PLANTES, Plantes & fleurs d’intérieur

LA CTENANTHE

Très proche des Calathea et des Maranta, la Ctenanthe reprend beaucoup de codes de ses cousines. Un port gracieux, des allures exotiques et de jolies feuilles aux motifs remarquables sont autant de caractéristiques qui définissent cette plante luxuriante. C’est une plante à la fois traditionnelle et moderne qui saura se fondre dans n’importe quel intérieur. Ludique, la Ctenanthe est une petite œuvre d’art végétale au pouvoir magique de fermer ses feuilles quand vient la nuit. Découvrons cette jolie plante tropicale plus en détail.

1. DESCRIPTION DE LA CTENANTHE

La Ctenanthe est un peu moins populaire que les Calathea mais a pourtant énormément de points communs, tellement que l’on pourrait penser qu’il s’agit d’une de leurs espèces. Elle n’a pas de nom commun, certains la nomment toutefois « plante prière » en raison de sa faculté à mouvoir ses feuilles selon le moment de la journée. Elle appartient donc à la famille des Marantacées, dont les Maranta sont les plus grandes représentantes.

1.1. Origines

Tout droit venue des forêts humides d’Amérique du Sud, la Ctenanthe pousse principalement au Brésil. C’est dans ce milieu où la lumière est tamisée et où l’atmosphère est chaude et humide qu’elle s’épanouit avec aisance.

Ce genre fut découvert pour la première fois au XIXᵉ siècle lors des expéditions européennes qui avaient pour but de découvrir de nouvelles espèces exotiques. Les premiers plants rejoignirent les serres botaniques de l’époque pour y compléter les nombreuses trouvailles exotiques faites tout autour du globe. La Ctenanthe ne tarda pas à se faire une place de choix et à être sélectionnée pour sa robustesse et son élégance.

Au fil des décennies, les sélections et hybridations permirent de mettre en avant des feuillages toujours plus attractifs et uniques en leur genre. De nos jours, elle n’a rien à envier aux Calathea et aux Maranta dans les points de vente et a su se faire une place parmi ses belles concurrentes.

1.2. Caractéristiques

La Ctenanthe est une plante vivace herbacée non épiphyte. C’est-à-dire qu’elle pousse au sol et érige ses feuilles vers le haut dans le but de trouver la lumière qui lui convient. Son aspect est beaucoup plus dressé que celui du Calathea et sa taille plus imposante, c’est comme cela que l’on arrive à les différencier plus facilement. La touffe peut donc atteindre une hauteur de 50 cm à 1 m dans les conditions les plus favorables. Chaque tige et chaque feuille sont émises à partir d’une souche compacte assurant une très belle présence à cette plante dans un intérieur.

Chaque feuille est ovale et lancéolée, très subtilement nervurée et largement décorée de motifs aux dégradés variés. Les dessins sont variables selon les cultivars, tout comme les associations de couleurs, des verts sombres aux verts clairs en passant par l’argenté ou même le crème. Un second contraste vient du revers des feuilles à la couleur violacée.

Comme nous l’avons brièvement cité, ses feuilles se rejoignent entre elles une fois la nuit venue. Puis, ce mouvement se produit dans l’autre sens au petit matin. C’est un mouvement relativement lent mais qui donne un caractère très vivant à cette jolie plante.

La floraison est quant à elle beaucoup plus discrète et passe relativement inaperçue. Ce sont de petites fleurs blanches ou crème qui se regroupent au cœur des feuilles et qui, de par leur taille minuscule, ne provoqueront pas un effet « waouh » comme pourraient le faire d’autres plantes d’intérieur.

La croissance de la Ctenanthe est plutôt modérée, c’est une plante que l’on peut conserver sur le long terme en raison de sa longue durée de vie. Prenez-en soin et elle vous le rendra année après année avec la plus grande des fidélités.

