Juteuse et sucrée à souhait, la Prune est l’un des fruits phares des étals du primeur lorsque la saison débute. Appréciée des petits et des grands, elle séduit les papilles de celui qui la déguste, autant fraîche qu’en confiture ou même séchée sous la forme de Pruneaux. Nous allons découvrir ce fruit dans les moindres détails, tant par ses différentes variétés que son histoire, ses bienfaits mais aussi la réussite de sa culture dans votre jardin.

1. UN PEU D’HISTOIRE

L’origine lointaine de la Prune telle que nous la connaissons aujourd’hui demeure assez floue. D’après certains spécialistes, notre Prune domestique qui se décline en bon nombre de variétés proviendrait d’un croisement entre des espèces européennes et asiatiques il y a plusieurs milliers d’années.

Pour preuve, les archéologues auraient découvert des noyaux similaires à ceux des Mirabelles dans des sites datant de -2500 à -800 avant J.C. De même, les Égyptiens plaçaient en offrandes aux dieux des Prunes dans les tombeaux des Pharaons.



En Europe, il s’est avéré que comme dans la plupart des fruits cultivés de nos jours ce soient les Romains qui aient encouragé leur production avec les 12 variétés de l’époque. En France, il faudra attendre le Moyen-âge pour que ce fruit soit cultivé dans le but d’être consommé un peu de la même manière qu’actuellement : cru, en tarte mais surtout en confitures. L’une d’entre elle, la ‘reine claude’ fut même appelée ainsi en l’honneur de la femme du roi François 1er. Elles furent ensuite hybridées afin de multiplier les saveurs, calibres, textures, formes et couleurs pour en compter de nos jours environ 300 espèces cultivées pour leurs fruits et plusieurs centaines de plus si l’on compte également les Pruniers ornementaux.

Une expression est même née de la Prune « pour des prunes » avec pour signification de comparer une chose à sa faible importance. Selon la légende, des croisés seraient partis en expédition afin de rapporter de nouvelles ressources mais n’ayant rien trouvé de probant sur leur passage, seraient finalement rentrés avec pour seul butin des pieds de Pruniers. Tout le monde se serait moqué d’eux en disant qu’ils étaient partis pour des Prunes. Cette expression a traversé les siècles pour avoir toujours une résonance de nos jours.

2. LA PRUNE EN FRANCE

La Prune n’est pas le fruit le plus consommé en France. En effet, elle n’arrive qu’en 15e position, sans doute en raison de sa saisonnalité, la rendant disponible que peu de temps sur les étals. Il est plus facile de la consommer transformée.

La production à la simple destination d’être consommée fraîche est de plus d’1,4 millions de tonnes en Europe avec les trois plus gros producteurs que sont la Roumanie, la France et l’Espagne.

En France, nous produisons plus de 50 000 tonnes par an essentiellement dans le sud du pays, en Midi-Pyrénées, Provence-Alpes Côte d’Azur et Rhône-Alpes.

Le Français consomme un peu plus d’un kilo par an, une mention tout à fait honorable pour un fruit d’environ 30 g.

3. POURQUOI MANGER DES PRUNES ?

La Prune est ce que l’on pourrait appeler un fruit passe-partout dans le sens où il peut se consommer de dizaines de façons différentes et qu’il est en plus très bon pour la santé. Juteux et sucré à souhait, c’est un fruit à la fois désaltérant et peu calorique qui peut se consommer à tout moment sans être considéré comme un grignotage mauvais pour la santé.

Il est très riche en minéraux, vitamines et fibres, le rendant très digeste et favorisant même un bon transit. Les Prunes sous formes de Pruneaux sont réputées pour leur effet laxatif, utiles contre la constipation.

Ces fruits ont la peau lisse et une grande partie des vitamines se trouve dans la peau, un simple rinçage suffit pour les consommer, il serait à l’inverse inutile et fastidieux de vouloir les éplucher.

Pour aller plus loin dans leur composition, voici la composition nutritionnelle pour 100 g de Prunes, ce qui équivaut de manière globale à 3 ou 4 fruits (un peu plus dans le cas des Mirabelles) :

Calories : 48,7 Kcal

Protéines : 0,66 g

Glucides : 9,41 g

Lipides : 0,29 g

Vitamine C : 7,25 mg

Bêta carotène : 0,19 mg

Potassium: 149 mg

Phosphore : 17,8 mg

Calcium : 7,29 mg

Magnésium : 6 mg

4. DE LA PLANTATION À LA RÉCOLTE

Si vous souhaitez récolter vos propres Prunes, vous pourrez trouver des Pruniers prêts à planter en magasin. Cependant plusieurs étapes sont obligatoires pour arriver à une véritable production de fruits.

