Dans la tête des jardiniers, le marronnier est un arbre colossal qui se recouvre au printemps de grappes de fleurs blanches ou rouges et qui en automne produit des marrons. Cependant, ce genre ne s’arrête pas là, il en existe bien d’autres aux formes différentes et aux floraisons originales. Vous découvrirez ici quelques-unes des plus belles espèces pouvant être plantées en France.

Originaires d’Amérique du Nord ou d’Europe du sud-est, les marronniers sont parfois appelés pavier. En latin, on les retrouve sous le genre Aesculus regroupant une vingtaine d’espèces recensées. Ils appartiennent également à la famille des Hippocastanacées.`

1. SES CARACTERISTIQUES

Même si les marronniers ont bien souvent des aspects différents, on peut facilement les reconnaître à des caractéristiques typiques du genre :

- Le feuillage est facilement reconnaissable chez les marronniers en raison de sa forme palmée. Chaque feuille est donc assez volumineuse puisqu’elle se découpe en plusieurs folioles, bien souvent 5 mais parfois 7. Plus vulgairement, on pourrait un peu la comparer à la forme d’une main, les folioles représentant les doigts.

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- La floraison a lieu chaque année au printemps ou durant l’été, sous la forme de panicules plus ou moins volumineuses et érigées. Chacune d’entre elles est composée de dizaines de fleurs blanches, rouges, jaune ou saumonées et souvent de fleurs bicolores ou tricolores au cœur d’une même fleur.

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- Les fructifications qui suivent durant l’automne apparaissent en quantités variables suivant les espèces. Plus communément appelés marrons, il ne faut pas les confondre avec les châtaignes, fruits du châtaignier, qui ont également l’appellation de marrons dans toutes les recettes dans lesquelles elles sont utilisées (marrons glacés, marrons chaud, crème de marron…) Contrairement aux châtaignes, les fruits du marronniers ne sont pas comestibles, et de toute façon très difficile à éplucher.

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- Les bourgeons sont eux-aussi assez particuliers en raison de leur grosseur. Le marronnier d’Inde recouvre même ces bourgeons d’une résine collante, permettant à coup sûr de le reconnaître. Cette substance appelée propolis est très utilisée en gemmothérapie (thérapie par les bourgeons). Ils s’avèrent efficaces sur les problèmes cutanés du visage, les hémorroïdes ou les gonflements douloureux.

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- Sa taille à l’âge adulte est très variable, car elle est comprise entre 2.50 mètres et une vingtaine de mètres pour les espèces les plus volumineuses. Quoi qu’il en soit, un arbre de 20 mètres n’atteindra pas cette taille en 5 ans, il lui faudra plusieurs dizaines d’années. Le port est aussi très variable passant de sujets en haut jet à port élancé jusqu’à des formes plutôt étalées, trapues et larges. On ne peut donc pas généraliser le port de ce genre.

2. LES DIFFERENTES VARIETES

Le genre des Aesculus ne compte pas moins d’une vingtaine d’espèces mais seulement quelques-unes sont disponibles à la vente. Voici les plus belles et originales :

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3. LA PLANTATION

Dans leur état naturel, les marronniers sont des arbres qui poussent en fond de vallées dans des zones abritées des vents forts et surtout dans des sols qui restent frais. Pour les cultiver au mieux, vous devrez donc essayer de reproduire les conditions de culture suivantes.

2.1. Quand ?

Etant donné que ce ne sont pas des arbres gélifs, leur plantation peut se faire aussi bien au printemps qu’en automne. Néanmoins, le gros avantage de les planter en automne est qu’il est tout à fait possible de les avoir en racines nues, notamment pour les espèces les plus volumineuses à taille adulte. De ce fait, leur coût est un peu moins élevé qu’en conteneur pour un sujet de taille identique. Leur besoin en fraîcheur surtout durant leur plus jeune âge fait qu’une plantation d’été est fortement à proscrire pour une reprise assurée.

