C’est durant la saison automnale que le jardinier se trouve bien embarrassé de voir les feuilles tomber. Il ne sait jamais que faire de cette matière organique qui recouvre le sol. Bien loin d’être un déchet à éliminer, ces résidus sont bel et bien de véritables mines d’or qu’il est possible de valoriser… mais comment ?

1. POURQUOI RAMASSER LES FEUILLES MORTES

Dans la nature, le cycle de la matière se fait naturellement. Les matières organiques mortes qui tombent au sol sont ensuite dégradées par toute une faune petite à microscopique et par des champignons. Cette décomposition forme de la matière organique fine qui sera ensuite disponible à nouveau pour les plantes sous forme de minéraux directement assimilables par le système racinaire. Il s’agit d’un processus assez complexe mais indispensable pour un sol en pleine santé.

Au jardin d’ornement, les paillis sont notamment utilisés dans ce but afin que le sol ne soit jamais laissé à nu. Cette solution est dérivée de la nature puisqu’un jardin, paysager ou non, n’a pas du tout les mêmes attentes de la part du jardinier qu’il ne l’aurait pour une forêt.

Les feuilles mortes sont donc très souvent ramassées pour les raisons suivantes :

         - Inesthétiques : un jardin répond à des critères de « propreté » définis par le jardinier. Ces feuilles sont source de désordre lorsqu’elles s’étalent un peu partout où le vent les dépose.

        - Étouffantses : elles le sont si elles se déposent en couche trop importante sur la pelouse ou bien les massifs de plantes vivaces. Cette couche les privant d’air et de lumière et pouvant faire mourir les plus faibles.

          - Salissantes : elles ne se déposent pas que sur les surfaces organiques mais aussi les surfaces minérales comme les allées et terrasses. Ces surfaces deviennent alors glissantes et pourront verdir à cause de l’humidité stagnante.

         - Problématiques : pour les évacuations d’eau comme les gouttières, regards ou caniveaux. Elles s’y accumulent puis forme un bouchon en se colmatant.

C’est pour toutes ces raisons que le jardinier voit le ramassage des feuilles non pas comme une bonne nouvelle mais plutôt comme une corvée.

2. COMMENT RAMASSER LES FEUILLES

Pour ne pas subir le ramassage, plusieurs techniques s’offrent à vous selon les quantités à ramasser. Dans la pelouse vous pouvez déjà réduire fortement la tâche par les tontes successiveS qui se doivent d’être faites jusqu’en début d’hiver. Rien que le fait de passer la tondeuse mélangera les feuilles au fur et à mesure aux déchets de tonte. Si vous mulchez votre gazon, les débris seront alors laissés sur place pour s’y décomposer naturellement.

Évidemment, dans le cas d’une chute de feuilles bien plus importante, cette technique ne suffit plus car une tondeuse n’est pas prévue pour ramasser de grandes quantités.

2.1. Le râteau à feuilles

Ce premier outil est d’une grande utilité au jardin. Avec ses dents largement réparties, il permet de ratisser beaucoup de feuilles et de limiter les passages. Il est souple et il n’abîme pas la pelouse ou les allées, choisissez des modèles avec les dents en plastiques qui remplissent parfaitement leur rôle. Avec ce râteau, il est très facile de faire un tas pour ensuite ramasser l’ensemble des feuilles et décider de leur utilisation.

2.2. Les mains ramasse feuilles

En complément et surtout pour finir le ramassage, les mains ramasse feuilles sont très utiles pour vous faciliter le travail. Ce sont deux pelles munies de petites griffes au bout et surtout une poignée qui assure une bonne prise en main de chacune d’elle. Vous ramassez ainsi plus de feuilles en une fois qu’avec les mains seules. Elles peuvent sembler un peu « gadget » au premier abord mais bel et bien efficaces lorsque l’on y a goûté !

2.3. Le souffleur thermique

Cette machine, non plus manuelle mais à moteur, est idéale pour des surfaces plus importantes. Le souffle puissant qu’elle procure déplace les feuilles sans efforts pour être soit réunies en tas ou bien pour les déplacer en fond de massif où elles se décomposeront naturellement. Au-delà d’un travail rapide, il n’occasionne aucun dommage sur les plantes ou la pelouse à nettoyer. Terminez le ramassage avec un râteau à feuilles évoqué précédemment

Il existe des variantes aux souffleurs traditionnels qui ont une fonction aspiration. Cela vous évite de vous baisser pour ramasser les feuilles mais l’inconvénient est que la contenance du sac de récupération est relativement limitée. Les plus performants sont équipés d’une fonction broyage qui réduit le volume des déchets. Le prix de ces derniers est plus élevé car utilisé plutôt par les professionnels.

2.4. Le balais ramasseur

Il s’agit d’une machine peu connue mais sans doute la plus performante et facile pour le jardinier. C’est un balai rotatif horizontal monté sur deux roues avec un bac de stockage à l’arrière qui recueille les feuilles au fur et à mesure que vous avancez. C’est un outil sans moteur qui s’utilise juste en le poussant mais avec une grande facilité car très léger.