1.3. Les variétés les plus courantes

Il existe plusieurs espèces et cultivars de Ctenanthe cultivés à des fins commerciales. Parmi les plus populaires, vous pourrez acquérir :

Ctenanthe burle-marxii

Il s’agit de la forme la plus courante et populaire qui se reconnaît à ses jolies feuilles vert clair et argenté aux motifs centraux vert foncé. Le revers des feuilles est d’un joli violet, renforçant un peu plus le contraste obtenu. La touffe est plutôt compacte et petite, c’est une espèce adaptée aux petits et moyens espaces.

Ctenanthe setosa

Contrairement à la première, cette espèce se différencie par sa taille et ses dimensions. Nettement plus érigée et haute, chaque feuille est portée par une longue tige droite. Elles ont également un positionnement très horizontal, formant presque un angle droit entre la feuille et sa tige. Plusieurs étages de feuilles sont visibles sur une même touffe, rendant la plante bien touffue même à sa base malgré le port érigé. Du point de vue des coloris, ce sont de belles feuilles vert métallique aux longs motifs vert foncé.

Ctenanthe lubbersiana

Cette dernière forme est panachée. Ici, il n’y a plus de motifs centraux quasi symétriques mais de belles panachures jaune intense inégalement réparties sur un feuillage vert plus ou moins foncé selon la maturité de la feuille. Le revers du feuillage de cette espèce n’est pas violacé, mais le rendu est tout de même très intéressant et lumineux.

2. LA CULTURE DE LA CTENANTHE

2.1. Le choix du pot et du substrat

Comme pour beaucoup de plantes poussant sur la litière en forêt, son système racinaire est peu profond et plutôt étalé. C’est pour cette raison qu’il vous faudra plutôt choisir un pot large mais peu profond. Le matériau n’a que peu d’importance, la Ctenanthe s’adapte à tous types à partir du moment où la forme lui convient.

En ce qui concerne le substrat, l’idéal est de le composer vous-même afin qu’il réponde au mieux aux critères demandés par votre plante. Celui-ci doit être frais, avec un bon équilibre entre rétention et drainage, mais surtout ne pas être compact. Une bonne dose d’humus décomposé et non décomposé est nécessaire pour être au plus proche de la litière forestière. Pour cela, il vous suffit de mélanger :

  • 50 % de terreau pour plantes d’intérieur
  • 30 % de tourbe blonde si le terreau comporte de la tourbe brune
  • 20 % de perlite ou d’écorce broyée comme le serait un substrat à orchidées.

Veillez toujours à ce qu’un drainage de billes d’argile soit épandu au fond du contenant, qui sera lui-même percé pour encourager l’évacuation des eaux d’arrosage excédentaires.

Après cela, il vous faudra procéder à un rempotage tous les 2 à 3 ans selon l’état de remplissage du pot par la touffe. En effet, la Ctenanthe apprécie d’être légèrement à l’étroit, ce qui lui permet de pousser avec une meilleure densité.

2.2. Le bon emplacement pour une Ctenanthe

Comme beaucoup de plantes d’intérieur, la Ctenanthe demande une ambiance lumineuse mais sans soleil direct. En effet, les rayons directs, surtout au travers d’une fenêtre, ont tendance à brûler les feuilles, ce qui nuit directement à la plante. Choisissez donc un emplacement proche d’une source naturelle de lumière à l’est ou au nord.

Côté températures, l’idéal se situe entre 18 et 25 °C, tout en évitant la proximité directe des sources de chaleur artificielles que sont les convecteurs ou les poêles, par exemple. Il en est de même pour les variations brutales de température ainsi que les courants d’air froids.

L’humidité ambiante doit être importante. Comme toute plante de sous-bois qui se respecte, c’est un facteur essentiel à sa luxuriance. On compte un taux recommandé supérieur à 60 %. En cas d’atmosphère trop sèche, vous remarquerez rapidement un dessèchement puis un brunissement des feuilles. Cette hygrométrie peut tout à fait être augmentée de manière artificielle avec un humidificateur à proximité ou bien en plaçant le pot de la plante sur une soucoupe remplie d’eau et de billes d’argile.