2.2. Dans quelle exposition ?

L’exposition varie encore une fois en fonction des espèces. Bien entendu, celles à grand développement se plairont mieux en situation ensoleillée et abritée des vents dominant présents en permanence, alors que les plus petites comme parviflora par exemple, peuvent s’intégrer dans des expositions mi-ombragées. L’ombre intense est toutefois à éviter si vous souhaitez disposer d’une belle floraison.

Retenez toujours que leur culture sera mieux assurée en conditions fraîches, avec des saisons bien marquées et si possible des étés assez chauds, d’où une très grande importance dans le choix de l’exposition.

2.3. Dans quel sol ?

Les trois éléments clés pour définir leur sol idéal sont : frais mais pas détrempé, fertile et surtout profond. En effet, leur système racinaire est assez puissant et pivotant, ce qui fait qu’il s’ancre volontairement en profondeur. Du moment que le sol respecte ces trois exigences, son pH et sa composition n’ont pas une grande importance. Pour le planter, vous devrez tout de même praliner les racines pour les sujets racines nues, et apporter dans tous les cas du terreau et du fertilisant, comme du compost ou de la corne broyée, mélangé avec la terre du jardin pour lui offrir un bon apport de départ.

3. L’ENTRETIEN

Une fois planté, le marronnier ne nécessitera quasiment aucun entretien si ce n’est une petite taille de formation durant les premières années de sa vie. Cette taille visera à lui former une bonne architecture de base, esthétique et bien équilibrée. L’élimination du bois mort sera aussi indispensable à sa santé quelque soit son âge.

Pour ce qui est de l’arrosage, il devra se réaliser après la plantation comme pour n’importe quelle plante et durant les premiers mois, même par temps pluvieux, afin que l’enracinement se fasse dans les meilleures conditions possibles.

La fertilisation est à prévoir chaque année en sortie d’hiver, par un apport de compost maison à son pied qui enrichira votre sol avant d’être disponible pour la plante.

3.1. Les maladies et ravageurs

Il s’agit en effet d’un problème très récurrent chez ces arbres et plus particulièrement sur l’Aesculus hippocastanum et l’Aesculus X carnea. Ce sont les deux marronniers les plus sensibles aux maladies, les autres y résistent beaucoup mieux.

Pour ne citer que les plus connues parmi une longue liste, voici les maladies qui pourraient attaquer votre marronnier :

  • Le black-rot :

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Les symptômes : C’est un champignon très préoccupant de nos jours, puisqu’il s’installe sur quasiment tous les genres de marronniers cités précédemment, quelque soit leur région. Il s’installe vers les mois d’avril-mai lorsque les précipitations sont importantes et que les températures s’élèvent à plus de 9°C : il forme de petites taches irrégulières sur les feuilles qui grandissent au fil des semaines et prennent vers le mois d’août des couleurs brun, rougeâtre, très inesthétiques sur les feuilles qui s’enroulent et tombent prématurément.

Le danger : A court terme, ce champignon ne présente pas un gros risque pour l’arbre du fait qu’il a réellement un impact en fin de saison avant que les feuilles tombent normalement. Par contre sur le long terme, il affaiblit l’arbre qui meurt prématurément et pourrait même rendre la culture de ces marronniers impossible dans quelques dizaines d’années.

Les solutions : lorsque l’arbre est jeune et commence à être atteint, utilisez de la bouillie bordelaise et ramassez les feuilles contaminées pour les brûler. Cela suffira bien souvent à limiter cette propagation. Par contre sur de vieux sujets, aucune lutte n’est efficace !

  • La verticilliose :

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Les symptômes : Ce champignon s’installe souvent sur de vieux sujets, affaiblis, malades, ou bien encore plantés dans des sols trop détrempés qui favorisent son expansion. On le reconnaît grâce aux rhizomorphes (des sortes de racines grimpantes, entre l’écorce et le tronc) brun foncé et relativement épais.

Le danger : Bien souvent les verticillioses entrainent la mort de leurs sujets plus ou moins rapidement, mieux vaut donc éviter qu’ils ne se déclarent.

