Plante incontournable dans la catégorie des plantes tropicales, le Philodendron se fait remarquer par sa luxuriance mais aussi par la diversité des feuillages et des formes. Tantôt grimpantes, tantôt retombantes, ou encore en touffe, les variantes sont nombreuses. De plus, c’est une plante qui s’adapte à bon nombre d’ambiances et qui se transformera en plante idéale tant elle est belle et facile à vivre. Avis à tous les amateurs de feuillages exotiques, il est temps d’essayer le Philodendron !
1. DESCRIPTION DU PHILODENDRON

Le Philodendron n’a pas vraiment de nom vernaculaire, mais on peut lui en déterminer un en décomposant son nom scientifique. « Philo » signifiant en grec « amour » et « dendron » pour « arbre », soit « l’arbre d’amour » ou « l’amour des arbres ». Ceci s’explique par sa façon de croître à l’état naturel comme une plante grimpante enlaçant les troncs d’arbres de la forêt. Il appartient à la famille des Aracées, tout comme beaucoup d’autres plantes d’intérieur populaires comme le Monstera, le Dieffenbachia ou l’Anthurium. Le genre des Philodendron ne regroupe pas moins de 480 espèces recensées.
1.1. Origines
Originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, le Philodendron se rencontre principalement au Brésil, en Colombie et au Panama. Il y pousse au sein des forêts tropicales, dans la canopée où l’humidité est importante et la lumière feutrée. Le Philodendron est majoritairement grimpant, mais certaines formes peuvent aussi être épiphytes et pousser directement au creux d’un tronc ou d’un rocher.
Il fut découvert en 1829 par un botaniste autrichien passionné de plantes tropicales. Les premiers plants rejoignirent l’Europe au XIXᵉ siècle, en même temps que le Monstera, proche du Philodendron. C’est durant cette période que les serres tropicales se développèrent partout en Europe pour y accumuler et y exposer des plantes venues du monde entier. Quelques décennies plus tard, le Philodendron se trouva multiplié à une plus grande échelle pour agrémenter les intérieurs de nos maisons. Il était un candidat parfait en raison de sa bonne tenue en pot et de sa robustesse.
1.2. Caractéristiques

Le Philodendron est une plante aux formes variées. Bien que les plus répandues soient grimpantes, certaines poussent en touffes plus compactes. Toutes ont des feuilles persistantes qui sont portées par des tiges souples capables de s’allonger rapidement. Les feuillages sont également variés en fonction des variétés, il y en a de toutes formes : parfois entières, parfois lobées, en forme de cœur ou, au contraire, profondément découpées. Les couleurs sont aussi diverses, avec une dominance de vert et beaucoup de panachures jaunes, crème ou même roses. Le point commun entre tous est la texture lustrée des feuilles, avec un côté coriace une fois à maturité. Les jeunes feuilles sont toujours plus claires et tendres que les plus anciennes.
La floraison est très rare en intérieur, vous ne devez pas choisir un Philodendron pour ce critère. Si toutefois elle se produisait, ce serait sous la forme d’un spadice entouré d’une spathe blanche nuancée de vert. Plus simplement, il s’agit d’une fleur proche de l’Arum d’Éthiopie, également de la famille des Aracées.
Il n’est pas rare qu’il forme des racines aériennes, typiques des plantes épiphytes ou grimpantes. Celles-ci ont une très bonne capacité d’absorption de l’humidité ambiante.
La croissance du Philodendron est rapide lorsque les conditions lui plaisent. De nouvelles feuilles sortent en permanence, mis à part en période de repos. Elles demanderont parfois un tuteurage solide pour répondre à leur besoin de grimper.
1.3. Les variétés les plus courantes
Le genre des Philodendron est tellement vaste qu’il serait impossible de tous les décrire ; parmi les plus connus et utilisés en intérieur, vous trouverez facilement à la vente :
Philodendron erubescens

