Plantes décoratives, rustiques et colorées, les houx sont pourtant peu plantés au jardin. Bien souvent délaissés à cause de leur feuillage piquant, ils présentent cependant beaucoup d’avantages par rapport à d’autres arbustes, aussi bien en tant que plante d’intérieur que d’extérieur. Associé à la naissance de l’enfant Jésus pour les chrétiens, ils décorent nos tables de Noël de leurs beaux fruits rouges.

De la famille des aquifoliacées, les houx sont des arbres ou arbustes vivant naturellement en régions tempérées de l’hémisphère Nord et plus précisément en Europe du Sud, Asie de l’Ouest et Afrique du Nord. Ils apprécient donc les conditions climatiques relativement fraîches et supportent très bien le froid (selon les espèces) mais redoutent les étés chauds et secs.

En fonction des espèces et de leur utilisation, les houx pourront aussi bien être taillés selon l’art topiaire, en haies mais aussi laissés libres, en pot comme en pleine terre.

2. CARACTÉRISTIQUES

Les houx sont des arbustes dioïques, c’est-à-dire qu’il existe des pieds mâles et des pieds femelles pour une même espèce. Seuls les pieds femelles porteront des baies et un mâle pourra polliniser jusqu’à 5 femelles. Certaines variétés sont néanmoins auto-fertiles, elles ont donc la capacité de produire automatiquement des baies sans avoir besoin d’être pollinisées par une plante mâle.

En ce qui concerne leurs caractéristiques générales, les houx disposent :

  • D’un feuillage vert ou panaché vert/doré assez charnu et persistant pour la plupart des espèces. Les feuillages généralement piquants mais il existe aussi des houx à feuillage plus arrondi sur leurs extrémités.
  • D’une floraison blanc crème insignifiante en mai/juin suivie de petits fruits ronds très décoratifs disposés en grappe. De couleur rouge, vert, noir ou jaune, ils persistent sur l’arbuste jusqu’au mois de mars si les oiseaux ne viennent pas les picorer avant.

houx_fleur

  • D’un port plus ou moins conique pour la plupart, mais certains ont plus l’aspect de petites touffes trapues et denses. Leur taille varie de 30 cm à plus de 10 m selon les espèces.
  • D’une croissance moyenne à lente, c’est pourquoi ils seront majoritairement utilisés en arbustes d’ornement ou dans des formes travaillées de petite taille.

houx_fruits

1.2. Les différentes variétés

On compte aujourd’hui plus de 400 espèces de houx dans le monde. Même si le célèbre houx de nos forêts ne présente pas un intérêt ornemental sensationnel, les hybridations se sont multipliées chez les producteurs, nous offrant des formes et des couleurs variées.

tableau_variétés de houx

2. L’ACHAT

 

houx_jardinerie

L’achat de houx est possible toute l’année mais cependant déconseillé lorsque les températures sont négatives car il ne pourra pas être replanté. Le houx est un arbuste de choix pour une utilisation sur du long terme. Il n’apprécie pas être transplanté, c’est pourquoi il vaut mieux se tourner vers des sujets de petite taille car leur système racinaire s’implantera plus rapidement.

3. LA CULTURE DE LA PLANTE

3.1. La plantation

Où ?

Même s’ils n’aiment pas être transplantés, certaines espèces à croissance lente ou hybrides de houx peuvent toutefois être plantées en gros pot, ce qui permet d’éviter de les transplanter sans cesse. C’est par exemple le cas pour les ilex crenata et X altaclerensis.

En règle générale, la plantation en pleine terre reste tout de même recommandée, car une fois installés, ils y resteront pour longtemps s’ils sont entretenus correctement. En effet, bon nombre d’espèces de houx vivent couramment plusieurs centaines d’années !

Dans quelle exposition ?

Les houx sont de grands arbustes poussant naturellement à l’ombre ou la mi-ombre. Au Nord de la Loire, le climat frais et le soleil rarement brûlant, leur permet d’être plantés en toutes expositions. Pour les espèces et cultivars à feuillage panaché, le plein soleil favorisera des couleurs plus intenses.

Préférez également une exposition bien dégagée mais peu ventée, même si certains, comme l’ilex aquifolium type, peuvent pousser parmi d’autres arbres sans soucis.

A savoir :

Les houx sont résistants à la pollution, aux embruns et à la concurrence racinaire !

Dans quel sol ?

Pour se développer dans les meilleures conditions, les houx ont besoin d’un sol riche, profond, humifère mais bien drainé et légèrement acide. Évitez donc les sols argileux, trop humides, asphyxiants ou compacts, sans quoi ils risqueraient de ne pas se développer correctement.

La présence d’azote en quantité suffisante dans le sol, favorisera une croissance plus rapide mais aussi un port moins compact.

Quand ?