Il existe aussi une variante à atteler sur un tracteur-tondeuse avec un bac de stockage plus grand et un travail encore plus paisible. Bien entendus, le balais ramasseur ne peut s’utiliser que dans un gazon, son efficacité pour des allées même gravillonnées reste à discuter.

3. COMMENT UTILISER CES FEUILLES

Les ramasser est une chose, nous allons à présent voir comment les recycler pour ne pas les exporter «bêtement» vers la déchetterie et les centres de compostage. Justement, en parlant de compostage, c’est la première solution... la plus évidente aussi !

3.1. Compléter le compost

Un bon compost est un savant mélange entre des matières vertes et des matières brunes. Plus ou moins riches en azote ou en carbone selon le type de matière, ce mélange permet de créer un amendement riche et de bonne qualité organique. Les feuilles mortes sont justement riches en carbone mais pauvres en azote. Elles peuvent donc s’additionner avec brio aux tontes de pelouses, restes alimentaires ou tout autres verdures riches en azote. Ne les apportez cependant pas en trop grand nombre d’un coup pour ne pas déstabiliser cet équilibre. Un compost trop riche en carbone se décomposera tout de même mais prendra plus de temps avant de pouvoir être utilisé en produit fini.

3.2. Faire son propre terreau

Différent du compost évoqué précédemment, confectionner son propre terreau de feuille est possible. Néanmoins, vous n’ajouterez pas dans ce cas de matières azotées. Sa durée de dégradation avant d’être disponible sous forme de terreau est d’environ 3 ans. A ce moment, il devient un support de culture très intéressant pour les plantes en pot ou pour le bouturage. Mélangé à un peu de terre végétale, ce substrat est l’un des meilleurs pour bon nombre de plantes.

Le gros avantage du compost de feuilles est justement qu’il se transforme en un substrat léger, naturellement enrichi de minéraux directement assimilable par les plantes et surtout avec une bonne rétention en eau. Il se travaille exactement de la même manière qu’un compost classique, il vous faudra juste un peu plus de temps pour l’obtenir.

3.3. Pailler ses plantations

Ce processus se fait naturellement avec la chute spontanée des feuilles mais sans distinction de l’endroit où elles s’étalent. Dans les massifs d’arbustes, elles peuvent donc y demeurer, à vous de réajuster l’étalage si besoin. En présence de plantes vivaces, elles peuvent tout simplement être dégagées à la main, et seront étalées autour ou prélevées pour un autre endroit si la quantité est trop importante.

Si le travail ne s’est pas fait naturellement, vous pouvez tout à fait pailler vos massifs avec les feuilles qui ont été ramassées dans la pelouse.

De plus, après un an de compostage, le terreau de feuilles à demi mûr peut lui aussi être utilisé en paillage, il se dégrade alors plus rapidement. Il en est de même si vous choisissez d’affiner les feuilles pour en réduire leur taille et accélérer leur décomposition. Pour ce faire, passez simplement les feuilles mortes à la tondeuse puis étalez ensuite la matière produite.

Au potager, vous pouvez aussi utiliser les feuilles mortes pour recouvrir les parcelles à nues durant l’hiver. Recouvrez-les de quelques branches plus grossières pour atténuer leur déplacement par le vent.

Rappelons que le paillage en massif est fortement conseillé pour garder des plantes en bonne santé mais aussi un sol riche et de qualité, les deux étant intimement liés.

3.4. Protéger les frileuses

Au-delà de leur côté enrichissant pour le sol lorsqu’elles ont subi une dégradation microbiologique, les feuilles peuvent aussi servir de protection pour certaines plantes l’hiver. Dans ce cas, les feuilles devront être au préalable séchées pour justement stopper le processus naturel de dégradation, fermement accentué avec l’humidité.

Recouvrez alors les souches des plantes plus frileuses de votre jardin avec une bonne couche de feuilles sèches, maintenues par un voile d’hivernage au-dessus. Vous pourriez réaliser cette protection pour des plantes comme l’Arum d’Éthiopie, la Rhubarbe géante, le Fuchsia ou toute autre plante vivace un peu frileuse.

L’exception à la règle :

Tous ces conseils ne sont valables que pour les feuilles mortes qui proviennent d’un arbre ou arbuste sain. Dans certains cas, ils ont pu être contaminés en cours de saison par une maladie cryptogamique bénigne mais récurrente ou bien d’autres maladies plus virulentes qui pourraient alors se propager l’année suivante par le biais des feuilles qui auraient été transportées ailleurs.

Dans ces différents cas, il vous est donc conseillé de vous débarrasser de ces feuilles en les brûlant. Utilisez pour ce faire un incinérateur de jardin car les feux domestiques sont bien souvent interdits dans la plupart des communes !

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