Petite plante vivace reine du début de printemps, l’Aubriète fait partie des premières à se recouvrir de fleurs. Elles amorcent le retour des beaux jours aux jardiniers et l’envie de retourner dehors. Colorées, généreuses et facile à vivre, ce petit genre trouvera sa place en petit ou en grand jardin.

1. DESCRIPTION

Originaire d’Europe et d’Asie, les Aubriètes sont des plantes qui affectionnent les éboulis et les ambiances rocheuses mais on les retrouve également dans les forêts de conifères. Aubriète, Aubrieta, de leur nom vernaculaire au scientifique, il n’y a qu’un pas. Elles appartiennent à la famille des Brassicacées au même titre que la moutarde, pour avoir un exemple plus connu.

1.1. Caractéristiques

L’Aubriète est une petite plante vivace, c’est à dire qu’elle repousse tous les ans. Son aspect est une petite touffe dense lorsqu’elle est jeune mais qui a malheureusement la fâcheuse tendance à se dégarnir avec l’âge. Sa durée de vie n’est pas excessivement longue, il faut tabler sur environ 5 à 7 ans, au-delà, mieux vaut les remplacer car elles deviennent moins florifères.

Ses feuilles sont persistantes mais perdent tout de même de leur éclat durant l’hiver. Elles sont petites, oblongues et pubescentes (recouvertes de minuscules poils). Leur couleur est vert clair et certains cultivars sont panachés de jaune ou de blanc, ces dernières sont alors plus lumineuses et un peu moins connues.

La floraison, raison principale pour laquelle l’Aubriète est si populaire, se produit entre avril et mai avec une véritable profusion. Chaque fleur est symétrique sur la hauteur mais pas la largeur un peu comme pourrait l’être un papillon. Les couleurs sont souvent pastel, roses, blanches ou violacées, beaucoup de nuances existent. Elles apparaissent sur le bourgeon terminal de chaque tige pour recouvrir la quasi-totalité de la touffe.

Sa croissance, elle est plutôt rapide aux vues de la taille de la plante. Le froid n’est pas un souci pour l’Aubriète, c’est une plante très rustique qui n’a qu’une ennemie : l’humidité stagnante.

1.2. Les différentes variétés

Il n’existe qu’une douzaine d’espèces d’Aubriète mais beaucoup de celles qu’on trouve dans le commerce sont issues d’hybridations naturelles ou non. Les sélections ont pour but d’offrir de nouvelles teintes ou bien des feuilles plus colorées, des touffes plus compactes sur le long terme. Voici la nôtre :

Aubrieta ‘hamburger stadtpark’

Hauteur x Largeur : 10 cm x 60 cm

Caractéristiques : Cultivar au port léger et aux belles petites fleurs nuancées de bleu violacé.

Aubrieta ‘cascade red’


Hauteur x Largeur : 10 cm x 60 cm

Caractéristiques : Variante à fleurs roses carmin, proche du rouge

Aubrieta ‘cascade purple’

Hauteur x Largeur : 10 cm x 60 cm

Caractéristiques : L’un des cultivars les plus foncés avec de belles fleurs d’un violet assez sombre

Aubrieta ‘cascade blue’

Hauteur x Largeur : 10 cm x 60 cm

Caractéristiques : Subtiles fleurs d’un joli bleu pastel

Aubrieta ‘dr mules variegated’

Hauteur x Largeur : 10 cm x 60 cm

Caractéristiques : Joli feuillage panaché de vert et de blanc doré, portant une floraison bleutée abondante

2. LA PLANTATION

Au même titre que les plantes vivaces proposées en godets, les Aubriètes sont des plantes facile à planter. Certains les utilisent même comme plantes saisonnières. Vous n’avez qu’à définir l’emplacement idéal pour les installer, en suivant quelques exigences et le tour est joué !

2.1. Dans quelle exposition ?

Comme toute plante rocailleuse, l’Aubriète affectionne tout particulièrement les conditions ensoleillées. Même le soleil ardent ne lui fait pas peur, elles en a d’autant plus besoin pour fleurir correctement. L’ombre et la mi-ombre ne sont pas conseillées, elles ne feraient que rendre le port épars et la floraison irrégulière et terne. Veillez à ce qu’il y ait un paillis plutôt minéral à son pied pour coller au mieux avec son habitat naturel, la pouzzolane, le schiste ou l’ardoise sont de bonnes solutions.

2.2. Dans quel sol ?

Le sol idéal pour l’Aubriète doit être drainant mais riche. Contrairement à ce que l’on pourrait penser en raison de son affection pour les rocailles, les sols pauvres ne lui conviennent pas. Sa floraison s’en trouve amoindrie et sa croissance également. Le risque est surtout de la voir se dégarnir plus rapidement qu’à l’accoutumé. Point de vue pH, elle a aussi une préférence pour les sols alcalins, chose assez rare car il est souvent compliqué de fleurir les sols calcaires, une aubaine pour les jardiniers confrontés à ce souci.

