut pas nécessairement dire qu’il faut l’abattre. Dans la plupart des cas, il est tout à fait possible de le soigner, d’autant plus si le problème est soulevé à temps.

C’est un peu plus périlleux dans le cas des champignons car ils parasitent l’intérieur de l’arbre en étalant leur mycélium un peu partout. L’abattage sera envisagé car même si l’arbre peut survivre encore quelques années, il servira de moyen de multiplication pour le champignon qui pourra alors se propager non seulement dans votre jardin mais aussi aux alentours.

- Le vieillissement naturel de l’arbre :

Source Wiki Jean Espirat

Tout comme nous, les arbres ne sont pas éternels, la vieillesse fait qu’ils peuvent présenter plus de bois mort et sécher petit à petit de la cime vers le bas. Le cœur peut aussi parfois pourrir sans que l’arbre soit malade. Vous pourrez alors envisager un abattage s’il devient trop déstabilisé et encore une fois dangereux. Toutefois, si l’arbre est sain et qu’il ne présente aucun danger, laissez-le finir sa vie par mort naturelle. Certains très vieux arbres ont été conservés car faisant partie du patrimoine local, ne soyez donc pas forcément tenté de l’abattre simplement parce qu’il est vieux !

1.4. Les dégradations

Le système racinaire peut aussi poser problème lorsque l’arbre commence à prendre de l’ampleur. En effet, on ne le voit pas puisque le problème se situe sous terre mais les racines peuvent facilement occasionner des dommages sur des fondations, des dallages, des drainages ou même des canalisations.

Les dimensions, après seulement quelques années, peuvent rapidement dépasser plusieurs mètres pour plusieurs dizaines de mètre à terme. Mais ce n’est pas le seul souci qui se pose. Ces proportions augmentent d’année en année tout comme l’ombre au sol, pas forcément souhaitée à la base.

Ces situations pourraient donc mener à un éventuel abattage.

Vous l’aurez compris, avant d’envisager la plantation d’un arbre posez-vous les questions suivantes :
- Quelles seront ses proportions adultes en termes de hauteur mais aussi d’envergure ?
- Quel sera son port ? (élancé, pleureur, globulaire, etc.)
- Quel sera son système racinaire ? (pivotant ou traçant)
- Quels seront ses besoins : sol et exposition ?

2. QUAND ?

Il faut bien différencier l’élagage de l’abattage car la saison pour les réaliser ne sont pas les mêmes.  L’époque idéale pour envisager un quelconque abattage est durant l’hiver.

En effet, c’est en cette saison que les risques sont les moins élevés.

La plupart des arbres concernés seront caducs, c’est-à-dire qu’ils n’auront plus de feuilles sur leurs branchages durant la saison froide. Cette caractéristique rend l’abattage plus facile puisque l’arbre a beaucoup moins de prise au vent et la visibilité pour la coupe des branches, si l’arbre n’est pas abattu en une seule fois, est bien meilleure. De plus, la quantité de sève présente dans le bois est moins élevée qu’en été puisque l’arbre est en période de repos végétatif.

Moins de sève dit moins d’eau et donc moins de poids. L’arbre sera plus léger, ce qui facilitera ensuite le transport de son bois et son séchage. Le seul inconvénient de l’abattage hivernal pour certaines espèces à bois cassant (frêne, bouleau, cerisier) est que la tâche peut alors s’avérer plus dangereuse car le bois, dépourvu de sève, sera bien moins souple et donc plus imprévisible lors de la coupe.

En ce qui concerne les arbres persistants ou résineux comme les conifères, inutile de se préoccuper de l’époque puisqu’ils sont en sève toute l’année. Faites-le quand bon vous semble en veillant à ce que le temps soit sec et que le vent soit le plus faible possible pour procéder dans les meilleures conditions de sécurité.

3. COMMENT ?

Comme nous venons de le voir, les conditions climatiques sont tout aussi importantes que la technique employée. La pluie peut rendre le bois glissant et le vent rendre l’arbre à abattre instable et dangereux.

Notez que si vous n’avez jamais pratiqué d’abattage ou ne vous êtes jamais servi d’une tronçonneuse, mieux vaut faire appel à un professionnel. D’autant plus si l’abattage est périlleux. Il arrive parfois que des arbres soient plantés à seulement quelques mètres d’une route ou d’une habitation. Dans ce cas, ils devront être débités petit à petit et non pas abattus, tout cela à l’aide d’une nacelle ou d’un matériel spécialisé destiné à la base à l’élagage.

Si vous voulez tenter le coup, vous devrez tout de même respecter quelques consignes de sécurité :
- Veillez à ce que l’arbre ne puisse rien endommager ou ne tombe pas sur une route,
- Entourez-vous de personnes pour vous aider,
- Faites-le avec une tronçonneuse en bon état de marche même si cela paraît plus qu’évident,
- Sécurisez-vous avec un pantalon de tronçonnage, un casque, une visière et des protections auditives.

Pour en venir à la technique proprement dite, elle est relativement simple du point de vue théorique. Vous devrez regarder dans un premier temps le sens dans lequel l’arbre est naturellement plus penché. Même s’il a le tronc parfaitement droit, il aura toujours un côté plus garni que l’autre.

Si vous n’arrivez pas à déterminer cela, vous devrez le diriger dans le sens du vent dominant pour ne pas que ce dernier soit un frein.

Ébranchez ensuite toute la base du tronc jusqu’à hauteur d’épaule pour ne pas que les ramifications vous entravent dans la coupe ultérieure.

Continuez en utilisant la technique dite de l’abattage dirigé. Pour ce faire, commencez par faire une entaille d’abattage qui se fera du côté où vous voulez que l’arbre tombe et avec une forme triangulaire. Cette entaille sera d’environ 1/3 du diamètre de l’arbre et un angle de 90° à l’intérieur du tronc. Faites-là aussi entre 50 cm et 1 m du sol. Positionnez-vous juste après de l’autre côté et coupez horizontalement vers votre entaille précédente en veillant à ne pas la rejoindre complètement. Arrêtez-vous à environ 3 cm pour créer une sorte de charnière de pivotement et que l’arbre ne ripe pas sur lui-même alors que vous être encore présent.

Vous verrez alors qu’il commence à vaciller. Profitez-en pour vous écarter dans le sens inverse du sens de chute afin d’empêcher que le tronc ne vienne vous rebondir dans les jambes en tombant.

Une fois à terre, il ne vous restera plus qu’à le débiter et faire une coupe nette du reste du tronc si vous ne le dessouchez pas.

Il est très important d’insister sur le fait que si vous ne vous en sentez pas capable ou que l’abattage présente des risques, il sera toujours plus sage de faire appel à un professionnel, les accidents sont très vite arrivés et ne pardonnent pas avec des arbres de plusieurs tonnes.

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    • ISABELLE J GIOVANNETTI

      As ton le droit de couper des pins non malades et sans chenilles processionnaires à titre préventif (pins de 40 à 60 ans) ?

    • ISABELLE J GIOVANNETTI

      Des pins en bonne santé mais sujets à chenilles processionnaires doivent ils etre abattus pour éviter trop de soins (enlever d eventuels nids ?)