Petite plante d’intérieur fascinante et colorée, le Syngonium ne fait pas partie des plus connues. Pourtant facile à vivre, élégante et avec une croissance rapide, elle coche beaucoup de cases, que ce soit pour les plus novices comme les plus confirmés. Avec ses jolies feuilles en forme de flèche et ses dimensions modestes, vous pourrez la glisser dans tous types de styles et tous types d’intérieurs. Penchons-nous de plus près sur le Syngonium.
1. DESCRIPTION DU SYNGONIUM

Aussi connu sous le nom de « plante flèche », le Syngonium est surnommé ainsi en raison de la forme de ses feuilles, semblables à des fers de lance. L’espèce dominante sur le marché est Syngonium podophyllum, dans laquelle bon nombre de cultivars existent. Ce genre appartient à la famille des Aracées, une grande famille qui regroupe également l’Anthurium, le Monstera ou encore l’Arum d’Éthiopie.
1.1. Origines
Tout droit venu d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, le Syngonium est une plante vivant dans les forêts tropicales humides du Brésil, de Bolivie et du Mexique. Il sait se faire un chemin en gravissant les troncs des arbres à la recherche de lumière. Cette atmosphère humide à souhait et chaude est l’environnement idéal pour cette plante.
Le genre des Syngonium fut décrit pour la première fois au XVIIIᵉ siècle par un botaniste autrichien spécialiste des plantes de la famille des Aracées. Son nom lui a ainsi été donné en référence au positionnement des graines dans ses fruits. Du grec viennent donc « syn » pour ensemble et « gone » pour graine.
Son introduction en Europe s’est faite un siècle plus tard, époque à laquelle bon nombre d’espèces furent importées pour compléter les larges collections des serres victoriennes. Leur arrivée au sein des rayons en tant que plante d’intérieur se fit bien plus tard, à partir des années 70, avec l’engouement pour les plantes à feuillages panachés.
1.2. Caractéristiques

Le Syngonium est une plante vivace tropicale au développement grimpant ou retombant selon le support. Son développement est rapide, mais ses dimensions restent modestes avec une culture en pot. Vous pourrez espérer en moyenne une plante adulte d’environ un mètre de longueur selon la taille du pot. Ses rameaux sont souples, c’est pour cette raison qu’il peut tout à fait être utilisé en suspension sans casser. Lorsqu’il est jeune, le Syngonium prend une forme de petite touffe ; les rameaux s’allongent dans un second temps. Offrez-lui un tuteur si vous souhaitez le faire grimper.
Son feuillage est son principal attrait. Chaque feuille est portée par un long pétiole, au bout duquel elle s’épanouit avec sa forme si particulière. La forme des feuilles évolue avec l’âge, ce qui est aussi intéressant et évolutif pour une plante d’intérieur. Elles sont dans un premier temps triangulaires et pointues, puis deviennent peu à peu de plus en plus lobées et découpées. Leur texture est légèrement brillante et les feuilles ne sont pas très épaisses. Côté couleurs, vous êtes servi, car il y en a pour tous les goûts, de tous les types de verts au blanc crème, argenté ou encore rose. Les hybridations cherchent de plus en plus à obtenir des nuances vives et variées, renforçant à chaque fois l’originalité du Syngonium.
En ce qui concerne la floraison, elle est très rare en culture et surtout en dehors d’une serre tropicale. Quoi qu’il en soit, celle-ci n’est pas très intéressante car elle est discrète. On la reconnaît à sa forme composée d’une spathe et d’un spadice.
1.3. Les variétés les plus courantes
Comme nous l’avons vu, les hybridations sont de plus en plus nombreuses dans le monde des plantes d’intérieur panachées ; le Syngonium ne fait pas exception. Parmi les plus beaux que vous pourrez vous offrir, en voici une sélection :
Syngonium podophyllum

Il s’agit de l’espèce type aux feuilles vertes et à la croissance vigoureuse. Elle est idéale pour débuter car c’est elle qui affiche la plus belle résistance du fait de l’absence de panachures.
Syngonium podophyllum ‘albo variegata’

C’est le cultivar le plus recherché chez les formes panachées. Les grandes feuilles sont très largement panachées de blanc, le tout de manière irrégulière sur chacune des feuilles. Alors que certaines ne seront que mouchetées, d’autres seront presque intégralement blanches.
Syngonium podophyllum ‘neon rose’