La plantation des houx comme pour beaucoup d’arbustes, est conseillée au printemps ou à l’automne. Évitez l’été où l’arrosage devra être plus régulier et l’hiver où le risque de gelées sera plus important, car même s’ils sont résistants au froid, leurs racines ne seront pas encore assez implantées pour résister au gel.

houx_motte

C’est à l’automne que vous trouverez en magasin certaines espèces de houx en motte. Moins coûteux, ces sujets ont été cultivés en pleine terre et peuvent donc être d’une taille légèrement supérieure à ceux vendus conteneurs pour une reprise tout aussi bonne.

Comment ?

Veillez avant toute chose à vérifier l’état de votre terre. Celle-ci doit répondre aux exigences des houx au moins au niveau de la légèreté et du drainage. Pour la richesse et l’acidité, il vous sera toujours possible de 'tricher' en utilisant un apport de compost et de terre de bruyère à la plantation.

Pour cela, optez pour un trou d’au moins 3 fois le volume des conteneurs aussi bien en profondeur qu’en largeur. En cas de besoin, réalisez un drainage de billes d’argiles au fond de celui-ci si votre sol retient l’eau à une certaine période de l’année.

Une fois la plante mise en terre, épandez un paillage organique à son pied de type paillette de chanvre ou aiguilles de pin, qui garderont la fraîcheur et isoleront les racines du froid comme de la sécheresse.

Ne vous inquiétez pas si la croissance de vos houx vous paraît lente la première année, c’est tout à fait normal. En effet, les houx se concentrent la première année à reconstituer leur système racinaire avant de développer le végétatif.

3.2. L’entretien

L’arrosage

Indispensable durant les premiers mois qui suivent la plantation, l’arrosage permet aux racines du houx de s’enfoncer plus vite dans la terre leur évitant ainsi de dessécher. Ensuite, n’arrosez qu’en période estivale lorsque les températures élevées sont associées à des conditions sèches durant plusieurs jours de suite.

La fertilisation

Lors de la plantation, l’apport de compost est indispensable. Par la suite, répétez cette opération en fin d’hiver en y ajoutant 2 à 3 poignées de fertilisant organique à diffusion lente, comme de la corne broyée par exemple.

Les houx préfèrent les fertilisants organiques de fond, n’utilisez donc jamais de produits chimiques car ils sont trop puissants et agressifs pour ces plantes à croissance lente.

La taille

La plupart des houx supportent très bien la taille, même sévère. Cependant, nul besoin de leur faire subir cela si ce n’est pas nécessaire. Envisagez plutôt une taille douce de formation au sécateur année après année qui aura pour but d’aérer l’intérieur du branchage en supprimant toutes les branches se croisant, mortes ou mal équilibrées. Suivez toujours le port naturel de la plante pour garder tout son esthétisme.

Tout comme pour la taille en haie qui sera beaucoup moins minutieuse, exécutez toute taille au printemps (mars/avril) une fois que les fruits auront disparu. De nouvelles branches se reformeront, ainsi que de nouvelles fleurs, puis de nouveaux fruits l’hiver suivant.

ATTENTION :

Ne taillez jamais un houx après la floraison car celui-ci ne produirait aucunes baies l’hiver suivant ! Une exception peut être accordée aux sujets mâles mais mieux vaut tous les tailler au printemps pour ne pas se tromper. De même, ne taillez jamais un houx toujours au même endroit car les fleurs se forment plus facilement sur des branches âgées d’un an. À nouveau une exception pour les houx taillés en haies ou en topiaires (ilex crenata) où le but ne sera pas la fructification mais la forme bien régulière. Taillez ces derniers à l’aide d’une cisaille voire d’un petit taille-haie.

Les maladies et ravageurs

Les houx sont sensibles à certains ravageurs causant des traumatismes au niveau du feuillage mais ne venant que très rarement à bout de la plante.

C’est le cas des :

  • Pucerons et cochenilles

Ces petits insectes blancs, verts ou noirs sont très reconnaissables car ils apparaissent bien souvent sous les feuilles ou au niveau des jeunes pousses du feuillage. Ils piquent les feuilles irrémédiablement pour se nourrir de leur sève. Le problème associé à ces insectes est un champignon appelé Fumagine venant se développer sur le miellat (déjection des insectes) qui recouvre les feuilles du houx lors d’une attaque. Celui-ci forme une couche noirâtre collante et très peu engageante.
Pour se débarrasser de tout ce petit monde, utilisez du savon noir ou une solution à base de pyrèthre végétale (substance insecticide issue du broyage de feuilles et fleurs de chrysanthèmes). Une fois les insectes expulsés, le champignon s’en ira de lui-même et les tâches noirâtres se résorberont par « lessivage » lors des pluies.

  • La mineuse du houx ou mouche du houx

mineuse_houx

Ces petites mouches diptères (de la famille des mouches domestiques) viennent pondre leurs œufs directement sur les feuilles des houx au printemps. Ensuite, ces œufs donnent naissance à des larves qui pénètrent à l’intérieur du feuillage. Celles-ci dévorent inlassablement le feuillage de l’intérieur avant de se transformer à nouveau en nymphes puis en mouches adultes à leur tour. Plusieurs générations peuvent se succéder sur une saison et donc mener une véritable invasion.
Pour enrayer cela, utilisez également un produit insecticide, des pièges à phéromones qui capturent les individus mâles et empêchent ainsi la reproduction ou encore des filets anti-mouches qui évitent toute ponte sur la plante.

