Après la taille de formation d’un arbre fruitier, nous allons nous intéresser maintenant aux tailles complémentaires.

1. LA TAILLE DE FRUCTIFICATION

1.1. Reconnaître un bourgeon

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Nul besoin d’être expert pour pouvoir reconnaître un bourgeon. En effet, on remarque deux types de bourgeons sur un arbre :

- le bourgeon à bois : c’est un bourgeon qui produira une branche lors de son développement. On le reconnaît par sa forme allongée et pointue, presque piquante

- le bourgeon à fruit : c’est un bourgeon qui produira des fleurs lors de son développement et donc par la suite des fruits. Celui-ci est beaucoup plus rond et plus gros. On peut voir sur la photo un bourgeon à fruit au bout et des bourgeons à bois juste avant.

 

A savoir qu’un arbre à pépins peut transformer en plusieurs années un bourgeon à bois en bourgeons à fruit. Ce qui est impossible pour le pêcher notamment.

1.2. But et principe

Précisons tout d’abord que cette taille est une suite logique à celle de formation mais n’a rien d’absolument obligatoire pour les personnes n’ayant que peu de temps à consacrer à leurs arbres. Une fois formé, ils arriveront seuls à faire des fruits mais la taille permettra d’augmenter les rendements et d’avoir des fruits mieux répartis sur l’arbre donc d’un calibre plus intéressant.

Cette taille a plusieurs buts :

- inciter l’arbre à former des organes fruitiers (branche pourvues de bourgeons à fleurs et donnant des fruits) sur toutes ses branches.

- empêcher que la base des branches ne se dégarnisse d’organes fruitiers.

- assurer un équilibre entre la croissance de l’arbre et la production de fruits.

La taille de fructification n’est réellement utile que pour les arbres à pépins. Ceux à noyaux, comme les pruniers et cerisiers peuvent se débrouiller seuls. Une exception à la règle : le pêcher, il doit subir la taille en crochet qui sera expliquée par la suite. Nul besoin de taille pour les hautes tiges qui deviennent de grands arbres et produisent naturellement des fruits par l’allongement et le poids de leurs branches les faisant s’arquer.

En effet, la règle d’or pour la production de fruit est que plus une branche est horizontale et plus celle-ci sera susceptible de faire des fruits. Une branche verticale est plus alimentée en sève et produira donc en priorité du bois. Le principe de base mais aussi le plus simple de cette taille consiste à arquer de façon artificielle par la main de l’homme une partie des branches verticale afin que celle-ci forment d’elles-mêmes des organes fruitiers l’année suivante.

Sur le schéma ci-dessous, nous pouvons voir une branche qui a été arquée à l’horizontale, il y a un an. On remarque que cette branche a formé de nombreux organes à fruit et de bourgeons floraux. Les deux branches qui sont restées verticales n’ont que des bourgeons à bois. Il faudrait penser à les arquer de la même façon.

Schéma représentatif de l’arcure d’une branche après 1 an de végétation :

Des tailles spécifiques seront à apporter en complément pour les palmettes et autre cordons ainsi que pour les pêchers : il s’agit de la taille trigemme et de la taille en crochet.

1.3. La taille trigemme

La taille trigemme, au-delà de son nom terrifiant veut dire taille à trois gemmes ou trois bourgeons. Cette taille est utilisée le plus souvent pour les fruits à pépins sur toutes les formes taillées vues dans le chapitre précédent, mais elle peut également être pratiquée sur les basses tiges.

Dans la taille trigemme, l’organe fruitier le plus courant est la coursonne ; il s’agit d’une ramification née sur une branche et qui peut porter des bourgeons à fruits comme des bourgeons à bois. Cette coursonne peut produire des fruits pendant plusieurs années si elle est correctement taillée.

Pour appréhender cette taille de façon plus simple nous allons poursuivre les explications grâce à des schémas.

Schéma représentant la taille trigemme d’un rameau de pommier âgé d’un an :

 

Le premier printemps (en février/mars), nous taillons la branche qui a poussée l’année précédente après le troisième bourgeon afin de former cette fameuse coursonne.

Le deuxième, divers organes se sont formés dont une dar (bourgeon a bois très pointu), il n’y aura pas encore de fruit car ces organes doivent encore se développer une année. On taillera la petite branche une nouvelle fois à trois bourgeons.

Le troisième printemps, les organes ont évolué. Le dar s’est transformé en œil à fruit et la brindille s’est aussi couronnée d’un bourgeon à fruit. La troisième petite branche continue à évoluer en organe à bois. Cela n’est pas intéressant, elle est donc supprimée totalement.

Le quatrième printemps, les organes se sont tous transformés en organes fruitiers stables. Nous les laissons produire une dernière année et la coursonne sera supprimée complètement à l’automne. On remarque la pousse d’une nouvelle branche qui permettra de remplacer cette vieille coursonne. Nous la taillons à trois bourgeons, une nouvelle coursonne se forme et le cycle reprend.

Evidemment, nous ne nous intéressons qu’à une seule coursonne mais l’arbre en porte des dizaines. Le cas énoncé ne sera pas exactement le même sur l’ensemble de celles-ci, le bon sens du jardinier et l’appui de cet exemple permettront de s’adapter à chaque cas. Le principal est de ne pas laisser de branches trop longues et de garder le contrôle sur votre arbre, la nature fera le reste si vous respectez bien toutes ces règles.