Les solutions : Aucune solution concrètes n’existent, si ce n’est de bien drainer votre sol à la plantation et de détruire les arbres contaminés pour éviter que le champignon ne progresse ailleurs.

  • La nécrose du bois :

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Les symptômes : Ici encore, il s’agit d’un champignon parasite s’installant dans des blessures occasionnées par l’homme (ou non). Le champignon vient parasiter les tissus blessés, puis les nécroses agrandissent ainsi les plaies et pouvent même mener au pourrissement de l’arbre de l’intérieur.

Le danger : Affaiblissement ou mort de l’arbre en fonction de l’attaque et de son importance.

Les solutions : La seule solution réellement efficace est de soigner les plaies, qu’elles soient volontaires ou non, de manière à les reboucher et à empêcher le champignon de venir s’installer. Utilisez pour cela un baume cicatrisant spécialement conçu pour cela, et surtout, faites des coupes nettes pour rendre les blessures les plus propres possibles.

En ce qui concerne les ravageurs, un seul est vraiment préoccupant et s’installe surtout sur l’Aesculus hippocastanum, le X carnea étant un peu moins attractif pour lui.

  • La mineuse du marronnier :

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Les dégâts : Il s’agit d’un papillon très dangereux pour les marronniers. Ce n’est pas le papillon en lui-même qui représente un risque, mais plutôt les chenilles qu’il pond, et qui se nourrissent de l’intérieur des feuilles. Trois à quatre générations de chenilles peuvent voir le jour en une année. Leurs attaques provoquent des nécroses plus importantes de jour en jour au fil de leur progression, sur l’ensemble des feuilles, que l’on pourrait confondre de loin avec le champignon black-rot.

Le danger : Les feuilles et l’arbre s’en trouvent radicalement affaiblis, puisqu’ils sont privés de leur photosynthèse indispensable dans la vie d’une plante. Tout comme pour le black-rot, des attaques répétées sur des dizaines d’années pourraient provoquer, sur le long terme, la disparition de l’espèce hippocastanum, persécutée par autant de maladies et ravageurs. Malgré tout, le seul point positif est qu’il a été constaté que les arbres arrivent à se défendre naturellement contre ces attaques par l’augmentation de flux de sève pour ne pas perdre de croissance mais encore une fois, jusqu’à un certain point.

Les solutions : Là encore, il n’existe malheureusement aucunes solutions miracles. La première génération est souvent l’une des plus abondantes et les traitements sont fortement déconseillés : c’est aussi le moment de la floraison des marronniers, et un traitement insecticide éliminerait une grande partie des insectes auxiliaires pollinisateurs. Une solution, brûler les feuilles qui tombent, permet de tuer les pupes qui se seraient misent en diapause (hibernation chez les insectes) pour l’hiver et seraient réapparues au printemps suivant. Enfin, les pièges à phéromones permettent d’attirer une partie des mâles, qui ne pouvant plus féconder les femelles, limiteraient la quantité de larves par la suite.

5. LA MISE EN SCENE

Suivant leur taille adulte, les différentes espèces de marronniers ne se mettent pas tous en scène de la même façon.

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Pour les plus grands développements, vous devrez leur prévoir un espace digne de ce nom, de façon à ce qu’ils puissent s’exprimer librement, et même lorsque vous n’habiterez plus la maison, car un marronnier peut facilement vivre plus de 100 ans. On les retrouve souvent dans de grands parcs, ou en alignement aux abords des châteaux. Ne plantez donc pas un marronnier d’Inde si votre jardin ne fait que 1500 m².

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Les plus petits, eux, peuvent facilement s’intégrer dans un jardin soit au cœur d’un massif, ou pourquoi pas en isolé pour le mutabilis ‘induta’. Le parviflora formera de très beaux volumes en compagnie d’hydrangea, d’érables ou encore de cornus. Laissez-lui quelques m² de manière à ce qu’il puisse s’étaler librement.

Vous l’aurez donc compris, les marronniers sont des arbres fascinants de diversité et pourtant encore très méconnus au-delà de celui d’Inde, déjà présent en France depuis fort longtemps.

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