Il s’agit d’une forme grimpante à croissance modérée, mais qui est populaire pour les couleurs variées de ses feuilles. L’espèce type montre de jeunes pousses cuivrées devenant vertes ensuite. Les variantes peuvent être mouchetées de rose, comme ‘Pink Princess’, ou lacérées de blanc, comme ‘White Wave’.
Philodendron scandens

C’est la forme la plus courante en jardinerie, qui se reconnaît à ses feuilles en forme de cœur et à une élégance assez proche des Scindapsus. Elle s’utilise en suspension, comme une plante retombante, ou bien le long d’un tuteur faisant office de tronc sur lequel elle sera guidée. Il en existe des cultivars panachés aux jolies nuances jaunes sur le centre des feuilles.
Philodendron sellum

L’une des espèces aux feuilles les plus grandes. Profondément découpées, elles sont agencées le long d’un tronc bien marqué et avec une abondance de racines aériennes. Elle peut vite atteindre de belles dimensions, supérieures à 1,5 m en intérieur. Une vraie plante à l’aspect préhistorique !
Philodendron xanadu

Cette espèce est assez proche de la précédente en termes de forme de feuillage. D’une belle taille, les feuilles sont aussi largement découpées et portées par de longs pétioles émanant d’une souche compacte. Il pousse en touffe et ne sera pas grimpant, on l’utilise donc pour les espaces plus petits, mais avec autant de charme que ses cousins.
2. LA CULTURE DU PHILODENDRON
2.1. Le choix du pot et du substrat
La plantation en pot n’est pas un problème pour le Philodendron, il faut simplement adapter la taille de celui-ci à la variété que vous aurez sélectionnée. Pour les formes grimpantes avec tuteurage, vous pouvez opter pour un pot profond mais relativement stable. Le tuteur sera de préférence simple et recouvert de fibre de coco, ceci permettra au Philodendron de s’accrocher avec ses racines aériennes qui pourront y pénétrer. Pour les formes buissonnantes et retombantes, optez plutôt pour un pot large.
Le matériau du pot peut être de tout genre, le Philodendron n’y accorde pas une grande importance du moment qu’il est drainant. Percez le contenant s’il ne l’est pas et méfiez-vous des pots à réserve d’eau. Ils doivent être utilisés comme il faut pour ne pas avoir de stagnation d’eau dans le fond.
Côté substrat, ne partez pas les yeux fermés sur un terreau pour plantes d’intérieur, mieux vaut réaliser vous-même un mélange plus approprié. Celui-ci sera riche, léger et bien drainé afin de conserver la fraîcheur sans excès. Mélangez :
- 50 % de terreau pour plantes d’intérieur
- 25 % de compost bien décomposé pour apporter une bonne dose d’humus
- 25 % de sable grossier, de fibre de coco ou de perlite pour augmenter la capacité drainante du mélange
Lors de votre rempotage, commencez toujours par verser un lit de billes d’argile au fond du pot, il permettra de récolter les eaux d’arrosage excédentaires. Une fois celui-ci achevé, il devra être renouvelé tous les 2 à 3 ans dans un contenant un peu plus grand que le précédent. Augmenter la taille du pot permet d’accompagner la croissance de la plante.
2.2. Le bon emplacement pour un Philodendron
Pour reproduire au mieux les conditions de leur milieu d’origine, il est important de leur trouver une place de choix.

Dans un premier temps, la lumière. Elle doit être vive mais indirecte, comme les rayons du soleil dans les sous-bois tropicaux. Une fenêtre orientée à l’est ou au nord-est est l’idéal. Une ombre ralentit la croissance et les feuilles sont plus petites, alors qu’un soleil direct les brûlera, surtout les variétés panachées. L’installation en véranda chauffée l’hiver est aussi envisageable.
Dans un second temps, les températures. Elles doivent être comprises entre 18 et 26 °C. Le Philodendron aime la stabilité, il redoute les variations brutales de température ou les courants d’air. Si la température descendait sous les 15 °C, ceci pourrait lui être préjudiciable ; nul besoin de le changer de pièce en hiver pour un endroit plus frais.
Dans un dernier temps, l’humidité ambiante. Elle doit être suffisamment importante, car cette plante apprécie cela. Vous pouvez l’augmenter artificiellement par des brumisations régulières du feuillage ou en plaçant votre pot sur une soucoupe remplie d’eau et de billes d’argile.
3. L’ENTRETIEN DU PHILODENDRON
3.1. L’arrosage