Voici une variante aux feuilles intégralement roses sur leur face supérieure. Avec un joli coloris pastel très décoratif se mêlent des notes plus vertes sur le revers de la feuille. Idéal pour des ambiances plus girly.
Syngonium podophyllum ‘white butterfly’

Un second cultivar à panachure blanche, toutefois bien différent du premier. La feuille est presque intégralement blanche, mais comme superposée sur un épiderme vert plus visible sur le pourtour de chacune d’elles. Il est un peu moins tape-à-l’œil que l’autre mais ne manque pas d’élégance.
Syngonium ‘milk confetti’

Avec cet hybride, vous aurez un peu de l’originalité de toutes les formes précédentes en une seule. Chaque feuille est blanc-vert, à la manière de ‘white butterfly’, mais avec en plus des taches de rose çà et là. Un véritable coup de cœur pour les amateurs de plantes bizarroïdes !
Syngonium ‘red spot tricolor’

Avec cette dernière, vous obtiendrez des feuilles nettement plus fines et allongées que toutes les autres de cette liste. Côté couleurs, elles sont toutes réunies sur une même feuille avec une dominance de vert sombre et de belles panachures vert clair, blanches et roses, aléatoirement réparties sur chaque feuille.
2. LA CULTURE DU SYNGONIUM
2.1. Le choix du pot et du substrat
Le système racinaire du Syngonium est relativement superficiel, c’est pour cette raison qu’il ne demande pas un pot démesurément grand. Privilégiez des formes plutôt larges et légères, surtout pour une plantation en suspension. Après l’achat, choisissez un pot deux fois plus gros que le pot de culture ; il sera changé pour une taille supérieure à chaque rempotage, tous les 2 à 3 ans, quand les racines commencent à sortir.
Pour ce qui est du matériau, le plastique ou la céramique conviennent bien, la terre cuite également. Le principal est qu’il soit percé au fond afin de pouvoir évacuer les eaux en excès. Le Syngonium est une plante qui aime la fraîcheur et l’humidité, mais lorsque celles-ci sont en excès dans le substrat, cela peut lui être néfaste.
En ce qui concerne le substrat idéal, le composer soi-même sera bien mieux. En effet, le Syngonium demande un mélange le plus proche possible de la litière forestière de son milieu d’origine. Dans ces conditions, il s’agit d’un substrat riche, léger et doté d’une bonne capacité de rétention tout en étant drainant. Pour cela, mélangez :
- 40 % de terreau pour plantes vertes
- 30 % de fibre de coco ou de tourbe blonde pour la légèreté
- 20 % de perlite pour l’aération
- 10 % d’écorces de pin broyées pour l’humus et une légère acidité
2.2. Le bon emplacement pour un Syngonium
Le Syngonium aime la lumière, mais sans soleil direct, surtout pour ses formes panachées, sensibles aux rayons du soleil. Une bonne luminosité est tout de même clé, car c’est grâce à cela que l’intensité des couleurs du feuillage va s’exprimer. De plus, en cas de manque, vous pourriez constater un ralentissement de la croissance ou un étiolement des tiges. L’emplacement idéal se résume donc à la proximité d’une fenêtre orientée à l’est ou au nord.
La température qu’on lui propose est aussi un critère important et doit être comprise entre 18 et 25 °C. Il n’est pas nécessaire de déplacer votre Syngonium dans une pièce plus fraîche en hiver pour induire une floraison qui n’arrivera pas quoi qu’il en soit. De plus, en dessous de 13 °C, la plante commence à souffrir. C’est aussi le cas en présence de courants d’air ou de changements brutaux de température.
Enfin, faites attention à l’humidité ambiante qui, si elle est trop sèche, pourrait abîmer le feuillage fin. Pour pallier ce problème, plus récurrent en hiver avec le déclenchement des sources de chauffage, une brumisation régulière du feuillage est à effectuer. Une seconde astuce consiste à placer votre pot sur une soucoupe remplie de billes d’argile et d’eau. Celle-ci va à la fois recueillir les eaux d’arrosage en excès, mais aussi augmenter l’hygrométrie autour de la plante en s’évaporant.

