Plante tropicale par excellence, le Caladium sait se faire remarquer avec un feuillage pour le moins époustouflant. Ce sont de grosses feuilles en forme de cœurs qui, de par leurs couleurs et leurs motifs, lui donnent une élégance sans pareil. Tel un véritable bijou végétal, le Caladium séduira les passionnés comme les collectionneurs par sa générosité et par sa palette de nuances toutes plus fantastiques les unes que les autres… Le découvrir, c’est l’adopter !
1. DESCRIPTION DU CALADIUM

Le Caladium est un genre de plantes aux différents noms communs. Vous pourrez parfois le trouver sous les noms de « plante aux ailes d’anges » ou de « cœur de Jésus », en référence à son principal atout que sont ses feuilles. Il appartient à la famille des Aracées, au même titre que l’Anthurium, le Dieffenbachia ou le Colocasia, pour citer d’autres plantes d’intérieur que l’on ne présente plus. Le genre des Caladium compte de nos jours une quinzaine d’espèces recensées et des dizaines d’hybridations visant à créer des feuilles toujours plus exubérantes.
1.1. Origines
Le Caladium pousse naturellement dans bon nombre de pays d’Amérique du Sud. On le rencontre dans les forêts tropicales de Colombie, du Brésil, de Bolivie et du Pérou. Il affectionne particulièrement les conditions chaudes, humides et ombragées qu’offre ce type de milieu. De plus, les sols y sont également très riches et humides, un cocktail des plus favorables pour le Caladium.
Ce genre fut décrit pour la première fois par le célèbre naturaliste Carl von Linné en 1763. Mais il connut un plus grand engouement au XIXᵉ siècle lors de nombreuses explorations au Brésil visant à découvrir sa flore unique. C’est à ce moment que des plants furent importés en Europe pour rejoindre les collections tropicales au sein des serres botaniques de l’époque. Très rapidement, la popularité du Caladium fit mouche, raison pour laquelle les hybridations commencèrent.
Ils s’installèrent alors peu à peu dans les foyers des particuliers amateurs de plantes tropicales, et d’autant plus ces dernières années avec l’engouement des terrariums et des collections de plantes à feuillages panachés.
1.2. Caractéristiques

Le Caladium est une plante vivace tubéreuse, tout comme ses proches cousins que sont les Alocasia et les Colocasia. Le tubercule souterrain est l’organe principal de cette plante, puisque c’est grâce à lui qu’elle accumule toute l’énergie et les réserves nutritives indispensables à sa subsistance. De ce tubercule émergent les longues feuilles pouvant atteindre la belle taille de 40 cm de long dans les conditions les plus propices.
Chacune d’entre elles se remarque par sa belle forme de cœur ou d’éperon selon les espèces. Elles sont finement nervurées et semi-transparentes, ce qui est un phénomène unique et fabuleux quand on observe la diversité de coloris. Les camaïeux de couleurs y sont presque infinis, des blancs argentés au rouge très vif, en passant par une multitude de roses et de verts sous toutes leurs variantes. Ces couleurs peuvent même s’associer entre elles sur une seule et même feuille pour un rendu si fou qu’on pourrait le penser artificiel !
La floraison du Caladium est insignifiante et se produit en plus très rarement en culture. Si vous aviez l’occasion de la croiser, c’est une fleur en forme de spadice entourée d’une spathe, à la manière d’une fleur d’arum d’Éthiopie.
Contrairement à la grande majorité des plantes d’intérieur, le Caladium est une plante caduque. C’est-à-dire qu’elle se démarque par deux phases dans l’année : une d’activité et de croissance, l’autre de repos végétatif. Durant cette deuxième phase, il ne reste que le tubercule, qui sera en dormance et émettra alors de nouvelles feuilles le printemps suivant.
1.3. Les variétés les plus courantes
Comme nous l’avons vu, le marché des Caladium est largement dominé par les nombreuses hybridations aux couleurs fantastiques. Toutefois, des espèces types sont également proposées. Parmi ces espèces et les hybrides les plus beaux, vous pourrez vous orienter vers :
Caladium bicolor

Il s’agit de l’espèce la plus courante, car c’est elle qui est à l’origine de la plupart des hybrides et coloris actuellement proposés sur le marché.
Caladium humboldtii

