Elément décoratif à part entière dans le jardin, la bordure végétale, minérale ou organique est de plus en plus utilisée. Le choix en la matière est si grand qu’on pourra l’adapter dans absolument tous les jardins. Que le vôtre soit « à la française », anglais, japonais, contemporain ou même minéral … Tout est possible !

1. POURQUOI LES BORDURES ?

Les bordures sont un peu « la cerise sur le gâteau » dans le jardin car elle donne un véritable côté fini à l’ensemble avec pour rôle principal la délimitation d’espace. Elles sont pour cela tout aussi décoratives qu’utiles au jardinier qui pourra lire distinctement les différentes zones de son jardin et apporter un petit plus à son espace de verdure.

Dans la plupart des cas, vous utiliserez les bordures pour séparer un massif planté d’un gazon ou d’une allée. Les plantations seront alors bien mieux mis en valeur et la bordure permettra aussi de retenir la terre et le paillis tout en évitant que ce dernier ne viennent s’épandre sur le gazon ou la surface minérale de l’allée. Dans des circonstances où le terrain est en pente, elles auront un rôle de soutènement encore plus prépondérant pour un travail de la pente en paliers plantés.

Les bordures ne seront pas obligatoirement petites et linéaires, c’est pourquoi elles pourront également s’inscrire comme tout autre élément décoratif. Elles délimiteront ainsi l’espace simplement pour le regard et dans ce domaine, toutes les folies sont possibles en matière de créations.

2. LES DIFFÉRENTS TYPES DE BORDURES

Les bordures peuvent prendre toutes les formes avec une quantité innombrable de matériaux différents. Chacun peut faire les bordures à son image et avec ce dont il a envie. Parmi les méthodes les plus utilisées, on pourra noter les suivantes :

1.1. La bordure entretenue

Avant de parler de bordures réelles, intéressons-nous aux bordures fictives utilisées parfois par certaines personnes. Dans ce cas, aucun matériau ou plante n’est utilisé pour jouer ce rôle. En effet, la jonction entre la surface engazonnée et la surface plantée est tout simplement entretenue régulièrement par le jardinier à l’aide d’un coupe bordure manuel qui laissera toujours cette délimitation nette et propre comme au premier jour. Cette méthode demande beaucoup de patience mais ne nécessite qu’un simple outil.

2.2. La bordure végétale

C’est sans l’ombre d’un doute la façon la plus naturelle et paysagère de confectionner une bordure. Cependant, comme pour la bordure entretenue, le travail sur la bordure végétale est lui aussi important surtout au point de vue de la taille des plantes.

Pour ce qui est du choix des essences, tout est possible dans la mesure où vous choisissez parmi les plantes basses afin de ne pas masquer celles du second plan. Les deux grandes catégories sont les suivantes :

Les plantes vivaces seront les plus basses mais aussi les plus dures à maintenir puisque leur volume est aussi associé à leur floraison. Il faudra exclure une taille droite, car la floraison pourrait s’en trouver supprimée. Une bordure de vivaces ne pourra donc pas être linéaire à la perfection mais aura un aspect plus ‘sauvage’ ne déplaisant toutefois pas à certains jardiniers.

Pour citer quelques exemples, vous pourrez planter Persicaria affine, Campanula muralis, Helianthemum, Geranium ‘biokovo’, Carex morrowi ‘ice dance’…

Les arbustes seront quant à eux plus courants puisqu’ils sont utilisés dans ce but depuis des centaines d’années dans nos célèbres jardins « à la française ». A ce titre, les Buis sont les rois surtout lorsqu’il s’agit de faire de belle lignes droites et une délimitation propre et verte. Parmi les arbustes, vous pourrez opter pour des bordures carrées ou arrondies en moutonnement, suivant le résultat voulu.

Au carré, choisissez donc du Buis ou aussi Ilex crenata, Berberis, Taxus baccata ou Euonymus japonicus pour des bordures plus hautes. Peu importe l’espèce choisie, les bordures feront entre 10 et 30 cm de hauteur et c’est pourquoi vous devrez espacer les pieds de 20 à 30 cm pour un résultat bien dense.

En moutonnement, le choix pourra s’orienter vers les Lavandes, Santotine, Choisya ternata ‘white dazzler’, Erica x darleyensis, Euonymus fortunei ou Pittosporum tobira ‘nana’ pour les régions les plus chaudes.

Dans les deux cas, une taille régulière de une à deux fois par an selon les espèces devra être pratiquée pour maintenir la bordure en forme. C’est aussi cela qui permettra de donner un côté changeant au fur et à mesure de la croissance des plantes. Les formes et couleurs changent ainsi au fil des saisons.

2.3. La bordure tressée

La bordure tressée est l’une des plus artisanales puisqu’elle peut se mettre en place même pour les plus novices en jardinage. Autrement appelées plessis, elles se frabriquent avec des branches souples et droites de 10 à 30 mm de diamètre. Les essences utilisées sont des arbres comme les Noisetiers, Saules ou Châtaigniers qui répondent tout à fait aux critères de souplesse et de rectitude.

Le gros avantage de cette technique est que la matière première est gratuite si vous disposer de ces arbres. Dans le contraire, vous pourrez toujours demander l’autorisation d’en prélever ailleurs. De plus, il est tout à fait possible de travailler aussi bien en ligne droite qu’en courbe, rendant cette bordure passe-partout. À noter que plus votre piquet planté sera haut et plus votre bordure pourra l’être elle aussi.

