Populaire et déjà très utilisé en France, la Corète du Japon est un arbuste facile à vivre qui offre chaque année une abondante floraison d’un jaune intense. Cette-dernière rivalise sans problème avec les célèbres forsythias.

Originaire des forêts chinoises et japonaises, la Corète du japon désigne un genre monospécifique, ce qui veut dire qu’il n’est composé que d’une seule espèce et quelques cultivars. Il répond sous l’appellation scientifique de Kerria japonica et se classe dans la famille des rosacées tout comme les exocorda ou même les pommiers.

1. LES CARACTÉRISTIQUES

La corète du Japon est un arbuste très facilement reconnaissable grâce à ses caractéristiques atypiques en été comme en hiver. Il s’agit en effet d’une plante caduque, elle perd donc son feuillage chaque année en automne mais laisse apparaître de très belles tiges bien vertes. C’est de par cette couleur prononcée que même un novice en jardinage pourra la reconnaitre sans aucuns soucis.

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De plus, son port buissonnant et sa tendance à beaucoup drageonner font de la corète un arbuste qui a besoin d’une certaine place pour s’épanouir. En règle générale, ses proportions adultes seront de l’ordre de 2m de hauteur pour 2.50m d’étalement en tous sens. Très vite, elle s’étale grâce à de nombreux drageons émis par les racines, ce qui rend vite la touffe très dense mais cet aspect se corrigera simplement à l’aide d’une taille adaptée.

Pour en venir à son feuillage, il arborera couramment des teintes vertes soutenues avec une forme de feuille très nervurée et finement dentelée. Sa végétation est relativement précoce, c’est pourquoi la Corète du Japon sera fournie de feuilles assez tôt au printemps comparativement à d’autres arbustes.

Sa floraison se produit en avril/mai avec une abondance de fleurs jaune intense, simples ou doubles et d’une taille d’environ 4 à 5cm. Elles se disposent çà et là sur la ramure comme une averse de neige ensoleillée qui serait tombée sur l’arbuste.

2. LES DIFFÉRENTS CULTIVARS

Du fait qu’il n’existe qu’une seule espèce, le choix se limitera à quelques cultivars même si les formes et les couleurs ne seront pas très variées.

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3. LA PLANTATION

La corète du Japon fait partie des arbustes les plus simples à installer au jardin et c’est certainement pour cette raison qu’elle était déjà présente dans les jardins de nos grand-mères. Ses exigences ne sont pas très difficiles à combler et elle pourra se satisfaire de peu.

Ci-dessous quelques conditions à respecter pour cultiver la corète du Japon :

- une exposition ensoleillée à mi-ombragée. L’ombre ne l’empêchera pas de vivre mais sa floraison sera toutefois plus chétive et son aspect général plus étiolé et moins fournit. Les vents ne lui posent pas de problème si ce n’est peut-être les gelées tardives associées aux vents d’Est et de Nord. Ces deux conditions réunies pourraient lui endommager sa végétation précoce voir même atténuer la floraison. Ne l’oublions pas, la corète apprécie la compagnie d’autres plantes qui lui offrent bien souvent un très bon brise vent.

Photo 6 Source wiki Père Igor

L’une de ses autres facultés est de très bien résister à la pollution du sol et de l’air.

- un sol relativement riche pour une croissance optimale et assez bien drainé. L’humidité même hivernale ne lui cause pas d’ennuis puisqu’elle pousse facilement dans les sols argileux et lourds de Normandie. Mais, en principe, son développement est plus qualitatif dans un sol qui se ressui.

En ce qui concerne l’époque de plantation, là encore vous aurez l’embarrât du choix car la corète du Japon est très rustique au froid, au moins jusqu’à -30 °C ! Pour vous éviter cependant les corvées d’arrosages en été, une plantation automnale ou printanière reste idéale. L’hiver, vous ne pourrez les planter que si le sol n’est pas gelé, cela va de soi.

4. L’ENTRETIEN

Le travail est aussi très limité au niveau de l’entretien. Comme pour n’importe quel arbuste, vous devrez veiller à l’arroser les premiers mois qui succèdent la plantation de façon à ce qu’elle puisse s’enraciner facilement.

La fertilisation est quant à elle conseillée pour la garder en pleine forme et que son développement, comme sa floraison, soient optimum. A la plantation comme en entretien, choisissez du compost maison. C’est le fertilisant le plus qualitatif pour un arbuste vivant naturellement en forêt. Cet humus décomposé en partie, s’épandra en paillage assez fin à son pied et remplira le rôle de la litière dans le milieu naturel. Au fur et à mesure, il se trouvera décomposé par les animaux, bactéries et champignons du sol pour lui être accessible lors de sa croissance. Si malgré tout vous ne disposez pas de cette matière, mélangez simplement du terreau de plantation à de l’engrais organique en granulés.

