PLANTES, Plantes pour le jardin

PLANTER LES FRUITS ROUGES

Fruits préférés des petits et des grands, les fruits rouges se déclinent en plusieurs espèces d’arbustes aux caractéristiques variées. Tous regroupent le point commun d’être de taille modeste, adaptés à tous types de jardins et d’une très grande facilité de culture. Que ce soit à picorer ou à cuisiner, la gamme des fruits rouges s’invite au jardin.

1. QU’EST-CE QU’UN FRUIT ROUGE ?

Lorsque l’on parle de fruits rouges, on fait évidemment référence aux plus connus que sont les framboises, groseilles ou cassis, mais il en existe bien d’autres pour varier les plaisirs. Les fraises sont des fruits rouges à part, qui ne seront pas abordés ici, car elles ne sont pas issues d’arbustes mais de plantes herbacées vivaces dont les conseils de culture sont différents.
Ceux qui nous concernent sont le fruit d’une fructification sous forme de baies ou d’infrutescences offertes par des buissons de taille modeste. Les récoltes sont souvent généreuses et proportionnelles à la taille de l’arbuste. Nul besoin de replanter les fruits rouges chaque année comme on le ferait avec les légumes du potager. Avec un entretien et une taille adaptée, vous les garderez pendant des années avec des rendements toujours plus importants à mesure de leur croissance.

2. BIEN CHOISIR SON FRUIT ROUGE

Avec les différentes variétés qui s’offrent à vous, le choix d’un fruit rouge n’est pas toujours chose aisée. Avant toute chose, vous devrez prendre en considération le développement de l’arbuste, ses besoins, mais aussi vos goûts et vos attentes.
Parmi les plus courants, on note :

2.1. La framboise

La framboise est la reine des fruits rouges juste après la fraise. Elle se picore directement sur le pied. Rose, jaune ou même violette, elle séduit énormément les petits et se consomme crue, en confiture, en tarte ou en coulis. Elle pousse sur des rameaux verticaux atteignant les 2 m de hauteur, qui sont émis par une souche traçante. Il faut compter au minimum 1 m² par pied. Beaucoup de variantes existent en termes de calibre et de rendement, qu’elles soient remontantes ou non remontantes. Avec un choix judicieux, les récoltes peuvent s’étaler de mai à septembre.


2.2. La groseille

Avec ses saveurs acidulées, la groseille convient aux palais les plus aguerris lorsqu’elle est consommée crue. On retrouve la groseille la plus populaire de couleur rouge, dont les oiseaux du jardin raffolent, mais des variantes transparentes, rosées ou légèrement dorées sont tout aussi bonnes et moins attractives pour les volatiles. Les grappes de fruits se forment sur un buisson dense dépassant rarement 1,7 m en tous sens. On les récolte en fin de printemps et on les consomme crues ou cuites, de toutes les façons possibles, et même en accompagnement d’entrées salées.

2.3. Le cassis

Le cassis est une variante assez proche de la groseille en tous points, que ce soit pour la forme de l’arbuste que pour les baies et leur texture. Moins acidulées que les groseilles, les baies sont également un peu plus grosses et toujours de couleur noire. Il existe plusieurs variétés que l’on différencie surtout par le calibre des fruits mais aussi par le rendement. On peut les consommer sous de nombreuses formes : crus, cuits, en coulis, en gelées, en sirops, etc. Le buisson adulte est un peu plus gros qu’un groseillier, prévoyez 1,80 m en tous sens.

2.4. La caseille

La caseille est une variante assez proche de la groseille en tous points, que ce soit pour la forme de l’arbuste que pour les baies et leur texture. Moins acidulées que les groseilles, les baies sont également un peu plus grosses et toujours de couleur noire. Il existe plusieurs variétés que l’on différencie surtout par le calibre des fruits mais aussi par le rendement. On peut les consommer sous de nombreuses formes : crus, cuits, en coulis, en gelées, en sirops, etc. Le buisson adulte est un peu plus gros qu’un groseillier, prévoyez 1,80 m en tous sens.

2.5. La groseille à maquereau

Tout comme la groseille classique, le groseillier à maquereau pousse en buisson. Il est beaucoup plus compact et petit, mais surtout très épineux. Les fruits sont quant à eux très sucrés avec une légère pointe acidulée moins marquée que sur la groseille rouge. Le calibre est lui aussi plus important, avec beaucoup plus de pulpe et de jus. C’est une très belle variante, tout comme les caseilles, pour sortir un peu des sentiers battus.

2.6. La mûre

La mûre est en fait le fruit de la ronce, une plante drageonnante qui doit être palissée pour faciliter sa culture mais surtout sa récolte. Contrairement à la ronce sauvage, celle cultivée est souvent dépourvue d’épines, fruit de sélections visant à rendre les récoltes moins périlleuses. Les fruits sont aussi plus gros que les sauvages mais plus acides. Ils doivent être consommés une fois arrivés à maturité complète pour une saveur plus sucrée. Au-delà du cru, vous pourrez la faire cuire pour en extraire le jus dans le but d’en faire du sirop, de la gelée ou du coulis.