Astuce : Pour un résultat optimal, veillez à remplacer le plessis tous les 4 ou 5 ans en fonction de l’état de décomposition du bois.

De plus, une seconde astuce vise à utiliser du fer à béton en guise de piquets dans le sol pour une durée de vie de l’ensemble encore meilleure.

A savoir : Pour les moins bricoleurs, d’entre vous, elles existent déjà tressées en différents matériaux comme la Bruyère, le Saule ou le Miscanthus. Elles n’auront plus qu’à être plantées !

Le système de tressage peut aussi s’appliquer à des bordures de soutènement pour la création de niveaux plats dans les jardins en pente si vous ne souhaitez pas concevoir un mur classique en béton. Le bois devra être ici autoclave et le tressage se fera avec des planches souples mais solides elles aussi autoclaves que vous trouverez en magasin de matériaux.

2.4. La bordure minérale

Beaucoup plus durable et avec moins d’entretien que les précédentes, la bordure minérale se réaliser avec divers matériaux qui auront tous un aspect et donc un rendu différent. Surtout utilisé en bordure d’allée, elle permet de faire une démarcation sans pour autant être très haute. Elle reste discrète mais doit se fondre parfaitement avec le reste du jardin pour plus de cohérence.

Son gros avantage est sa durabilité si le travail de conception a été bien fait. Néanmoins, le coût d’une bordure minérale est bien plus élevé que pour les autres car vous devrez compter le minéral, le mortier mais aussi la main d’œuvre d’une entreprise si vous ne souhaitez pas le faire vous-même.

Pour citer quelques matériaux possibles, il y aura :

Les bordures en béton moulé : Idéal pour les lignes droites mais assez basique d’aspect.

Les briques : Touche de rappel dans les jardins où la maison comporte des briques. La couleur fait aussi bien ressortir le végétal.

Les pavés de rue : Différentes tailles existent pour un très beau rendu en bordure d’une surface dallée.

Les murets : Pas vraiment considéré comme une bordure en tant que tel, il marque toutefois une délimitation appréciable surtout en terrains pentus.

2.5. La lame

Synonyme de modernité et très en vogue en ce moment, la lame délimite proprement et de façon très discrète une allée d’un massif ou d’un gazon. Vous pourrez l’utiliser de deux façons :

            - Enterrée presque complètement pour donner l’effet de la bordure entretenue sans le travail qu’elle implique.

            - Ressortie du sol pour mettre en valeur un massif et abaisser le gazon ou l’allée par rapport à celui-ci.

Selon votre budget, vous pourrez choisir différentes sortes de lames :

La lame en acier : Il s’agit de la plus solide mais aussi la plus onéreuse. De plus, elle ne s’utilise quasiment qu’en ligne droite car elle ne peut être pliée qu’à l’aide d’outils spéciaux.

La lame en plastique recyclé : Durable, légère et souple, elle est très facile. En revanche, sa faible largeur empêche de la faire ressortir du sol de plus que quelques centimètres. On l’utilise donc elle aussi pour un aspect enterré.

La toile anti-rhizomique : Même si elle n’est pas conçu pour cela au départ, elle s’avère être très pratique pour les courbes d’autant qu’il est possible de la couper à la largeur voulue. En effet, à l’achat, sa largeur est de 60 cm, vous pouvez donc par exemple couper 3 bandes de 20 cm dans une seule largeur. Ce sera ainsi plus économique mais peut être aussi  moins rigide.

Astuce : Pour couper la toile anti-rhizomique sur sa largeur, utilisez un scie sauteuse et le tour est joué !

Si vous remarquez que la lame a du mal à ternir en place, plantez les piquets en bois autoclave tous les 50 cm surtout pour la toile anti-rhizomique qui est très souple. Vissez ensuite l’ensemble de manière à solidariser l’ouvrage.

2.6. La bordure bois

La bordure bois reprend un peu le principe de la lame mais avec un autre matériau que l’acier ou le plastique. Cette technique est surtout utilisée pour les potagers qui sont bien souvent carrés ou rectangulaires pour plus de facilité dans la culture et la récolte des fruits et légumes. Choisissez des planches d’une épaisseur de 35 à 40 mm et d’une largeur variant suivant la hauteur dont le potager sera surélevé. Privilégiez une fois encore le bois autoclave qui résistera bien plus longtemps à l’humidité et à la terre.

Plantez à nouveau des piquets tous les mètres du côté intérieur pour une bordure nette et solide de l’extérieur. Faite bien sûr en sorte que l’ensemble soit de niveau car cette bordure sera très visible.

Plus rarement vous pourrez utiliser pour de grand massifs droits de vieilles traverses de chemin de fer qui sont réputées imputrescibles tant elles ont été traitées. On peut aussi les utiliser pour créer des nez de marche au large empâtement. Pour ce bois-là, il est tout aussi compliqué de travailler en courbes donc cette bordure ne conviendra pas dans toutes les situations.

2.7. La bordure décorative

Cette dernière bordure à plus un rôle esthétique et de délimitation que la séparation d’un massif et d’un gazon. Très moderne, elle joue un rôle purement décoratif dans le jardin.

Les réalisations les plus folles pourront voir le jour et il n’y aura donc pas d’exemples type. Il en est de même pour les matériaux qui pourront être le bois, le fer, la pierre, etc…

La seule chose à respecter pour que cela soit considéré comme une bordure est qu’il y est un alignement des matériaux en ligne droite ou en courbe, pour le reste laissez place à votre imagination…

En ce qui concerne l’endroit de mise en œuvre, cela peut être aussi bien dans un gazon que dans un massif.

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