La plantation des arbres et arbustes en racines nues est possible de novembre à février. Elle permet d’acquérir des plantes à moindre coût comparativement à une autre, de taille équivalente en conteneur. Les techniques de plantation sont ainsi différentes puisque les racines ne sont pas entourées de substrat au moment de l’achat. Le pralinage permet alors de répondre aux premières attentes de la plantes.

1. QU’EST-CE QUE LE PRALINAGE ?

Que ce soit par manque de connaissance du jardinier ou bien par la nette démocratisation de la production en conteneur, ce geste se fait lentement oublier et ceci est bien dommage.

Il consiste en fait à enrober les racines d’un végétal, acheté en racines nues juste avant sa plantation. Cet enrobage se fait à l’aide d’un mélange autrefois souvent réalisé « maison » à base d’argile, de bouses de vaches et d’eau. Cette boue permettait alors d’enduire les racines pour les protéger ; mais les avantages ne s’arrêtent pas là…

2. POURQUOI PRALINER ?

Les avantages du pralinage sont nombreux. Les chances de reprise d’un végétal aux racines pralinées seront nettement supérieures, et ceci est tout à fait normal. Les raisons sont les suivantes :

  • Un arbre ou arbuste n’est pas fait pour avoir les racines à l’air. La plantation en racines

nues n’est pas pour autant déconseillée mais il convient de limiter au maximum le temps où les racines ne sont pas recouverte d’un substrat. Cela permettant d’éviter que les radicelles ne dessèchent puis meurent, portant ainsi directement atteinte à la plante. Le pralinage permet d’assurer une protection de qualité très rapidement. Vous pourrez aussi vous en servir en préparant le mélange pour y conserver les racines avant la plantation à condition de planter l’arbre au maximum dans les 72 h après l’achat. Au-delà, mettez-le en jauge dans du terreau, du sable ou de la terre de jardin.

  • La plantation en racines nues nécessite aussi l’habillage des racines, c'est-à-dire la taille

nette de certaines d’entre elles qui auraient pu être malmenées lors du déterrage ou bien parce qu’elles seraient trop longues. Le pralinage sert alors de pansement en recouvrant les plaies occasionnées qui ne pourront plus êtres infectées par d’éventuels champignons ou parasites.

  • Le pralinage est enfin reconnu pour faciliter de façon significative  la reprise du

végétal en assurant un meilleur contact entre la terre du jardin et les racines. Ce contact permet à la plante de s’enraciner rapidement et donc de devenir le plus vite possible indépendante. De plus, les matières organiques et minérales que contient le pralin assurent un développement très rapide de radicelles qui s’en nourriront avant même de trouver les réserves naturellement présentes dans le sol. L’absorption de l’eau sera elle aussi plus efficace grâce à ces radicelles. Vos arrosages deviendront alors nettement plus profitables et vous pourrez aussi vous en passer bien plus rapidement.

3. QUELLE PLANTE PRALINER ?

Comme vous l’aurez sans doute compris, le pralinage ne concerne que les végétaux plantés en racines nues. Il est bien évidemment impossible de praliner les racines d’un végétal planté en conteneur. Il dispose de toute façon de l’intégralité de ses racines et le substrat les protège déjà.

Vous pourrez donc praliner les rosiers, arbres fruitiers ou arbustes tant qu’ils sont en racines nues. Le fait de transplanter un arbre ou arbuste soi-même dans son jardin nécessitera aussi  une taille d’habillage des racines et ensuite un pralinage tout comme pour une nouvelle plantation. Ce pralinage sera d’autant plus efficace sur une plante déjà âgée qui appréciera d’autant plus cette aide.

4. COMMENT LE PRÉPARER ?

Avant de vous atteler à la tâche, sachez qu’il n’y a pas qu’une seule et unique méthode pour praliner. La recette traditionnelle à base d’argile, bouse de vache et d’eau peut parître assez déplaisante à préparer pour certaines personnes. L’argile et l’eau sont indispensables mais la bouse permet simplement d’apporter une matière fertilisante de première nécessité. On pourra alors la remplacer par des fertilisants organiques moins odorants et avec la même efficacité.

C’est pour cela que d’autres recettes de pralinage maison existent. Si vous souhaitez tenter l’expérience, vous devrez alors préparer un mélange composé de :

  • Un tiers d’argile en poudre (toutefois difficile à trouver) ou bien tout simplement de la terre fine et tamisée de façon à éliminer les cailloux et conserver les argiles et limons. Vous pourrez aussi choisir de la terre de taupinière.
  • Un tiers de fumier composté ou de compost mûr qui seront tous deux moins odorants que la bouse de vache fraîche ou le crottin de cheval frais. Le gros avantage pour le choix du compost est l’apport de micro-organismes vivants qui seront présents en bien plus grand nombre que dans les autres matières organiques citées. 
  • Un tiers d’eau de pluie et surtout pas d’eau du robinet qui aurait pour effet d’éliminer les micro-organismes par la présence de Chlore.
  • De l’Osyril liquide dont le volume variera en fonction du volume de pralin préparé. Il s’agit d’une matière organique naturelle qui augmente considérablement le développement racinaire d’une plante lorsqu’elle le capte. Elle agit au même titre que les Mycorhizes en tant que stimulateur racinaire. Eux aussi pourront rejoindre le mélange !

Une fois ce mélange préparé, il devra être homogénéisé de façon à obtenir une préparation liquide mais consistante. Si elle était trop liquide, les matières s’écouleraient trop facilement et le pralin ne jouerait plus son rôle. Si à l’inverse, le mélange était trop compact, il ne pourrait adhérer à l’ensemble du système racinaire, diminuant ainsi le pouvoir protecteur du pralin.

Vous le laisserez ensuite reposer une vingtaine de minutes avant de l’utiliser.

Néanmoins, la conception de pralin maison n’est pas une obligation si vous souhaitez tout de même utiliser cette technique.  Vous pourrez alors opter pour du pralin vendu en prêt à l’emploi.  Il se trouve sous la forme d’une poudre d’argiles vertes qu’il suffit de réhydrater avec de l’eau de pluie. Les matières fertilisantes et les micro-organismes vivants ne sont, en revanche, pas présents dans ces préparations déshydratées. Vous pourrez donc, si  vous le souhaitez les ajouter en même quantité que dans les recettes de préparation maison évoquées précédemment.

5. COMMENT L’APPLIQUER ?

La première recommandation pour l’application du pralin sur les racines est de préparer suffisamment de mélange pour enduire l’ensemble des racines jusqu’au collet de la plante (zone de délimitation entre le début des tiges et les racines). Ceci peut paraître tout à fait normal mais il convient tout de même de l’indiquer.

La seconde recommandation est souvent de laisser tremper les plantes à praliner dans le mélange environ 15 minutes. Toutefois, pour une efficacité optimale, il est préférable de les laisser tremper 24 h. Ainsi, l’ensemble des racines est bien colmaté et le mélange assure alors un recouvrement d’excellente qualité.

La troisième et dernière recommandation est de ne surtout pas laisser sécher les racines recouvertes de boue après qu’elles aient été imbibées. Le mélange formerait alors une croute qu’il sera très difficile pour les racines de transpercer. Procédez aussitôt à la plantation.

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