  • Le phytophthora

Plus rarement mais toutefois possible, les attaques du phytophthora sont très redoutées. Bien souvent fatal à bon nombre de plantes, ce champignon fait pourrir le système racinaire des houx. Aidé par un excès d’humidité, il est presque impossible de le détruire une fois l’attaque constatée. Seules les méthodes préventives avec des traitements à base d’aliettes sont efficaces.

La multiplication

houx_multiplication


Les houx sont des plantes se multipliant assez difficilement par le grand public. Le semis ou le bouturage sont les techniques les plus couramment utilisées. Au jardin, le semis est bien souvent spontané et il suffit donc de prélever le jeune plant pour le replanter à l’endroit souhaité.

La bouture se fait quant à elle en fin d’été sur un bois semi-aoûté (voir fiche multiplication des plantes)

Il est également possible de multiplier certaines espèces en prélevant des drageons à la base du pied mère (Ilex verticillata) ou de réaliser une marcotte sur des branches basses et relativement longues.

Avec une croissance lente et une multiplication assez compliquée dans l’ensemble, mieux vaut acheter les plantes lorsqu’elles sont jeunes et directement produites par les spécialistes.

Le résultat sera plus rapide mais aussi plus sûr !

4. LES BONNES ASSOCIATIONS

Même s’il n’est pas très couramment planté, le houx, de manière générale, peut être installé de différentes façons tout en étant bien plus rustique que la majeur partie des persistants généralement vendus.

En haies

Très utilisé il y a encore quelques dizaines d’années, le houx est une bonne façon de créer une haie défensive, dense, linéaire et persistante qui résistera, quasiment, à toute épreuve tout en ayant une bonne longévité. Avec son aspect sauvage, mais pas spécialement remarquable, c’est l’ilex aquifolium type qui sera le plus efficace dans ce domaine.

Pour des haies plus petites et moins piquantes, les ilex X altaclerensis sont aussi un bon compromis.

En massifs d’ombre ou de mi-ombre

houx-situation

Dans ce cas, les houx choisis seront bien sûr adaptés en terme de taille à leur emplacement. Placez les plus gros en arrière-plan pour donner de la profondeur au massif et en avant les plus petits, qui auront un intérêt ornemental plus prononcé. Associez-les à des plantes de terre de bruyère par exemple comme les azalées, pieris, érables du Japon mais aussi des vivaces comme les graminées d’ombre, anémones du Japon, cyclamen vivaces, etc. Ici, les formes et les volumes seront laissés au naturel pour que chaque plante puisse exprimer toute sa beauté.

En isolé

Pour les espèces plus grandes, il est possible de les planter en isolé en tant qu’arbres d’ornement donnant ainsi un volume persistant. Ici, un houx formé sur tige pour un résultat plus attractif.

En forme topiaire pour un jardin contemporain ou à esprit japonisant

Dans ce cas, ce sera le terrain de prédilection pour l’ilex crenata qui, très ressemblant au buis, tirera son épingle du jeu par la forme que lui donnera le jardinier. Presque toutes les folies sont envisageables, de la boule à la spirale en passant par le nuage et toutes les autres formes désirées. Plantez-le avec des végétaux aux feuillages colorés qui apporteront des contrastes et des volumes différents pour le mettre en valeur. Les hostas, azalées japonaises et autres érables du Japon sont de très bon choix.

En pots

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La culture en pot n’est possible que pour les houx de petit développement. Choisissez de préférence des pots de grandes tailles peu importe la matière. Ils pourront être plantés d’ilex crenata, X altaclerensis ou encore aquifolium ‘Ferox Argentea’. Changez le substrat tous les 5 ans en veillant bien à faire des apports réguliers de fertilisants organiques liquides.

5. À NE PAS CONFONDRE

osmanthus_osmanthe

Certaines plantes sont couramment confondues avec les houx mais ne font en aucun cas partie du genre des ilex.

Comme l’osmanthus heterophyllus ‘Tricolor’ qui présente de petites feuilles piquantes panachées de vert et doré et garde une forme naturelle en boule compacte. Originaires du Japon, les osmanthes ne produisent pas de baies colorées mais leurs fleurs sont bien souvent plus jolies et parfumées que les houx.

Il en va de même pour le fragon faux houx ou petit houx (ruscus aculeatus) qui pousse naturellement dans le bassin méditerranéen et apparenté à l’asperge. De petites ‘feuilles’ qui sont en fait des parties de tiges aplaties recouvrent l’ensemble des autres tiges qui forment la touffe très dense. Résistant à l’ombre même dense, il pousse facilement en sous-bois. Tout comme le houx, le ruscus produit une multitude de baies rouge vif le long des tiges. Cette plante est dioïque, il existe donc des sujets mâles et des sujets femelles.

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