3. L’ENTRETIEN DU SYNGONIUM
3.1. L’arrosage
Comme nous l’avons vu, le Syngonium aime l’humidité, mais sans excès ni stagnation. L’arrosage doit donc être suivi, mais adapté à ses besoins. On distingue alors deux grandes périodes dans l’année où les apports varient quelque peu.
Au printemps et en été, cela correspond à la phase de croissance. Ici, l’arrosage se fait lorsque la surface du substrat a séché. En général, cela représente un arrosage toutes les semaines ou tous les 10 jours, selon la température et le volume du substrat.
En automne et en hiver, la plante entre en repos, bien qu’elle ne perde pas ses feuilles. Il faut donc réduire la fréquence des arrosages, car ses besoins diminuent. Comptez alors un apport tous les 15 jours à 3 semaines. Le but est que le substrat puisse sécher plus en profondeur entre les arrosages.
Dans tous les cas, utilisez toujours de l’eau non calcaire et à température ambiante afin de ne pas créer de stress inutile. Il en est de même pour la brumisation du feuillage, qui peut être faite une fois par semaine, peu importe la saison. L’objectif de cette action est double : dépoussiérer le feuillage et l’hydrater.
3.2. La fertilisation
L’apport d’un engrais adapté est indispensable pour avoir un feuillage en bonne santé et haut en couleur. Choisissez un engrais spécial plantes vertes, qui sera plus riche en azote qu’un engrais orienté pour les plantes à fleurs. Pour ce qui est de la fréquence d’apport, vous pouvez le faire toutes les deux à trois semaines, de mars à septembre.
En dehors de cette période, laissez votre Syngonium se reposer et stoppez tout apport.
3.3. La taille
Lorsqu’il est jeune, il n’est pas nécessaire de tailler le Syngonium. En revanche, dès que ses tiges commencent à s’allonger, des pincements d’extrémité peuvent inciter votre plante à rester plus compacte en se ramifiant.
Des tailles plus sévères sont aussi possibles pour raccourcir des tiges trop longues sur les plantes plus âgées. Coupez toujours au-dessus d’une feuille afin que la plante puisse se ramifier rapidement. Ces longues tiges pourront être bouturées en ne gardant qu’une feuille et un segment de 5 à 7 cm, le tout planté dans un substrat humide pour faciliter l’enracinement.
Enfin, une dernière taille consiste à éliminer les feuilles jaunies ou abîmées à l’aide de ciseaux. Ainsi, vous conserverez une plante fraîche, propre et en pleine vigueur.
3.4. Les problèmes les plus courants
Une fois lancée dans la culture du Syngonium, un entretien suivi permet de maintenir votre plante en pleine forme. Quelques incidents de parcours peuvent toutefois arriver sans que vous sachiez comment les résoudre. Parmi les plus courants :
- Les feuilles jaunissent prématurément sans sécher
Vous faites face à un excès d’eau ou à un mauvais drainage de votre pot. Réduisez les arrosages et prévoyez même un rempotage si les dégâts sont visibles sur plus d’un tiers de la plante.
- Les feuilles sèchent sur leur pourtour
Ici, c’est l’inverse : il se peut qu’un manque d’arrosage en soit la cause. De plus, un air trop sec provoque les mêmes effets.
- L’intensité des couleurs diminue progressivement, mon Syngonium perd en intensité, ses tiges s’allongent et il perd en densité
Le manque de lumière en est la cause ; déplacez simplement votre plante à un endroit plus lumineux. Un raccourcissement des tiges peut aussi s’envisager pour la densifier.
- Mon Syngonium ne pousse pas ou peu
Le contenant est peut-être trop petit ou le rempotage date d’il y a trop longtemps. L’absence ou le manque de fertilisation peut aussi entrer en jeu.
- Des ravageurs semblent présents sur les feuilles
Ce sont souvent des cochenilles, pucerons ou acariens, des insectes qui se nourrissent de la sève des plantes et les affaiblissent avec le temps. Des nécroses et des déformations foliaires peuvent survenir ; il faut donc les éliminer. Pour cela, munissez-vous d’une microfibre humide ou pulvérisez une solution de savon noir. Nettoyez bien les feuilles quelques jours après le traitement pour ôter toutes les traces huileuses résiduelles et les insectes morts.
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