4.1. Le choix et la plantation

Tout d’abord, vous devrez choisir le Prunier qui vous convient le mieux. Pour cela, plusieurs formes  s’offrent à vous, le choix se fait en fonction de la grandeur de votre jardin et de la place que vous pouvez lui consacrer. Notez qu’un Prunier est un arbre de grande taille qui a besoin de place autant en hauteur qu’en superficie pour être en bonne santé. Sa plantation demande donc cette réflexion au préalable puisqu’il résidera à l’endroit choisit plusieurs dizaines d’années.

La hauteur de greffe varie alors entre une Basse tige, Demi-tige ou Haute tige. Les premiers, greffés au pied permettront d’accéder plus facilement aux fruits mais seront plus encombrants au sol alors que les derniers seront plus hauts mais vous pourrez circuler aisément autour du tronc.

La meilleure saison pour les planter est de novembre à mars. Retrouvez-les alors en racines nues à moindre coup pour un taux de reprise quasiment similaire au conteneur.

Une fois l’arbre en main, il ne vous restera plus qu’à le planter dans un sol riche, frais et profond en veillant à faire une belle fosse de plantation. Pralinez les racines pour un arbre acheté en racines nues. Choisissez toujours une exposition le plus ensoleillée possible de manière à favoriser la maturation des fruits ainsi qu’une meilleure floraison.

4.2. La taille

Les travaux de taille, sont indispensables pour former l’arbre. Contrairement aux fruits à pépins, les arbres à noyaux supportent mal les tailles à l’âge adulte. En effet, ce sont des arbres qui ont du mal à cicatriser et peuvent donc rapidement tomber malade ou s’épuiser en essayant de le faire.


Les travaux de taille sont indispensables pour former l’arbre. Contrairement aux fruits à pépins, les arbres à noyaux supportent mal les tailles à l’âge adulte. En effet, ce sont des arbres qui ont du mal à cicatriser et peuvent donc rapidement tomber malade ou s’épuiser en essayant de le faire.

La taille de formation, les 3 premières années de sa vie, vise donc à aérer sa charpente, cibler les futures branches charpentières pour éliminer les plus faibles tant qu’il est encore possible… après, il sera trop tard !

Notez que sur ce type d’arbre, il faut éviter de couper des branches plus grosses que le diamètre d’un pouce.

Le principe de la taille de formation est expliqué en détail dans notre fiche sur la taille des arbres fruitiers.

C’est aussi pour cette raison que vous ne trouverez jamais de Cerisier en palmettes ou formes taillées à palisser, ils ne donneraient alors que de mauvais rendements.

4.3. La production des fruits

Les Pruniers ne sont pas tous des arbres autofertiles, surtout une bonne partie des Prunes ‘reine claude’. Fort heureusement, si vous ne souhaitez pas en planter plusieurs, plusieurs variétés le sont. La pollinisation se fait naturellement dans un périmètre de 100 m autour de l’arbre, renseignez-vous aux alentours avant de planter le vôtre, avec un peu de chance vos voisins en ont déjà qui pourraient assurer une pollinisation de qualité.

Une fois planté, vous devrez faire preuve de patience car le Prunier n’est pas l’arbre le plus rapide pour donner des fruits. En effet, il faut bien souvent attendre 5 à 7 ans avant de profiter des premières récoltes dignes de ce nom. Avant cela, la production est relativement aléatoire, l’arbre n’étant pas adulte, il se consacre dans un premier temps à son système végétatif.

4.4. La récolte et la conservation

Le Prunier est un arbre qui est long à s’installer mais qui produit durant de nombreuses années. Il n’est pas rare qu’il puisse vivre jusqu’à plus de 40 ans, avec presque autant d’années de récoltes.

Il fleurit au printemps et ses fruits sont mûrs à partir du mois de juillet et jusqu’en septembre pour les variétés les plus tardives. Cette récolte varie aussi en fonction de la région où vous résidez. Il se cultive aussi bien au nord qu’au sud mais les récoltes seront plus précoces dans le second cas.