ATTENTION

Même si la fertilisation s’effectue en paillage une fois par an en milieu d’automne, elle ne vous dispense pas de pailler votre sol à l’aide d’un paillis organique comme des feuilles mortes ou du bois raméal fragmenté en début de printemps. L’idée est de reconstituer au mieux son environnement naturel.

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La taille devra quant à elle être appropriée au port de l’arbuste et à sa croissance particulière. En effet, nous l’avons vu, la corète du japon forme une touffe de branches fines mais dense due à sa facilité de drageonner. Pour éviter de vous retrouver avec une touffe extrêmement compacte et presque entièrement pourvu de branches mortes au centre, effectuer une taille de rafraîchissement chaque année après la floraison. Il vous suffit d’éliminer à la base :

- toutes les branches mortes qui se reconnaitront de par leur couleur brunâtre,

- les branches les plus anciennes.

Cette sélection permettra de rajeunir la touffe et de favoriser la croissance et la future floraison des branches les plus jeunes donc n’hésitez surtout pas à sectionner directement au sol les branches à éliminer.

La multiplication est d’autant plus simple qu’il suffit de prélever un drageon avec quelques racines pour reformer un nouveau pied.

Ces arbustes ne sont pas sujets aux maladies et aux ravageurs. En revanche, les lapins raffolent des jeunes pousses en sortie d’hiver.

5. LA MISE EN LIGNE

Mettre en scène la corète du japon est un jeu d’enfant.

Si vous n’avez aucune notion de conception paysagère et que vous souhaitez un arbuste simple et sans gros entretien, sachez que vous pourrez utiliser la corète du japon :

  • En haie variée :

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Cette conception des délimitations au jardin a de plus en plus le vent en poupe mais la taille de l’ensemble n’est bien souvent pas rigoureusement faite. Tous les arbustes sont taillés uniformément et au carré alors qu’il faudrait une taille adaptée à chaque espèce. Placez la corète en compagnie de ribes, elaeagnus, physocarpus, philadelphus, weigelia, etc… La haie sera peut-être multicolore car l’alternance des floraisons permettra de donner un rendu différent selon les saisons.

- Pour boucher facilement un trou des dimensions correspondant à la taille de la corète. Etant donné qu’elle résiste bien aux maladies, elle pourra prendre place dans un espace où l’implantation d’autres arbustes était jusqu’à présent synonyme d’échec.

Si au contraire, vous voulez magnifier cet arbuste de manière à ce qu’il ne soit pas planté rapidement parce qu’il est facile à vivre, vous pourrez l’installer :

  • En massifs :

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Le but ici n’est plus de boucher un trou mais bel et bien de créer une cohérence entre les différentes plantes à installer. Ne plantez surtout pas que des arbustes, faites des associations avec des arbres, et plantes vivaces. Grâce à cela, vous pourrez notamment reproduire une lisière de forêt en utilisant des plantes comme les cornus, bouleaux, érables, brunneras, pulmonaires, renouées ou graminées.

Ceci n’est qu’un exemple comme un autre, à vous de laisser jouer votre imagination.

  • Dans une ambiance de jardin japonisant :

Là encore, le rendu doit être cohérent et vous ne devrez pas planter tout et n’importe quoi en disant qu’il s’agit d’un jardin japonais. Choisissez dans un premier temps des plantes évoquant ces scènes. Cela pourrait être des cornus controversa, des bambous, des érables du japon, des conifères taillés en nuages, des tapis de plantes vivaces couvre-sols comme les pachysandres, epimedium, tiarelles. Définissez aussi la surface à y consacrer pour ne pas sur-planter. Gardez toujours de la place pour quelques sujets de décoration, une bonne présence de minéral, d’un point d’eau et surtout veillez à ce que la taille de chaque figurant soit adaptée à ses besoins et au rendu souhaité.

Dans l’exemple qui nous concerne ici, respectez la taille de la corète pour garder un côté très aéré mais ne la taillez surtout pas en boule ou en cône sous prétexte que les formes stricts sont présentes dans un jardin Japonisant. Elle deviendrait petit à petit remplie de bois mort et vraiment inesthétique. Pour les formes strictes, choisissez des arbustes s’y prêtant bien comme, les conifères, ou encore les indémodables buis.

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