Variante nanifiée qui se reconnaît à son port plus compact et à ses petites feuilles plus arrondies. Elles sont presque entièrement blanches et ponctuées çà et là de vert foncé. Elle s’adapte très bien aux terrariums de par ses caractéristiques.
Caladium lindenii

Espèce moins courante que les précédentes, mais pour autant remarquable. Ses feuilles sont très longues et en forme de fer de lance. Elles sont d’un vert très profond, mais surtout largement nervurées de blanc et de vert très pâle. Une espèce réservée aux collectionneurs, car plus difficile à trouver.
Caladium ‘Miss Muffet’

Premier hybride qui ne ressemble presque plus à une plante d’intérieur naturelle tant il est extravagant. Compact, ses feuilles sont vertes presque fluo à blanches, nervurées de rose bonbon et mouchetées de rose fuchsia.
Caladium ‘Red Flash’

Une seconde variante aux feuilles vert foncé sur le pourtour et largement centrées de rose et de rouge. Quelques petites taches blanches viennent en plus moucheter chacune des feuilles.
Caladium ‘White Queen’

Un dernier hybride coup de cœur aux grandes feuilles presque intégralement blanches. Le contraste est d’autant plus saisissant avec des nervures fines mais bien prononcées, de couleur rose fuchsia. Le tout offre un hybride d’une incroyable élégance.
2. LA CULTURE DU CALADIUM
2.1. Le choix du pot et du substrat
Comme beaucoup de plantes à tubercules, le Caladium dispose d’un système racinaire large mais peu profond. C’est pour cette raison que vous devrez vous tourner vers ce type de pot. Ceux en forme de coupe s’avèrent de très bons choix.
Qu’ils soient en plastique, en résine ou en terre cuite, cela n’a que peu d’importance du moment que l’ensemble est bien drainé. De ce côté, le substrat y est aussi pour beaucoup, c’est pourquoi il est conseillé de le préparer vous-même en mélangeant :
- 50 % de terreau pour plantes d’intérieur
- 25 % de compost de feuilles bien décomposé pour reproduire la litière riche en humus des sous-bois
- 25 % de perlite ou de sable fin afin d’assurer un côté drainant et respirant au mélange.
Une fois le mélange réalisé, vous pourrez planter votre Caladium à l’intérieur en affleurant le substrat à la base de la motte actuelle. Si vous le plantez en tubercule endormi, celui-ci sera enfoncé à 5 cm de profondeur en veillant à positionner le côté bombé vers le bas pour que les bourgeons foliaires soient orientés vers le haut.
Lors de la phase de repos, une fois que les feuilles auront séché, le tubercule pourra être conservé dans son pot en arrêtant les arrosages, ou bien retiré du pot et conservé dans de la tourbe légèrement humide. De plus, il est important de le conserver au chaud, à au moins 18 °C durant toute cette phase. N’entreposez pas votre tubercule au garage ou dans un abri de jardin, car il n’y survivrait pas.
2.2. Le bon emplacement pour un Caladium
Vous l’aurez compris, le Caladium aime l’humidité, la chaleur et une lumière tamisée. C’est pour ces raisons que vous devrez lui trouver un emplacement lumineux mais sans soleil direct, qui pourrait brûler son feuillage fragile. La proximité d’une fenêtre orientée est ou nord-est est favorable à ses exigences.
La température joue aussi un rôle primordial ; elle doit être comprise entre 22 et 28 °C. Sous 18 °C, la croissance va fortement se ralentir. Il faut aussi absolument éviter les variations trop brusques et les courants d’air.
L’humidité ambiante est le dernier point indispensable à sa culture. Celle-ci doit être comprise entre 60 et 70 %. Certaines astuces permettent d’encourager cette stabilité, comme le fait de positionner votre pot sur une grande soucoupe remplie de billes d’argile et d’eau. En s’évaporant, l’eau va augmenter l’humidité atmosphérique autour de la plante tout en gardant la base des racines au frais. C’est une raison de plus pour laquelle les Caladium affectionnent tout particulièrement les terrariums tropicaux, qui répondent à tous ces critères.
En résumé, le Caladium demande des conditions précises et stables, sans quoi la fraîcheur et la beauté de ses feuilles s’en trouveraient immédiatement affectées. Voilà pourquoi ce n’est pas nécessairement la meilleure plante pour les débutants.