Pour bien les récolter, le travail doit se faire à la main car ce sont des fruits sensibles qui se tâchent facilement lorsqu’ils sont choqués. Vous déterminerez le bon moment assez simplement puisque les Prunes doivent être souples, colorées et parfumées mais pas trop molles. Un simple toucher permet de s’en rendre compte très simplement.

Que vous les cueilliez ou les achetiez, vous pourrez remarquer sur certaines variétés une fine poudre blanche, il s’agit de la pruine. Cette substance est tout à fait naturelle et permet au fruit de se protéger de la chaleur, gage d’une bonne fraîcheur. Lavez bien les fruits avant de les consommer ou les cuisiner pour ôter cette pruine.

Pour ce qui est de la conservation, fraîches, vous pourrez les garder dans un endroit frais à l’abri de la lumière si elles ne sont pas trop mûres. Plus avancée en maturation, stockez-les une dizaine de jours dans le bac à légume du réfrigérateur. Prenez soin de les sortir quelques heures avant de les déguster afin de réveiller les saveurs.

Sur le plus long terme, plusieurs possibilités s’offrent à vous :

- La congélation : Les Prunes se congèlent à merveille après avoir été lavées et dénoyautées.

- La cuisson : Que ce soit en confiture ou bien stérilisées en bocaux, ces deux solutions sont aussi de bons moyens d’en profiter durant des mois.

- Le séchage : Que vous les achetiez en pruneaux ou le fassiez vous-même au four, le séchage concentre le sucre et change d’une traditionnelle confiture.

5. LES VARIÉTÉS LES PLUS CONNUES

Nous l’avons vu, le nombre de variétés de Prunes est très vaste. Parmi les plus populaires et les plus goûteuses, voici notre sélection :

Goutte d’or ou Golden drop

Récolte : Septembre

Calibre : Très gros

Goût et utilisation : Prune à chair verte, juteuse et très sucrée. Elle se conserve bien crue en raison de sa récolte tardive

Monsieur hâtif

Récolte : Début août

Calibre : Gros fruit

Goût et utilisation : Espèce vigoureuse à bon rendement. Son goût est parfumé et sa texture fondante pour un fruit violet à chair jaune.

Mirabelle de Nancy

Récolte : Août. Autofertile

Calibre : Petit

Goût et utilisation : La plus populaire de toutes les Prunes pour ses saveurs sucrées connues et reconnues. Elle est idéale en tarte et pour la cuisson ou la congélation.

Prune d’ente

Récolte : Août à septembre. Autofertile

Calibre : Gros

Goût et utilisation : Aussi appelé Prune d’Agen, elle sert surtout à la confection des Pruneaux. Elle se confond avec la Quetsche de par sa forme mais est beaucoup plus sucrée et juteuse.

Quetsche

Récolte : Septembre. Autofertile

Calibre : Moyen

Goût et utilisation : Prune populaire en raison de sa chair bien ferme, pas trop sucrée, sa bonne production et conservation. Idéale en cuisson.

Reine claude d’Oullins

Récolte : Début août. Une rare ‘reine claude’ autofertile.

Calibre : Gros

Goût et utilisation : Variété vigoureuse aux fruits sucrés et fondants. Proche de la Mirabelle avec un plus gros calibre.

Reine claude verte bonne

Récolte : Août

Calibre : Moyen

Goût et utilisation : Une Prune locale originaire de Haute-Normandie aux saveurs envoûtantes. Très sucrée et juteuse, elle est elle aussi idéale en tarte ou préparée.

Reine claude violette

Récolte : Septembre

Calibre : Gros

Goût et utilisation : Fruit rond, juteux et savoureux avec une touche nettement plus sucré que la Quetsche. Très bonne résistance à la cuisson.

Reine claude dorée

Récolte : Août

Calibre : Moyen

Goût et utilisation : Plus petite que la ‘reine claude d’Oullins’, elle est aussi plus sucrée et sa robe plus jaune. Juteuse et parfumée, elle se laisse déguster sans faim.

Victoria

Récolte : Début septembre

Calibre : Très gros

Goût et utilisation : Prune à chair ferme rouge violacé et agréablement parfumé. Variété très productive et rustique.

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