Connues et appréciées de tous, les bruyères à floraison hivernale sont des plantes indémodables. Très colorées quand beaucoup d’autres plantes ne le sont plus à cette période de l’année, les bruyères illumineront aussi bien vos massifs que vos compositions hivernales.

De la famille des Ericacées, les bruyères, de manière générale, sont des plantes qui comptent plusieurs genres avec une floraison quasi ininterrompue durant toute l’année si vous associez tout ce petit monde ensemble. Ici, nous ne nous intéresserons qu’à celles possédant un intérêt hivernal.

1. LES CARACTÉRISTIQUES

Les bruyères d’hiver sont des sous-arbrisseaux à port étalé et buissonnant très dense. Toutes disposent d’un feuillage persistant ayant l’aspect de petites feuilles courtes et fines disposées tout autour des tiges. Certaines sont vertes, d’autres légèrement bronze, voire même dorées.

Les bruyères d'hiver-2

Avec des dimensions pouvant aller de 25 cm à 50 cm de hauteur pour 60 cm d’étalement, elles sont surtout utilisées au jardin comme plantes couvre-sol ou en agrément de massifs composés, bien souvent, de plantes de terre de bruyère.

Leur floraison s’étale quant à elle de la fin de l’automne jusqu’au début du printemps. Elle prend la forme de petites clochettes regroupées le long des tiges et placées entre les feuilles.

La croissance des bruyères est relativement rapide, c’est pour cette raison qu’elles s’étendent rapidement sur le sol. Pour les maintenir bien compactes, une taille annuelle leur permettra de rester belles plus longtemps.

1.2. Les différentes variétés

On différencie deux catégories de bruyère d’hiver couramment cultivées en France, mais beaucoup d’autres fleurissent également en cette période :

La bruyère des neiges ou erica carnea et la bruyère de Darley ou erica X darleyensis. Cette dernière est issue de l’hybridation entre l’erica erigena, venue d’Ecosse (bruyère à grand développement) et l’erica carnea provenant des Alpes. Les premières hybrides ont été créées dans la ville de Darley Dale située dans le comté du Derbyshire en Angleterre.

Vous ne pourrez différencier ces deux bruyères que lorsqu’elles seront adultes, car lors de la floraison et en y regardant de plus près, elles sont très ressemblantes !

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Ce qu’il faut retenir :

  • Erica carnea: Espèce sauvage vivant naturellement dans les Alpes. Avec une floraison plus précoce et une taille plus petite, cette bruyère n’est pas issue d’hybridation de plusieurs espèces.
  • Erica X darleyensis: Hybride issue de l’erica carnea et issue d’une cousine écossaise, elle allie la taille plus importante de l’écossaise et la floraison plus abondante de l’alpine. Le tout offrant une bruyère à floraison plus tardive et abondante. Certains cultivars sont même aujourd’hui sélectionnés pour offrir des fleurs encore plus grosses comme pour ‘Lucie’ et ‘Katia’.

2. L'ACHAT

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Comme vous l’avez compris, les bruyères d’hiver sont surtout attractives lorsqu’elles sont en fleurs. C’est pourquoi elles seront proposées en rayon de novembre à mars, en godets ou en potées de plusieurs litres.

3. LA CULTURE DE LA PLANTE

3.1. La plantation

Où ?

Les bruyères d’hiver sont des plantes très rustiques au froid et supportent des températures pouvant atteindre -20°C. C’est pour cette raison qu’il est possible de planter des bruyères partout en France, hormis dans les régions méditerranéennes aux étés très chauds. Il est possible de planter les bruyères en pot ou en pleine terre à condition que les exigences en matière de sol et d’exposition soient respectées.

Dans quelle exposition ?

Les bruyères d’hiver ne sont pas très exigeantes en termes d’exposition. Elles peuvent pousser à l’ombre comme au soleil, mais leur développement sera plus compact et moins étiolé au soleil. De plus, de par sa floraison hivernale, le soleil sera favorable à la bruyère, lui permettant de fleurir plus facilement.

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Même sous la neige, les bruyères sont capables de fleurir, ce qui prouve leur résistance à toute épreuve !

Dans quel sol ?

Les erica X darleyensis sont les bruyères les plus faciles de culture. En effet, elles peuvent pousser dans des sols légèrement calcaires, humides et même lourds, mais toutefois, non gorgés d’eau. À l’inverse, les sols sableux, très drainés à secs pourront aussi leur convenir.

Habituellement, les bruyères demandent des sols frais, légers, humifères, drainés et plutôt acides permettant un développement optimal.

Quand ?

Les bruyères d’hiver peuvent être plantées toute l’année dès l’instant que le sol n’est pas gelé. Bien souvent, la plantation s’effectue de novembre à mars, du fait de leur présence en rayon à cette époque de l’année.

Comment ?

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Pour planter une bruyère d’hiver dans des conditions optimales, utilisez de la terre de bruyère pour l’acidité que vous mélangerez à votre terre de jardin. Prévoyez un drainage uniquement si votre terre est vraiment trop lourde.

Le système racinaire de la bruyère étant très ramifié vous devrez, avant la mise en terre, démêler grossièrement le chevelu pour que l’enracinement soit facilité. Si la motte n’est pas assez dense en racines, elle pourra se dessécher et faire dépérir la bruyère toute entière, même une fois installée dans le sol.