Vous pouvez voir sur ces deux photos suivantes deux coursonnes formées l’année d’avant qui portent des bourgeons à fleurs et des bourgeons à bois.

1.4. La taille en crochet

photo-5-a-detourerAprès avoir vu la taille trigemme adaptée aux arbres à pépins, nous allons nous intéresser aux pêchers qui doivent impérativement subir la taille en crochet. Le jeune pêcher sur la photo suivante a été correctement taillé, on remarque une très grande quantité de fleurs sur les branches âgées d’un an.

Pourquoi le pêcher a-t-il une taille spécifique ? Tout simplement parce que cet arbre fruitier n’est capable de produire des fruits que sur les branches ayant poussé l’année d’avant. La formation des bourgeons à fruits a lieu l’année même du développement des rameaux qui les portent. Ces bourgeons se transformeront en fleurs puis en fruits l’année suivante.

Au contraire le pommier ou le poirier peuvent produire des fruits sur des banches âgées d’un, deux, ou trois ans. Même si le pommier n’est pas taillé, il peut donc facilement produire des fruits sur un grand nombre de branches.

Revenons au pêcher, si les branches ne sont pas maitrisées, celles-ci vont s’allongées de plus en plus. Les fruits ne se trouveront qu’en périphérie des branches et l’intérieur se videra complétement. L’arbre vieillira donc plus vite, son port sera inesthétique et la production deviendra très aléatoire d’une année sur l’autre.

Vous l’avez compris, le but principal de cette taille est de produire chaque année le plus possible de nouveau bois afin d’éviter le dégarnissement de la base des branches. Cette taille permettra donc de maintenir les nouvelles branches le plus près possible du tronc et donc d’éviter l’allongement irrémédiable des branches. Cette taille se pratiquera tous les ans en mars avant l’apparition des feuilles.

Comme pour la taille trigemme, nous allons poursuivre par des schémas résumant cette taille sur trois années. Le schéma explique la base de cette taille à partir d’un rameau.

Schéma représentant la taille en crochet sur un segment de branche d’un an :

 

- au premier printemps, un rameau se forme, nous garderons deux yeux afin d’avoir deux ramifications.

- l’année suivante, nos deux ramifications ont donné des bourgeons à bois et des bourgeons à fleurs. Nous ne gardons des bourgeons à fleurs que sur l’une d’elle pour que les futurs fruits puissent avoir un calibre correct. L’autre est coupée au-dessus du deuxième bourgeon.

- le troisième printemps, les deux nouvelles ramifications seront taillées de la même façon. Les deux bourgeons à fleurs conservés l’année d’avant donneront pendant l’été deux beaux fruits. La branche portant ces fruits pourra être taillée complètement après la cueillette.

Poursuivez de cette façon tous les ans afin d’avoir une succession de fruits et de nouvelles branches.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on gardera toujours deux branches. Une servira à donner les fruits l’année d’après si elle est pourvue de bourgeons à fleurs et l’autre taillée à deux yeux formera les branches suivantes. Et ainsi de suite.

Pour y voir un peu plus loin, le schéma suivant illustre cette taille sur un plus grand rameau de branches.

Schéma représentant la taille en crochet sur branches ramifiées :

1.5. L’alternance et l’éclaircissage des fruits

photo-9Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Vous remarquerez que la production en fruits de vos arbres peuvent être exceptionnelle une année et plus que médiocre l’année d’après. Certaines variétés d’arbres fruitiers produisent de cette façon plus de fruits une année sur deux : c’est ce que l’on appelle le phénomène de l’alternance. Ce phénomène est d’autant plus réduit si vous pratiquez les tailles de fructification ainsi que l’éclaircissage des fruits.

Intéressons-nous aux années de fortes productions qui peuvent être problématiques.

Ces années-là, les arbres doivent déployer une énergie considérable pour pouvoir faire grossir et alimenter en sève tous les fruits.

Afin de réguler le nombre de fruits sur sa ramure, l’arbre émet naturellement des hormones au mois de mai qui font tomber une partie des fruits trop chétifs et malades.

Mais un petit coup de pouce humain évitera les problèmes occasionnés par cette surproduction :

- poids considérable des fruits sur les branches pouvant arracher celles-ci à leur point de ramification, la blessure serait très compliquée à réparer.

- surnombre de fruits ayant une influence sur leur grosseur et leurs qualités gustatives.

- murissement des fruits incomplet et coloration plus pâle du fait que les fruits sont très rapprochés les uns des autres.

- prépondérance des maladies et des ravageurs présents sur les fruits.

Pour cela, il suffit à la fin mai d’aider la nature en secouant l’arbre pour faire tomber les fruits les plus chétifs et les moins bien attachés sur leur tige pour les formes les plus hautes. Cette action sera suffisante pour les petits fruits comme les prunes et les cerises.

En revanche, pour les pommiers, poiriers et pêchers en basses tiges et en formes taillées, vous ne conserverez qu’un ou deux fruits (parmi les plus beaux) par bouquet de fruits pour que toute l’énergie aille dans ceux conservés. De la même façon, conservez un fruit tous les 15 à 20 cm sur une branche. (ci-dessous : avant et après la taille)

 

 

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