Vous pouvez apporter, à la plantation, un amendement composé de terreau, de sable et d’un peu de magnésie pour le côté alcalin. Méfiez-vous de l’humidité stagnante qui peut encourager le développement de maladies cryptogamiques comme l’Oïdium.

2.3 Quand ?

Comme toutes les plantes n’appréciant pas l’excès d’humidité, la meilleure saison pour planter de l’Aubriète reste le printemps. Vous trouverez tout le choix dans le rayon plantes vivaces à partir de mars et jusqu’à ce que leur floraison soit terminée. Comptez environ un mois d’avance par rapport au mois de floraison naturel. En production, cette dernière se trouve anticipée, c’est pourquoi vous pourrez voir et acheter toute la collection en fleur au mois d’avril.

En godets ou en conteneur, libre à vous de choisir la taille qui correspond à vos attentes à l’instant T.

2.4. En pot ou en pleine terre ?

Les meilleurs résultats de culture sont en pleine terre. Malgré un enracinement faible, il faut savoir qu’il n’est pas évident de garder l’Aubriète dans un bel état en pot. Elle s’écarte rapidement dès le moindre stresse et son aspect n’est de toute façon pas époustouflant dans les compositions sur la terrasse. Mieux vaut privilégier les plantes à floraison estivale pour ces conditions.

Eventuellement, vous pourriez en glisser un pied dans une composition printanière, il sera replanté ensuite au jardin.

3. L’ENTRETIEN

L’Aubriète est une petite plante d’apparence fragile, mais il n’en est rien. Seule la phase d’enracinement peut être préjudiciable à sa reprise. Pour éviter tous problèmes, un petit entretien ne fait pas de mal.

L’arrosage :

Les premières semaines qui suivent la plantation, faites un arrosage suivi mais pas excessif. Évitez d’arroser tous les jours même par temps sec, ce serait une grossière erreur. Espacez de quelques jours entre deux apports. Gardez toujours à l’esprit d’intervenir si cela est nécessaire, en cas de conditions pluvieuses, il faut vous adapter. L’eau de pluie ou l’eau du robinet, les deux conviennent puisque le calcaire ne les dérange pas.

La fertilisation :

Contrairement à l’arrosage, la fertilisation est secondaire. En effet, cette plante n’aime pas les sols pauvres, nous l’avons vu. Néanmoins, un excès de fertilisation pourrait, à l’inverse, favoriser le feuillage au détriment de la floraison. Notez que le simple apport de terreau au moment de la plantation et les réserves naturelles du sol sont suffisants.

La multiplication :

Multiplier un pied d’Aubriète n’est pas chose aisée. À grande échelle, les horticulteurs ont recours aux semis avec des semences sélectionnées. Le semis spontané est rare et en plus peu fidèle au pied mère en raison des hybridations. Vous, en tant que jardinier, pourrez en revanche utiliser la technique du bouturage.

Ce bouturage se fait en juin avec le prélèvement de jeunes pousses qui seront bouturées à l’étouffée. Le taux de reprise dépend de la façon dont vous procédez. Pour de bons résultats, choisissez un terreau spécial semis et dans des clayettes placées sous serre afin qu’elles bénéficient d’une chaleur plus constante qu’en extérieur.

4. LA MISE EN SCÈNE

Comme la culture en pot n’est pas recommandée, concentrez-vous directement sur un emplacement de choix au jardin. Les Aubriètes peuvent se planter par touches de plusieurs directement plantées en rocaille minérale. Pour les accompagner, vous disposez d’un large choix de plante de ce type, à savoir, les Saxifrages, Azorelles, Arabis, Iberis ou encore Alyssum. Faites-vous plaisir en termes de couleurs ! Au printemps il est nécessaire de réveiller l’envie de sortir pour profiter des premiers rayons du soleil. Pour cela, mélangez toutes les couleurs printanières, les massifs à thèmes peuvent se réserver pour l’été.

Glissez-y avec des bulbes de printemps qui apprécient aussi ces conditions. Les Fritillaires, Crocus ou Muscari sont de bons alliés.

La seconde solution, proche de la rocaille fleurie, est le muret. En raison de la forme tapissante de cette plante, elle s’étale et peu ainsi retomber. Pourquoi donc ne pas l’installer en bord de muret ? Elle y retombera année après année comme une véritable cascade de fleurs. Les Campanules, Cerastium ou autre Joubarbes pourront rejoindre la ronde.

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