3. L’ENTRETIEN DU CALADIUM
3.1. L’arrosage
La fraîcheur du substrat est tout aussi indispensable que son drainage. En effet, un excès d’eau ou une humidité stagnante pourraient nuire au tubercule et donc à la plante. Il est indispensable de trouver le bon milieu où votre Caladium pourra s’épanouir avec succès.
Pour cela, vous devrez respecter les deux grandes périodes de l’année qui répondent à son cycle de développement.
Au printemps et en été, soit d’avril à septembre, la plante est en phase de croissance. Elle doit donc être arrosée régulièrement de manière à maintenir une fraîcheur constante. Les apports vont donc varier en fonction de plusieurs facteurs, c’est pourquoi vous devrez être vigilant et apprécier par vous-même quand il sera nécessaire de réaliser un nouvel arrosage.
En automne et en hiver, soit d’octobre à mars, vous devrez réduire les apports progressivement dès le début octobre. L’objectif est de créer une phase de transition jusqu’à la chute totale des feuilles, où vous devrez stopper tout arrosage.
Lorsque vous arrosez, utilisez toujours une eau non calcaire et à température ambiante. La régularité dans les apports et leur suivi est tout aussi importante que les informations prodiguées lors des chapitres sur la culture.
3.2. La fertilisation
L’apport d’engrais sur un Caladium permet d’encourager la pousse d’un feuillage de belle taille et aux couleurs prononcées. Il doit être toutefois modéré et sans excès azoté, qui rendrait alors le feuillage plus fragile. Fiez-vous toujours au « NPK » de l’emballage du fertilisant et choisissez absolument un engrais organique, beaucoup moins puissant et agressif qu’un engrais minéral.
Pour fertiliser, faites-le à raison d’un nouvel apport tous les 15 jours, de l’apparition des feuilles jusqu’en septembre. Au début, la croissance sera stimulée ; à la fin, les réserves pourront se reconstituer comme il le faut dans le tubercule.
Évidemment, durant la phase de repos, aucun apport d’engrais n’est à faire.
3.3. La taille
La taille du Caladium est un jeu d’enfant, sans doute la seule chose simple de son entretien. Elle consiste simplement à retirer les feuilles fanées lorsqu’elles le sont. Attention néanmoins à ne pas les couper avant leur brunissement total. En effet, durant la période où elles vont commencer à faner et à perdre en vigueur, toutes les réserves qu’elles contiennent vont rejoindre le tubercule. Les couper reviendrait donc à réduire la quantité de réserves indispensables qu’il pourra accumuler.
3.4. Les problèmes les plus courants
Les problèmes que l’on peut rencontrer lors de la culture d’un Caladium sont assez variés et courants lorsque l’on n’est pas assidu dans l’entretien prodigué. Voici les principaux et comment les résoudre :
- Les feuilles de mon Caladium se décolorent et perdent en intensité
Dans ce cas, deux problèmes peuvent en être la cause : le manque de lumière ou une carence en minéraux. Changez l’exposition si le problème peut venir de là et reprenez une fertilisation régulière et adaptée si ce n’était pas le cas.
- Les feuilles semblent avoir été brûlées
C’est à coup sûr un coup de soleil : votre Caladium a été exposé aux rayons du soleil qui lui ont brûlé les feuilles. Rappelons-le, jamais de soleil direct pour cette plante.
- Des taches brunes apparaissent à différents endroits sur le feuillage
Ici, il s’agit d’un air trop sec qui en est la cause, ou d’arrosages trop irréguliers, qui donnent le même effet. Brumisez les feuilles de temps en temps si votre air ambiant est trop sec, cela lui fera le plus grand bien. Quant aux arrosages, veillez à avoir une meilleure régularité.
- Les feuilles brunissent tout en se ramollissant
Vous faites face à un excès d’eau ou à un substrat pas assez drainant. Dans les deux cas, ces signes proviennent d’une asphyxie ; vous risquez même de voir le tubercule pourrir sous cet effet. Ajustez de toute urgence vos arrosages et prévoyez, si nécessaire, un rempotage avec un nouveau substrat.
- Des parasites se sont installés sur les feuilles
Il s’agit de pucerons ou de cochenilles, des insectes parasites qui se nourrissent de la sève et affaiblissent ainsi les plantes qu’ils convoitent. Pour vous en débarrasser, pulvérisez une solution de savon noir sur l’ensemble des feuilles. Deux jours plus tard, rincez-les bien à l’eau claire pour éliminer les insectes morts et les traces huileuses sur le feuillage.
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