Une fois plantée, épandez un paillage sur son pied dans le but de conserver la fraîcheur et enrichir petit à petit le sol. Utilisez pour cela des paillis organiques acidifiants comme des aiguilles ou écorces de pin mais aussi plus neutres, comme les paillis de miscanthus par exemple.

3.2. L’entretien

Très facile de culture, les bruyères d’hiver ne nécessitent aucun entretien en dehors de quelques travaux purement esthétiques. Une fois plantées et enracinées, elles peuvent ainsi subsister seules toute leur vie.

L’arrosage

Une bruyère d’hiver est peu gourmande en eau. Toutefois, un arrosage sera sera nécessaire à la plantation pour favoriser l’enracinement. Par la suite, l’eau de pluie sera amplement suffisante !

La fertilisation

En terme d’enrichissement du sol, la bruyère n’aime pas être submergée d’engrais. C’est pourquoi, vous ne devrez effectuer qu’un apport par an de fertilisant spécial conifères. Si le temps vous manquait, n’ayez crainte, elles peuvent tout à fait s’en passer. Ce petit coup de pouce leur permet juste d’être plus jolies.

Cependant, évitez absolument les engrais riches en azote car ils favorisent l’abondance du feuillage au détriment de la floraison !

La taille

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Les bruyères d’hiver sont des plantes qui ont tendance à se dégarnir en leur centre avec l’âge. Une taille annuelle après leur floraison leur permettra de rester compactes tout en étant plus belles.

Taillez toujours avec délicatesse à l’aide d’une cisaille afin de permettre à la bruyère de garder une forme basse et arrondie. Cependant, ne taillez pas trop sévèrement et donc jamais en dessous des parties vertes car elles risquent d’avoir du mal à repartir par la suite !

Les maladies et ravageurs

Les bruyères d’hiver sont des plantes très rarement attaquées par les parasites et maladies. Vous pourrez recenser parfois quelques attaques de cochenilles à bouclier, facilement éliminables à l’aide d’une solution à base de pyrèthre végétal.

Il en va de même pour le champignon phytophtora qui, une fois déclaré, fera mourir des parties entières du branchage. Utilisez alors un traitement à base d’aliette et coupez toutes les parties atteintes en prenant soin de les brûler.

Notez tout de même que si les conditions de plantation ont été respectées à la lettre, ce genre de problème devrait être largement écarté !

La multiplication

Le semis peut être réalisé en vue de multiplier les bruyères d’hiver, mais cette méthode n’est pas facile à réaliser. En effet, les graines de bruyère ne sont pas forcément accessibles et se forment assez rarement. C’est pourquoi le marcottage restera une solution plus rapide et efficace.

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Du fait que ces plantes possèdent un port buissonnant au ras du sol, il n’est pas rare qu’elles se marcottent naturellement. Pour cela :

  • Surélevez l’ensemble de la touffe et regarder si des branches semblent s’être enracinées. Si tel est le cas, déterrez soigneusement cette partie et coupez la tige juste avant la zone enracinée pour séparer la bouture de la plante-mère.
  • Taillez ensuite le branchage en conservant des parties vertes pour aider la bouture à repartir plus facilement.
  • Enfin, replantez la bouture à l’endroit souhaité et arrosez généreusement.

Vous pouvez aussi créer une marcotte vous-même, en enterrant une partie de tige de la plante mère dans le sol. Maintenue ainsi, cette tige produira des racines dans l’année et pourra ensuite être détachée par le procédé évoqué précédemment.

4. LES BONNES ASSOCIATIONS

Comme vous l’avez vu, les bruyères d’hiver ne sont pas des plantes difficiles à vivre. Elles peuvent s’acclimater facilement et donc s’associer avec bon nombre d’autres plantes.

  • En pot pour des compositions hivernales :

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Dans ce cas, n’hésitez pas à associer la bruyère avec des plantes d’intérêt hivernal. Utilisez par exemple des graminées persistantes, des hellébores, des cyclamens ou encore des sarcococca. Plantez tout ce petit monde de manière assez serrée afin que le résultat soit immédiatement au rendez-vous. Vous pourrez ensuite les replanter dans votre jardin une fois l’hiver passé !

  • En massif avec des plantes de terre de bruyère :

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C’est là que les bruyères trouveront le mieux leur place car vous les associerez avec des plantes bien souvent de la même famille qu’elles. Le choix est assez vaste dans cette catégorie de plantes. Associez-les par exemple avec des pieris, azalées, rhododendrons ou autres hydrangeas. Les bruyères formeront la strate couvre-sol et chaque plante pourra y trouver sa place.

  • En couvre-sol :

Parfois utilisées à des fins pratiques, ces bruyères peuvent aussi servir à recouvrir de grandes surfaces pour éviter la pousse des adventices (mauvaises herbes) et créer ainsi un petit tapis persistant et fleuri en hiver.

  • En rocaille ombragée et fraîche :

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Si vous souhaitez créer une rocaille dans un endroit qui n’est pas très chaud et desséchant, les bruyères d’hiver pourront une nouvelle fois venir prendre place dans cet espace. C’est par exemple, le cas en bordure de bassin où l’utilisation de la pierre est assez récurrente. Des fougères persistantes, graminées ou iris pourront venir compléter le tableau.

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