2.7. Les myrtilles

Ce sont certainement les fruits rouges les moins cultivés, bien qu’originaux et très savoureux. Les myrtilles poussent sur des buissons d’environ 1 m de hauteur et de largeur, sous la forme de belles grappes de fruits de plus ou moins 1 cm de grosseur. On les grignote bien sûr directement sur le pied au fur et à mesure du mûrissement. Elles sont également très bonnes en confiture ou en tarte, crues ou cuites. Attention toutefois à la culture, car elles ne se cultivent pas du tout comme tous les fruits rouges précédents.

3. LA PLANTATION

3.1. Où ?

Les fruits rouges peuvent se planter de plusieurs façons et dans différents endroits. Si vous disposez déjà d’une parcelle destinée aux cultures potagères, ceci est idéal. En effet, vous pourrez les planter par espèce, c’est comme cela que l’entretien sera le plus simple, car chaque type de fruit rouge a ses exigences.

Quand les formes buissonnantes pourront être plantées en alignement libre, les formes drageonnantes que sont la mûre ou la framboise seront plus faciles à palisser. Pas obligatoirement le long d’un mur, mais pourquoi pas sur des fils tendus et horizontaux.

En dehors du potager, vous pouvez aussi les planter en haies gourmandes en compagnie d’autres arbustes à fruits ou non. S’ils sont simplement ornementaux, veillez à ce qu’ils ne présentent aucune toxicité végétative.

Enfin, les fruits rouges pourront rejoindre directement vos massifs du jardin d’ornement comme n’importe quels autres buissons. Cette solution est d’autant plus vraie pour les myrtilles et leur besoin d’ombre et de terre acide. La compagnie de plantes de terre de bruyère comme les rhododendrons, azalées ou hortensias est tout à fait profitable.

Dans tous ces cas, la plantation est préférable en pleine terre, mais certains fruits rouges pourront tolérer la plantation en pot avec beaucoup d’assiduité dans l’entretien pour envisager des récoltes convenables.

3.2. Quand ?

La saison de plantation idéale pour toutes ces plantes fruitières se situe de septembre à fin avril, en évitant bien entendu les périodes de gel. Aucun fruit rouge n’est gélif une fois en terre, profitez donc de cette large période où les pluies sont plus régulières pour vous éviter cet entretien indispensable.

C’est de toute façon à ce moment que le choix sera le plus grand au sein des pépinières, vous n’aurez alors que l’embarras du choix tout en mettant toutes les chances de votre côté.

3.3. Comment ?

La technique de plantation ne varie pas beaucoup d’une espèce à l’autre. Toutes étant complètement rustiques, seuls les mélanges pour composer le substrat idéal peuvent varier. Ceci est d’autant plus vrai pour le myrtillier et ses besoins en acidité.

Réalisez toujours un mélange composé de :

  • 50 % de terre végétale en place
  • 25 % de terreau pour plantes à fruits ou plantes fleuries
  • 25 % de compost bien décomposé pour enrichir le sol en humus

Le point phare d’une bonne récolte, peu importe l’espèce, est la richesse du mélange, ne négligez donc pas ce critère et cette préparation.

Pour le trou de plantation, il devra être d’au moins 2 à 3 fois le volume de la motte dans le but de bien ameublir le sol avant la plantation. Trempez les mottes et démêlez un peu le système racinaire pour accélérer l’enracinement et éviter la formation de chignons.

En pot, le procédé est le même, choisissez un pot d’une taille suffisante pour pouvoir observer un développement correct et une bonne fructification. Un diamètre d’au moins 50 cm est recommandé. Cette culture peut fonctionner pour les petits espaces ou les balcons, mais est à éviter avec les framboises ou les mûres qui ne donneront rien de concret.

4. LES ENTRETIENS

Une fois la plantation effectuée, les entretiens sont basiques mais très importants.

D’abord, avec un arrosage suivi si nécessaire durant la première année qui suit la plantation.

Ensuite, avec une bonne fertilisation au moins une fois par an en sortie d’hiver. Optez pour un compost enrichi d’un engrais organique riche en potasse, indispensable à une fructification abondante. Vous pouvez simplement épandre le mélange au pied de vos buissons dès la mi-février.

Pour continuer, avec l’épandage, une fois par an en automne, d’une couche supplémentaire de paillis organique comme un broyage de branches, des plaquettes de bois blanc ou de la paillette de miscanthus. Les paillis acides à base de pin sont à privilégier dans le cas de la myrtille.

Enfin, avec une taille appropriée surtout lorsqu’elle est nécessaire. Ce critère est particulier d’une espèce à l’autre, il n’y aura pas de généralité en matière de taille. Quand la groseille ou le cassis et leurs variantes ne subiront que des tailles de nettoyage, les framboises ou les mûres devront être constamment rajeunies pour encourager la formation de nouvelles tiges qui porteront des fruits l’année suivante. La myrtille, elle, sera même dispensée de toute taille, hormis les branches mortes possibles sur de vieux pieds.

Vous avez à présent toutes les cartes en main dans le choix et la mise en place de vos propres arbustes à fruits rouges, plantez, entretenez et récoltez !