Sachez que la Ctenanthe est une plante qui n’aime pas être déplacée. Une fois le bon emplacement trouvé, laissez-la prospérer sans la déplacer de nouveau.

3. L’ENTRETIEN DE LA CTENANTHE

3.1. L’arrosage

L’arrosage de la Ctenanthe doit être régulier en utilisant une eau de pluie ou une eau dépourvue de calcaire. Faites en sorte qu’elle soit également à température ambiante, car une eau trop froide occasionnera un stress.
La fréquence idéale dépend de la saison :

  • En période de croissance, soit de mars à septembre, gardez le substrat humide mais pas détrempé. Un nouvel apport est nécessaire lorsque le dessus du substrat commence à sécher.
  • En période de repos, soit le reste de l’année, réduisez les apports en veillant à ce que le substrat sèche légèrement entre deux. Attention toutefois à ne pas laisser la motte sécher complètement, car le risque de stress hydrique augmenterait alors.

En plus de l’arrosage du substrat, vous pouvez, de temps à autre, brumiser les feuilles dans le but de les hydrater mais aussi de les nettoyer de toutes les poussières qui s’y seraient déposées.

3.2. La fertilisation

Stimuler la croissance avec une fertilisation adaptée est une très bonne idée. La fertilisation ne doit pas être excessive mais mesurée et contrôlée. Pour cela, vous devrez commencer par choisir le bon engrais. Optez pour un engrais liquide spécial plantes vertes et idéalement organique, car nettement moins « agressif » qu’un minéral.

Effectuez vos apports d’engrais d’avril à septembre à raison d’une fois toutes les deux à trois semaines. Avec ces apports, vous encouragerez une croissance régulière et surtout la production de feuilles flamboyantes.

3.3. La taille

La taille n’est pas nécessaire sur la Maranta. Celle-ci se limite à la suppression des feuilles fanées lorsqu’elles sont sèches. Étant donné que cette plante se densifie naturellement et n’a pas une croissance très rapide, les pincements de densification sont inutiles.

3.4. Les problèmes les plus courants

La Ctenanthe ne nécessite pas d’être un professionnel pour la tailler. Les seules actions à envisager consistent à retirer les feuilles jaunies, brunies, sèches ou abîmées. Vous pourrez également couper les tiges montrant une faible croissance afin d’encourager un développement en densité et non en allongement.

Le nettoyage et les pincements dans une optique de densité sont les seules actions que vous devrez maîtriser.

  • Ma Ctenanthe brunit sur le bord de ses feuilles :
    Il peut y avoir deux explications à ces symptômes : un air ambiant trop sec ou bien une eau d’arrosage ou de brumisation trop calcaire. Ceci peut donc facilement se résoudre.

  • Les feuilles se recroquevillent sur elles-mêmes, comme si elles s’enroulaient :
    Ici, c’est un problème de lumière, qu’elle soit trop forte ou trop faible. Ajustez donc l’emplacement et vous verrez rapidement un retour à la normale. Un manque de lumière peut également faire pâlir le feuillage, ce qui peut être un signe complémentaire dans le diagnostic.
  • De petits insectes blancs ou rouges parcourent le feuillage et semblent s’y être installés :
    En cas de faible attaque, les problèmes qu’ils occasionnent sont négligeables. Toutefois, les choses peuvent vite dégénérer, car leur multiplication peut être très rapide. Votre plante se retrouve envahie avant même que vous ne l’ayez remarqué. Il est donc préférable d’agir rapidement en les éliminant à l’aide d’une solution de savon noir. Nettoyez bien les feuilles avec une microfibre humide quelques jours après le traitement. En règle générale, une humidité ambiante élevée et une lumière suffisante permettent d’empêcher l’apparition de la plupart des problèmes.

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