L’arrosage va de pair avec la brumisation des feuilles pour augmenter l’humidité ambiante. Le Philodendron demande un substrat légèrement humide en permanence, mais pas pour autant détrempé. Les apports en eau doivent aussi s’adapter à la période de l’année.
Au printemps et en été, arrosez régulièrement dès que la surface commence à sécher, tout en vérifiant qu’il n’y ait pas d’eau stagnante après l’apport.
En automne et en hiver, espacez un peu plus les arrosages en laissant sécher le substrat sur quelques centimètres avant d’intervenir de nouveau.
Tout au long de l’année, maintenez des brumisations régulières avec une eau non calcaire et à température ambiante. L’hygrométrie en sera améliorée et le feuillage restera toujours bien sain et brillant.
3.2. La fertilisation
L’apport d’engrais n’est pas à négliger. Il est indispensable pour garder votre Philodendron en pleine forme et maintenir l’éclat de son feuillage, surtout sur les formes panachées. Choisissez un fertilisant organique spécialement formulé pour les plantes vertes et apportez-le toutes les deux à trois semaines d’avril à septembre.
Vous pouvez diviser par deux la dose conseillée sur l’emballage pour ne pas trop encourager la croissance, qui est déjà rapide.
En dehors de la période conseillée, stoppez toute fertilisation, qui n’est pas nécessaire et même contre-indiquée.
3.3. La taille
La taille est différente selon les espèces et leur système de croissance. Sur celles en touffe, la taille se résume à éliminer les feuilles jaunies ou abîmées lorsqu’il y en a, rien de plus.
En revanche, pour les formes grimpantes ou retombantes, vous pouvez pincer régulièrement les extrémités des tiges. Ce geste permettra à la plante de ne pas trop se dégarnir à la base tout en accentuant sa densité.
Les tiges sectionnées peuvent même se bouturer facilement par un enracinement dans de l’eau, qui stimulera la formation de racines.
3.4. Les problèmes les plus courants
Le Philodendron est une plante très simple de culture et qui ne pose presque aucun souci lorsque l’on suit bien ses besoins essentiels. Si vous constatez un incident de parcours, il pourra se résoudre assez simplement. Parmi les problèmes les plus courants, on note :
- Les feuilles de mon Philodendron jaunissent dans leur ensemble
Le problème vient ici d’un excès d’eau, d’un substrat trop compact ou pas assez drainant. Reprenez les dosages recommandés et maîtrisez mieux vos arrosages. Selon l’ampleur des dégâts, il se peut qu’un rempotage soit nécessaire afin de nettoyer les racines potentiellement nécrosées.
- Les feuilles de mon Philodendron brunissent sur le pourtour
Ici, vous êtes dans le cas d’un stress causé par un air ambiant trop sec ou une température trop élevée. Ceci est souvent le cas pour les Philodendron placés en véranda.
- Mon Philodendron ne pousse pas
Le manque de lumière provoque le blocage de la croissance lorsque la plante est trop à l’ombre. Il se peut aussi que le pot soit trop grand.
- Des insectes parcourent les feuilles de ma plante
Ce peuvent être des cochenilles, des pucerons ou des araignées rouges. Aucun d’entre eux n’aime les ambiances humides, et une brumisation régulière, y compris sur le revers des feuilles, permet souvent de les éloigner. Sinon, pulvérisez une solution de savon noir, un insecticide biologique agissant par étouffement de l’insecte. Rincez bien vos feuilles quelques jours après le traitement.
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